Black Snake, la Légende du serpent noir : critique constrictor

Mise à jour : 20/02/2019 18:19 - Créé : 20 février 2019 - Simon Riaux
Simon Riaux | 20 février 2019 - MAJ : 20/02/2019 18:19

Le raz-de-marée continu des comédies à gros budget franchouillarde pourrait faire passer Black Snake, la Légende du serpent noir (de et avec Thomas Ngijol et Karole Rocher) pour une énième production bancale, se reposant sur l’attractivité supposée de son comédien principal. Mais le film qui nous intéresse a plus à proposer.

photo, Thomas Ngijol
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SOLIDE SNAKE

Interprété et réalisé par Karole Rocher ainsi que Thomas NgijolBlack Snake, la Légende du serpent noir s’intéresse au destin de Clotaire Sangala, de retour en Afrique, aux côtés de son grand-père chinois et maître en arts-martiaux. Il ne va pas tarder à se découvrir des pouvoirs exceptionnels ainsi qu’une lignée légendaire après la morsure d’un mystérieux serpent.

C’est tout d’abord l’univers dans lequel s’inscrit le récit, qui imprime la rétine. Non seulement parce que les comédies hexagonales se déroulant en Afrique sont loin d’être légion, et celles lorgnant du côté de la série B d’action encore moins. Plus soigné visuellement que la moyenne, Black Snake déborde en effet d’amour pour une cinéphilie rarement porté aux nues sous nos latitudes.

 

photo, Thomas Ngijol, Karole RocherUn duo plutôt plaisant

 

De Bruce Lee en passant par Le Frelon vert, Rocher et Ngijol déclinent quantité de références aux airs de Madeleine de Proust, dans lesquelles s’incrustent quelques beaux clins d’œil à la blaxploitation. Ces ingrédients confèrent rapidement à l’ensemble un charme, qui fonctionne notamment lors d’un premier acte très bien rythmé, et qui fonctionne à plein régime dès lors qu’Edouard Baer (épatant en remugle de la Françafrique) apparaît à l’écran.

 

LIQUIDE SNAKE

Malheureusement, la volonté du duo de forcer le trait de la parodie relève à Black Snake énormément de son venin. Privé de son partenaire Fabrice ÉbouéThomas Ngijol demeure sur le même registre distancié, qui paraît plus relever d’un tempo personnel que de l’écriture de son personnage.

Ainsi, il semble parasiter constamment un récit trop balisé. L’humoriste tire à lui une couverture trop étroite, tandis que son personnage tourne de plus en plus à vide.

 

photo, Edouard Baer Edouard Baer

 

Enfin, c’est le choix même de la parodie qui achève de limiter drastiquement la réussite du film. Comme si ses auteurs ne croyaient pas totalement dans leur matériau, comme s’ils se refusaient à aborder un univers pourtant riche autrement que par le biais du coup de coude dans les côtes.

Cette orientation est d’autant plus problématique que le rythme comique s’avère sacrément inégal, peinant régulièrement à provoquer le rire. Ainsi, Black Snake divertira et amusera sans doute les fans de son comédien principal, mais ne parvient jamais à croire en lui-même. Un comble pour un super-héros.

 

Affiche officielle

Résumé

Malgré un univers et des références plaisantes, le versant comique de Black Snake se révèle trop systématique et faiblard pour emporter l'adhésion.

commentaires

Dave
06/03/2019 à 16:01

Rarement vu une daube pareille!!
Allez plutôt voir REBELLES là au moins il y a de la matière....

Simon Riaux - Rédaction
28/02/2019 à 20:18

@Luigi

Pas spécialement réac hein, on s'connaît pas. Et tous les réacs ne sont pas affreux, il y en a même de très jolis.

Mais c'est étrange de s'interdire de voir un film parce que sa co-réalisatrice a décrit le paysage de la production française.

(et bonne soirée)

Luigi
28/02/2019 à 20:07

Merci pour le compliment,je suis sur que vous avez du crié "au réac,au secours" ! Ne vous en déplaise j'ai des idées plus large ,ce que je ne supporte pas c'est les donneurs de leçons comme cette dame ,bonne soirée !

Simon Riaux - Rédaction
28/02/2019 à 13:42

@Luigi

Plutôt comme un vieux con du coup ?

Luigi
28/02/2019 à 13:28

J'ai vu la b.a .le film est peut-être pas trop mal mais vu les déclarations de la compagne de T.Ngijol et bien je vais plutôt attendre Rambo 5 avec comme héros un "vieux mâle blanc" c'est balot !

Simon Riaux - Rédaction
21/02/2019 à 14:39

@Pierre

Oh le cinéma français sort d'excellent films chaque année. Et 2018 fut un crû assez exceptionnel.

Pierre
21/02/2019 à 14:34

Un jour, c'est sûr, à force d'essayer, un bon film va surgir du cinéma français.

@tlantis
21/02/2019 à 12:50

Que des commentaires de génie aujourd’hui.
Bravo @CNC @Zanta @Thibault @Bernard

saiyuk
21/02/2019 à 10:23

coexister film loupés ?
Botswanga trop ambitieux ?
Produire des daubes ?
Sérieux l'analyse va trop haut pour moi la....
J'ai vu Black Snake hier, et j'y ai ri, beaucoup, pas tout le temps certes mais beaucoup, tu sent que l'équipe du film aime ce qu'elle fait et ce fout de la bienséance via quelque pic biens sentis, que ce soit envers l'afrique ou ceux qui ont profités du continent. Parfois assez simple, oarfois repetitif, mais le decor, les costumes, le délire, et la gueule de Ngijol avec sa voix de dinguo m'ont fait marrer. Karole Rocher est super sexy et ne sert pas de potiche aux héros...bref pas la meilleure comédie du siécle mais un amour sincére pour le sujet et une envie de proposer quelque chose. Imparfait mais tres sympa.

Bernard Campan
21/02/2019 à 10:21

10 millions d'euros de budget...à peine 150.000 entrées.Cette semaine c'est l'hécatombe pour les bouses « françaises»

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