À l'intérieur

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03 juin. 2007 Par Ilan Ferry Star Rating 5

Que se passe t-il à l'intérieur de ce « formidable » carcan qu'est le cinéma de genre français ? Pas grand-chose si ce n'est la ferme volonté d'une poignée d'irréductibles de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. C'est dans ce contexte particulier qu'À l'intérieur pointe gentiment le bout de son nez, avec pour seule arme un buzz énorme entretenu depuis plus d'un an. Les réalisateurs Alexandre Bustillo et Julien Maury rejoignent donc la prestigieuse liste d'aficionados (Christophe Gans, Eric Valette, Pascal Laugier) venus inculquer les vertus de la série B à un public avide de sensations fortes et désespéré de ne pas voir des frissons de l'angoisse à consonance francophones traverser nos vertes contrées. Sur le plan de la théorie, À l'intérieur prône des valeurs cinéphiliques hautement recommandables et appelle à la réunion de tous les Bisseux de France et de Navarre. Dans la pratique, il peine cependant à se hisser à la hauteur de ses illustres ambitions.

 

Vendu comme le renouveau du cinéma de genre frenchy, À l'intérieur  relève au final du patchwork à tendance hémoglobine. En bon cinéphage qu'il est, le duo Bustillo/Maury n'hésite pas à régurgiter tout ce qu'il a pu digérer en matière de cinéma d'horreur pour mieux l'intégrer à un univers à la frénésie croissante. Si cette dernière initiative part d'une volonté farouche des deux auteurs de marquer le film de leur patte singulière, elle n'en demeure pas moins complètement annihilée par un manque flagrant de justification scénaristique malheureusement appliqué à l'ensemble du métrage. Ainsi, malgré une séquence d'introduction diablement efficace et un accouchement proprement traumatisant, la suite oscille constamment entre installation d'une ambiance jamais clairement définie, et huis clos au déroulement narratif totalement laissé de côté après sa première moitié. A l'image d'une dernière partie ridicule à défaut d'être jouissive dans ses outrances volontairement gore et fun, l'ensemble manque de clarté et s'essaye à un dangereux numéro d'équilibriste qui ne manquera pas de laisser une bonne partie du public sur le carreau.

 

 Toutefois, clouer À l'intérieur au pilori des tentatives totalement ratées reviendrait à occulter quelques uns de ses attraits les moins négligeables. A commencer par un duo d'actrices époustouflantes. Prise entre mélancolie non dissimulée et rage intérieure exacerbée par l'instinct de survie, la belle Alysson Paradis dévoile un jeu d'une intensité remarquable la propulsant instantanément au panthéon des grandes scream queens. Inquiétante à souhait, Beatrice Dalle renoue avec la fascination morbide qu'elle inspirait déjà dans Trouble Every Day. Clope à la bouche et regard de prédatrice,  l'actrice pourrait très bien se targuer d'être la plus féminine des boogeymen. Plus que de simples figures imposées du genre, les deux femmes portent littéralement le film sur leurs épaules rendant ainsi leurs confrontations d'autant plus intéressantes. Enfin, contrairement au surestimé Ils, l'ensemble dégage une hargne rarement égalée (bien que mal dosée) mais bienvenue dans notre paysage cinématographique national.  De fait, bien qu'à moitié réussi, À l'intérieur pourrait bien rouvrir une brèche restée trop longtemps fermée et montrer la voie aux talents émergents du court-métrage, sillon où le cinéma de genre se trouve actuellement au mieux en termes de qualité.



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Jean-Noël Nicolau21/06/2008 14:22 par Jean-Noël Nicolau

Je peux bouffer devant Cannibal Holocaust ou l’Au-delà, mais j’avoue que le final de A l’intérieur au petit déj, c’était un peu trop. Disons que le côté “sadisme de gros pervers sur femme enceinte”, ça touche une limite. LIRE LA SUITE
pulpy21/06/2008 14:11 par pulpy

héhé, il est des nôtres! ah mais en fait tu es une chochotte qui se voile les yeux pour un rien. :D Ça me donne envie de le revoir du coup. LIRE LA SUITE
Jean-Noël Nicolau21/06/2008 13:31 par Jean-Noël Nicolau

:o Alors voilà, ça, ce n’est pas interdit aux moins de 18 ans. Je ne comprends strictement rien à la législation française. C’est absolument horrible. Et il en faut beaucoup pour me choquer quand on verse dans le gore. Mais là c’est du délire. On ne retient que ça. Le côté “suprême de calvaire” grand guignolesque. C’est d’une [...] LIRE LA SUITE

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