Burn Out : Critique qui va vite

Simon Riaux | 4 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 4 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après deux films, Yann Gozlan compte parmi les metteurs en scène hexagonaux les plus prometteurs, désireux de se jeter à corps perdu dans un cinéma de genre qu’on sait particulièrement difficile à produire sous nos latitudes. Et Fast & Furious n’a qu’à bien se tenir, car son Burn Out est remonté à bloc.

 

SPEED RACER

Dans Captifs, où il bâtissait le suspense depuis une geôle où croupissait Zoé Felix, puis dans Un homme idéal, où un soleil zénithal calcinait les mensonges de Pierre Niney, Yann Gozlan embrassait un cinéma de genre basé avant tout sur la sensorialité. Dans Burn Out, lancé aux trousses de François Civil, motard surdoué embrigadé dans une dangereuse entreprise de Go Fast, il renoue avec cette approche brute et concrète de la narration.

 

 

 

C’est donc à coup de caméras embarquées lors de cascades à la fois simples, millimétrées et terriblement impactantes, qu’il nous plonge dans une spirale de tension et de tôle froissées dont l’intensité nous colle au siège dès l’ouverture du film. Le cinéma français est d’ordinairement très mal à l’aise avec l’action, par manque d’audace, de savoir-faire et souvent de moyens. Rien de tout cela ici.

Gozlan connaît ses limites, et ses classiques. En alliant les deux, il offre un condensé d’amphets qui séduira tous les amateurs de poursuites échevelées. La représentation que fait le film de la montée d’adrénaline centrale qui le charpente est à ce propos particulièrement frappante, notamment lors d’un dernier acte urbain déchaîné, où les enjeux se concentrent au beau milieu d’une émeute particulièrement bien retranscrite et immersive.

 

Photo François Civil

François Civil

 

PANNE SÈCHE

Si on saura gré à Yann Gozlan de ne pas en profiter pour nous offrir un dispensable laïus politique (Burn Out reste avant tout un film d’exploitation désireux de satisfaire et divertir son public), on aurait aimé que le metteur en scène consolide plus efficacement sa narration et la caractérisation de ses personnages.

Trop balisée, l’intrigue souffre des trous d’airs et facilités qui minaient déjà un peu ses deux précédents travaux, mais c’est surtout du côté des comédiens que le bât blesse. Car pour un François Civil investi, voire habité, on trouve plusieurs seconds rôles faiblards, à l’interprétation très fragile – Olivier Rabourdin en fait des kilotonnes, et Manon Azem est en plein Gangsterd(r)am. Ces faiblesses n’empêchent pas le film de délivrer son lot d’uppercuts motorisés mais limitent grandement sa vitesse de pointe.

 

Affiche officielle

Résumé

Film d'action solide et spectaculaire, Burn Out manque de pêche scénaristique et de personnages véloces.

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Lecteurs

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commentaires
okcoolman
05/01/2018 à 11:26

c'est sympa mais le comparer aux spectaculaires fast faut pas pousser non plus quoi

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