Critique : Vanity fair, la foire aux vanités

Laurent Pécha | 4 mai 2005
Laurent Pécha | 4 mai 2005

Rare cinéaste d'origine indienne à embrasser une carrière internationale depuis le succès de son remarquable Salaam Bombay en 1988, Mira Nair se rapproche de plus en plus d'Hollywood avec cette Foire aux vanités, co-production américaine et anglaise. En délaissant presque totalement l'Inde (qui joue certes un rôle minime mais significatif dans la destinée de certains protagonistes), la réalisatrice s'aventure dans des contrées scénaristiques extrêmement ambitieuses qu'elle ne maîtrisera finalement jamais durant les 141 longues minutes que durent son film.

En voulant suivre les tumultes amoureux et sociaux d'un dizaine de personnages à l'aube du 19ème siècle, Mira Nair plonge tout droit dans une accumulation de situations et de rebondissements qui ne permettent jamais vraiment de prendre faits et causes pour ces jeunes femmes et ces hommes luttant avec plus ou moins de conviction face à un système social étroit et archaïque. Plus spectateur qu'impliqué dans le récit, on s'accroche alors au faste et la minutie de la reconstitution d'époque tout en étant séduit par quelque séquences visuellement très réussies (les diverses réceptions principalement) et l'indéniable conviction du casting d'où émerge non pas une Reese Witherspoon au rôle finalement assez ingrat car mal écrit mais le ténébreux James Purefoy (vu aux côtés de Milla Jovovich dans Resident Evil et bientôt en V dans V pour Vendetta).

Au bout du compte, difficile de ne pas revenir sur le titre du film qui résume finalement parfaitement bien la situation : beaucoup trop de vanité et d'ambition mal assouvie pour une foire aux sentiments constamment bancale.

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