Critique : Une affaire de coeur

Laurent Pécha | 7 septembre 2004
Laurent Pécha | 7 septembre 2004

Inutile de tergiverser, Une affaire de cœur ne vaut que pour l'alchimie qui s'opère instantanément entre Julianne Moore et Pierce Brosnan. En duo d'avocats qui se chamaillent tout en se séduisant, les deux comédiens nous renvoient à nos souvenirs cinéphiles du couple mythique Katherine Hepburn–Spencer Tracy. Sentiment renforcé par une histoire qui évoque l'un de leurs meilleurs films, Madame porte la culotte de George Cukor. Mais là où l'art de la mise en scène et un scénario millimétré venaient sublimer le jeu d'Hepburn et de Tracy, le regard que porte Peter Howitt (Pile ou face, Antitrust) sur son duo de stars est nettement moins emballant.

Certes, les dialogues fusent, les affrontements à la cour apportent leur lot de situations cocasses, mais le plus souvent toute l'efficacité du récit s'appuie uniquement sur les talents pour la comédie de Pierce Brosnan et Julianne Moore (grandiose comme à l'accoutumé). Et à ce jeu là, les deux acteurs rivalisent de roublardise. Lui, tout en décontraction séduisante, et elle, complètement craquante en jeune femme n'arrivant pas à assumer sa féminité. Sous ses airs de comédie romantique (trop) formatée, Une affaire de cœur a le mérite, après un début quelque peu machiste, de mettre joliment en lumière le pouvoir d'attraction irrésistible de la femme sur un Pierce Brosnan d'emblée sous le charme, n'ayant de cesse de courir après son élue, elle-même pas vraiment consciente de l'attirance qu'elle déclenche.

Si les clichés et les scènes prévisibles, surtout dans le dernier tiers du récit, atténuent le plaisir de voir évoluer le couple, sans parler d'un final indigne de leur élégant jeu de chat et de souris, on reste sous le charme, persuadé que le duo mérite obligatoirement d'être revu rapidement dans une autre aventure romanesque.

Résumé

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire