Films

Day of the Dead : Bloodline – critique mortifiée

Par Christophe Foltzer
9 avril 2018
MAJ : 24 octobre 2020
12 commentaires

Si George A. Romero nous a quitté récemment, son oeuvre, elle, est immortelle. Et elle fait beaucoup d’envieux aussi. Et étrangement, alors qu’on s’attendait à ce que pas mal de ses oeuvres ne suivent le chemin du remake, seul Le Jour des morts-vivants semble concerné pour le moment. Et franchement, c’est déjà suffisant.

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MORTS-VIVANTS : JOUR 3

Considéré, à tort, comme l’un des volets les plus faibles de la première trilogie apocalyptique de George A. RomeroLe Jour des Morts-Vivants, sorti en 1985, a surtout été marqué par d’importants problèmes de budget et une ambition peut-être trop en avance sur son temps. Là où le réalisateur voulait créer une impressionnante guerre entre les vivants et les morts, il n’en reste plus que ce huis-clos étouffant dans une base souterraine où l’Homme est tiraillé entre une science ambigüe et un pouvoir militaire fascisant vu comme une nécessité dans cette situation.

 

PhotoLes… euh… « héros » de cette aventure

 

En 2008, Steve Miner (Halloween : 20 ans après) avait déjà osé le remake avec un Jour des Morts sacrément débile et mauvais. Un film d’action trop conscient de lui-même, réalisé avec les pieds et qui, insulte suprême, se croyait malin en transformant le personnage emblématique de Bub en zombie végétarien et amoureux. Mais la logique du pire est toujours à l’oeuvre et il était encore capable de faire pire. C’est ce que Day of the Dead : Bloodline nous prouve aujourd’hui.

Si dans les grandes lignes, Bloodline ne change pas trop l’histoire de Romero, puisqu’on suit toujours des survivants dans une base souterraine entourée de zombies affamés, c’est bel et bien dans le détail qu’il tente de se démarquer. Et le film d’Hector Vicens et Perry Teo n’y va pas avec le dos de la cuillère puisqu’il a un message de la plus haute importance à nous délivrer.

 

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#METOO

Si l’on n’a rien contre le sous-texte politique et engagé d’un film, même aussi insignifiant que celui-là, encore faut-il qu’il soit correctement troussé. Or, ici, ce n’est pas le cas. En fait, Bloodline hésite toujours entre sa volonté de nous raconter une histoire importante et son besoin de se référer constamment au classique dont il s’inspire. Aussi, dans ces conditions, le mariage entre les deux est impossible et le film nous le rappelle à chaque seconde.

Nous y suivons donc Zoé, une étudiante en médecine dont l’un des patients, Max, avoue qu’il a le béguin pour elle. Bon, c’est gênant, ça arrive, mais à la limite ce n’est pas encore trop grave. Sauf que voilà, lors d’une grosse teuf, Max s’infiltre dans la morgue et tente de la violer. Si elle en réchappe de justesse, cela déclenchera l’apocalypse puisque Max se fera attaquer par un corps revenu à la vie.

 

PhotoVas-y madame, fais pas ta pute…

 

Une épidémie zombie plus tard, Zoé fait partie d’un camp de survivants reclus dans une base souterraine. Les vivres et les médicaments viennent à manquer, le militaire Miguel devient de plus en plus dur et Max zombifié a retrouvé la trace de Zoé et s’infiltre à nouveau pour la retrouver. Bref, ça tourne mal, ça charcle et on se dit que franchement, c’est pas de bol pour Zoé qui ne sera jamais tranquille tant qu’elle n’avouera pas la tentative de viol, sortira de sa culpabilité et affrontera la menace.

Un parti-pris intéressant donc, très chargé socialement et qui entrerait parfaitement dans l’univers contestataire propre à Romero… s’il n’était fait par des gens dotés d’un Q.I. de poulpe. Parce qu’en l’état, Bloodline se tire dans le pied sur à peu près tous les plans. Qu’il s’agisse de sa mise en scène, proche du zéro absolu, de son scénario laborieux et visiblement charcuté, ou de son jeu d’acteur tellement pitoyable qu’il semble venu d’un autre monde, le film est une horreur à regarder. Alors certes, on pourrait se raccrocher au quota obligé de gore et de maquillage dégueulasse mais rien n’est fait avec l’énergie du bon sens, rien ne brille par sa qualité. Il n’y a qu’à voir le visage de Max lorsqu’il est zombifié pour s’en convaincre.

 

Photo Day of the deadLe film résumé en une seule image

 

Mais là où Bloodline est particulièrement révoltant, c’est évidemment dans le traitement de sa thématique. Si la question du viol est toujours délicate à traiter à l’écran (et de fait le sentiment de culpabilité de la victime, tout comme l’incompréhension de son entourage), nous sommes visiblement ici en présence de personnes qui se sont faites leur idée sur le sujet en regardant des séries télé ou en lisant les mauvais bouquins tant l’intrigue enchaine les clichés et autres lieux communs, et fait preuve d‘une naïveté inexcusable qui nous dit, en gros, que le viol, ben en fait, c’est pas très bien et que l’amour c’est franchement mieux. Bravo, on n’aurait jamais deviné.

 

Affiche officielle

Rédacteurs :
Résumé

Mal fichu, inintéressant au possible et totalement crétin dans ce qu'il raconte, Day of the Dead : Bloodline est tout autant une insulte aux fans du film de Romero qu'aux gens doués d'un cerveau. Il était difficile de faire pire que Le Jour des Morts et c'est probablement la seule vraie victoire de ce machin. Disponible sur Netflix et Amazon Prime Video.

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Redmond Barry

Il n’y a plus respect pour les morts.

Euh

« nous sommes visiblement ici en présence de personnes qui se sont faites leur idée » => fait leur idée.

À part ça… Les images parlent d’elle mêmes en effet :0

Yuikino

Je vien de le mater, y a genre 10min et franchement y a pas à dire, c’est vraiment de la fiante de pigeon. Je n’ai pas regarder les films de romero car le noir et blanc, c’est pas mon truc mais la je pense que je vien de passer les pires 1h30 de la vie. Et encore je trouve que ta critique est sympas. Rien que l’héroïne Rebelle cliché que tu as envie de tarter qui fait buté tout le monde, autant je dis pas si le personnage est bien joué mais là ce n’est pas le cas. Le seul personnage vraiment sympas que j’ai pu observer, c’est bien Max en semi-mort-vivant, dans sa démarche, dans son maquillage que je trouve originale surtout quand il sourit jusqu’au oreille. Après cela n’est que mon point de vue de débutant et ne connaissant pas vos grand classiques. Mais dans toutes catégories, que ce soit grande firme ou non, le cinéma américain n’est plus ce qu’il était et est désormais destiné à un public à l’ouverture d’esprit et la réflexion au plus bas niveau, seul certains films indépendants américain valent le détour désormais.

Cecile

A ne surtout pas regarder en vf.. le doublage est comment dire pourri de chez pourri..

Cognitiv

Note 3/5.
Certes le film manque de quelquechose. Certes les acteurs manquent de charisme. Certes le scénario est simpliste et ne reprend que les codes du genre.
Certes beaucoup de choses et défauts divers (antibio pour une pneumonie virale ? Vêtements différents d un plan a l autre… ).
Certes les dialogues sont bidons et le gore, mal amené par moments.
Mais me sourire du zombie vivant mort à défaut d être mort vivant est excellent. Le meilleur moment du film. Il ressort de ce héros mort quelque chose de malsain et horrifique. De plus, le sourire a la joker est vraiment original je trouve.
Pour cela j ai eu une vision bienveillante de ce film en me disant que pour un film a petit budget c était pas si mal. Jusqu’à ce que j’apprenne sur le net que le budget était de 8 000000 $. ????????????

Du coup, a voir pour le fun mais a ne pas comparer a un classique de Romero svp

Je vous conseille plutôt Znation. Original a mort et respectant les codes du genres. Cette série un peu serieB a su renouveler le genre.

Pas besoin d être un grand pro réalisateur ou prod pour aimer un film ou pas (????) . Pas besoin non plus de critiquer plus que nécessaire pour faire semblant d être un critique haut de gamme. Faites mieux tout simplement.