Resident evil : Apocalypse

Resident evil : Apocalypse

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15 sep. 2004 Par Patrick Antona Star Rating 2

Après un Resident evil convaincant, même si l'aspect morts-vivants avait eu de quoi frustrer terriblement les amateurs de gore et même de simples sensations fortes (heureusement, ceux de 28 jours plus tard et plus récemment L'Armée des morts ont su nous rassasier), on attendait avec une réelle anxiété la suite des aventures d'Alice. D'une part parce que le principal artisan de la réussite du film, Paul W.S. Anderson, n'est plus derrière la caméra, ayant préféré les plateaux de Alien vs. Predator, même s'il produit et signe le scénario du film, et d'autre part parce que la article-details_c-trailers semblait proposer un spectacle particulièrement navrant. Malheureusement, nos craintes (légitimes) se sont confirmées… dans des proportions encore plus grandes que prévues. Resident evil : Apocalypse porte bien son nom ; on assiste en effet durant une heure et demie à la négation quasi totale du cinéma de divertissement de qualité.

À l'instar du premier film, Resident evil : Apocalypse s'offre une ouverture relativement intrigante. Après avoir repris, pour la réintroduction du personnage d'Alice, les scènes tournées par Anderson, RE2 développe en quelques traits les nouveaux personnages, et joue avec une certaine habilité d'une montée progressive de la tension à l'action pure. Mais après avoir mis en parallèle la mise au vert des scientifiques du laboratoire Umbrella (responsable de la propagation du virus mutant), l'arrivée en fanfare et en fusillade de la seconde héroïne du film, Jill Valentine (Sienna Guillory), et l'intervention courageuse mais vaine de Carlos Oliveira (Oded Feh), le film s'englue dans une espèce de salmigondis informe que ni les péripéties, et ni surtout la mise en images ne viendront sauver. Le lent et pénible ratage de Resident evil : Apocalypse peut alors commencer.

On le savait au vu de ses œuvres précédentes, Paul W.S. Anderson n'est pas ce que l'on peut appeler un précurseur en matière d'histoires. Il est avant tout un habile recycleur d'idées qui ont déjà fait leurs preuves cinématographiques. Seulement voilà, les limites de ce genre de formule sont singulièrement précaires et il ne faut pas grand-chose pour que l'amalgame tourne vite à la catastrophe. En pompant allègrement New York 1997 (la ville prison dont l'unique sortie est un pont, et le sauvetage d'un égaré dans le no man's land), la saga Alien (la corporation qui manigance pour créer des armes biologiques), les Terminator, avec le monstre « Nemesis » (qui réussit le tour de force de passer par tous les stades « émotionnels » des trois Terminators en l'espace d'une petite demi-heure), 28 jours plus tard, et pour finir Le Retour des morts-vivants, Anderson n'arrive jamais à se démarquer de ses emprunts en insufflant une once d'originalité au récit.

Si l'espoir de voir disparaître toutes ces limites, défauts narratifs, par la simple grâce de la mise en scène était de mise, les débuts derrière la caméra d'Alexander Witt (vétéran de la seconde équipe, spécialisé dans l'action depuis les années quatre-vingt : Speed, La Chute du faucon noir, XXX) oscillent entre montage clipesque et incroyablement incompréhensible pour les bastons et gunfights, et platitude digne d'un mauvais téléfilm pour les scènes entre personnages, se limitant aux banales « punchlines » dont nous abreuve le cinéma des studios depuis bientôt quinze ans, avec en sus l'éternel « side-kick » noir sensé amuser l'assistance. Si le fait de passer de l'ambiance claustro et aseptisée de Resident evil à une atmosphère nocturne et barbare semblait être une bonne idée, Alexander Witt n'arrive jamais à magnifier ce cadre (ou plutôt ce niveau, pour un film inspiré d'un jeu vidéo) en nous offrant un spectacle haletant. Le gâchis est d'autant plus regrettable au regard du potentiel que représentait l'association d'Alice et de Jill, deux « girls with gun » comme on en rêvait (enfin surtout nous, spectateurs masculins). À l'exception d'une séquence dans un cimetière, cette idée n'est aucunement exploitée, Witt préférant plutôt focaliser son récit sur la traque d'Alice par Nemesis, qui se conclura tout de même par l'un des affrontements les plus mal filmés de l'histoire. Si la frustration et un évident agacement face à l'inexploitation des rares bonnes idées du film ne nous avaient pas encore totalement découragés, la mise en vedette des zombies, à l'instar des goules tentaculaires et autres chiens mutants, achève toute éventuelle résistance. Utilisés comme des attractions de foire style train fantôme, ces morts-vivants sont encore moins enthousiasmants que lors du premier film, et nous font évidemment regretter la puissance agressive de leurs cousins de L'Armée des morts et de 28 jours plus tard.

Et ce n'est pas le long final (nettement moins impressionnant que celui du premier film), censé ouvrir la voie à un troisième volet, qui rassure. Resident evil : Apocalypse s'avère être une terrible et immaculée régression qui fait craindre le pire pour la suite, forcément déjà prévue ou en négociation au vu des résultats extrêmement positifs au box-office américain.
P.A.



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Faut dire que le second avait l’espèce de craignos monster qui criait “staaaaaaars” à chacune de ses apparitions. Rien que ça, ça fait beaucoup pour le potentiel nanar du film. LIRE LA SUITE

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