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Waldo, détective privé : critique qui sait où est Charlie

Par Lino Cassinat
17 février 2022
MAJ : 14 mai 2022

Voir Mel Gibson à l’écran est devenu suffisamment rare pour que l’apparition de son nom à l’affiche d’un quelconque film suffise à attirer notre attention, même lorsque ledit film sort directement en vidéo. Ce qui a d’ailleurs souvent de quoi faire frémir et craindre pour la carrière d’un acteur, a fortiori d’un acteur plutôt orienté action (coucou Bruce Willis). Mais, bonne surprise : si Mel Gibson revient avec un rôle très différent des sévèrement burnés Traîné sur le bitume ou Boss Level, il n’a pas encore cédé aux sirènes du DTV facile de supermarché. Car si Waldo, détective privé est certes plutôt oubliable, il n’en reste pas moins un bon film.

Waldo, détective privé : photo, Mel Gibson

WHO IS WALDO

Charlie Waldo est détective privé, mais en fait pas vraiment. Policier démissionnaire, il vit coupé du monde, seul dans sa caravane au beau milieu d’un nulle part californien et adopte un mode de vie bio et minimaliste – pas plus de 100 objets et contemplation de la nature. Mais son retrait du monde est brutalement interrompu lorsque son ex-copine le traîne contre sa volonté dans une affaire de meurtre au sein du casting d’une prestigieuse série hollywoodienne.

Produit par Charlie Hunnam – qui continue sa trajectoire rédemptrice depuis l’infâme Le Roi Arthur : La légende d’Excalibur – et comptant énormément sur la présence de Mel Gibson au casting, Waldo, détective privé est une sorte d’enquête policière plus ou moins comique qui ne manque par d’arguments, mais peine à sortir de son statut de série B.

 

Waldo, détective privé : photoDeux gars sympas

 

En somme, le film convoque un ton pas très éloigné de The Nice Guys, entre dialogues pleins d’esprit, péripéties ubuesques et dynamisme du récit, mais se retrouve plutôt avec l’envergure d’un Free Fire : les répliques font régulièrement mouche, la direction d’acteurs et le casting sont impeccables, et le découpage est propre et référencé sans être chichiteux… et pour autant, on n’en garde quasiment aucun souvenir une fois le film terminé (à part peut-être la moustache de Mel Gibson).

La faute à un manque de renouvellement ou de variations dans les archétypes employés par Waldo, détective privé, malgré une maîtrise indéniable de ces derniers. La seule vraie surprise consistante vient du personnage principal, drôle de fusion entre deux entités plutôt contradictoires : le néo-hippie-écolo et le policier cabossé par la vie. Charlie Hunnam parvient d’ailleurs à donner un vrai souffle comique à son personnage détaché à la Big Lebowsky embarqué malgré lui dans une histoire dont il ne veut pas et également régulièrement tabassé par erreur.

 

Waldo, détective privé : photoRéveil difficile pour Charlie Hunnam

 

DE QUEL BOIS JE ME MEL

Trop classique, Waldo, détective privé parvient malgré tout à faire oublier qu’il est limité à un genre d’exercice de style réussi grâce à d’évidentes qualités qui lui donne un surplus d’âme. Si l’enquête en elle-même n’est pas plus maligne ou sophistiquée que le tout-venant – en témoigne son dénouement anecdotique -, l’écriture reste au-dessus de la moyenne du whodunit grâce à un rythme entraînant et quasiment tenu tout du long, le film peinant juste à se redonner un souffle dans son dernier tiers.

Mais c’est surtout le casting qui apparaît comme la qualité transcendante de Waldo, détective privé, celle qui lui permet de passer un cran au-dessus du film lambda. On apprécie de voir l’implication de tous les membres de l’équipe et l’alchimie est palpable à chaque scène. Même cette vieille carne de Mel Gibson, qu’on pourrait croire trop vieux pour ces conneries, semble sincèrement s’amuser et même rire de lui-même.

 

Waldo, détective privé : photoMel Gibson a encore fait n’importe quoi

 

L’Américain incarne à merveille un rôle auto-référentiel de star fantasque de soap-opéra à moustache ridicule et accent anglais, lessivé, querelleur et imbibé d’alcool, sur le point d’être lâché par tout Hollywood. Un rôle qui semble avoir été plus ou moins taillé sur mesure, pour qui se souvient du scandale que l’acteur a provoqué après La Passion du Christ… et un certain craquage antisémite un triste soir d’ivresse.

La plus grande déception en revanche sera plutôt à chercher du côté de la réalisation de Tim Kirkby, un habitué du petit écran qui se retrouve ici assez peu inspiré. Malgré plusieurs effets de montage réussis et quelques gags visuels réussis, le cadre et la lumière manquent trop souvent de caractère, et l’on en vient à se demander pourquoi tout n’est pas filmé comme la scène de bar entre Charlie Hunnam et Lucy Fry, l’une des rares à tenter d’extirper Waldo, détective privé de son cachet téléfilmique et à essayer de faire une petite proposition esthétique.

 

Waldo, détective privé : photoUn film qui manque de cachet, mais qui a ses moments

 

À l’arrivée, si le visionnage est indéniablement agréable, on ne peut que se demander quelle est la raison d’être de ce Waldo, détective privé, qui ressemble plus à une carte de visite bien troussée pour tous ses participants (qu’ils cherchent à se lancer ou à se relancer) qu’à une véritable œuvre conçue à des fins artistiques. Mais bon, ce n’est pas tous les jours que lire un CV s’avère aussi divertissant.

Waldo, détective privé est disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 

 

Waldo, détective privé : photo

Rédacteurs :
Résumé

Meilleur que le tout-venant, mais loin d'être inoubliable, Waldo, détective privé se regarde un peu comme un gros téléfilm de luxe : sans ennui, mais sans énormément d'implication non plus. Heureusement que le casting a du charisme à revendre.

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Fat Max

J’ai regardé ce film hier et ce matin j’ai déjà oublié l’intrigue.
Magique

andarioch1

Vu
Effectivement parfaitement oubliable mais éminemment sympathique

Ankytos

J’ai effectivement trouvé « Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » très mauvais. Pas seulement parce que le récit n’avait strictement rien à voir avec le sujet, était (j’ai trouvé) assez idiot tout en étant banal et ressemblait plus à un mauvais Robin des Bois qu’à autre chose (on raconte l’histoire qu’on veut mais inutile de convoquer le roi Arthur si c’est pour parler d’autre chose). Mais de plus, tout était pour moi très mal raconté. Il faut avouer que je ne crois pas que Guy Ritchie soit un très bon réalisateur et je sais que d’autres ne seront pas de cet avis. Mais, même parmi ses films, il me semble qu’il n’est pas parmi les meilleurs.
Seul bon point pour moi : le « boss » calqué sur le Death Dealer de Frazetta a la classe.

#diez

@Gork

« Le vomitif Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » ça te va mieux ?

JR

Robin des bois était infâme, le roi Arthur était plutôt « dégueulasse ».

Gork

 » l’infâme Le Roi Arthur : La légende d’Excalibur » Avant d’essayer d’écrire des critiques de cinéma, faudrait déjà essayer d’arrêter d’écrire des conneries plus grosses que vous !!!!

Miel Gibson

@Cara
D’accord frère, du sérieux, du lourd, du violent, et je meurs à la fin.
J’ai tout noté frère, merci frère. J’vais m’appliquer de ouf pour Richard et sutout pour toi frangin. Je t’aime. Ton Miel

Carat

C’est sur la réalisation du dernier lethal weapon que mel Gibson joue le tout pour le tout il a toute les cartes en main pour faire un film sombre et grandiose qui feras définitivement de lui une légende du 7 ème art la pression doit être immense sur lui . Fait nous quelque chose de sombre et sérieux avec une touche d’humour avec la mort de ton personnage et ce seras gagné

Kemaau29

Hâte de voir ce que va donner l’arme Fatale 5 réaliser par mel

Hocine

Même si tout reste possible, j’ai le sentiment que c’est à travers son activité de réalisateur que Mel Gibson peut encore accomplir de grandes choses au cinéma.
En tant qu’acteur, les derniers films de Mel Gibson que j’ai appréciés sont Payback, Ce Que Veulent les Femmes, Signes et Le Complexe du Castor.