Australia
Australia- PAYS :Australie, États-Unis
- ANNÉE DE PRODUCTION :2008
- DATE DE SORTIE :24 décembre 2008
- GENRE :Romance, Drame
- DURÉE :155 MIN
- REALISATEUR : Baz Luhrmann
- ACTEURS :Hugh Jackman, Nicole Kidman, David Wenham, Bryan Brown (I), Ray Barrett
- BUDGET : 130 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel français
Film évènement de cette fin d'année (il sort le 27 décembre), Australia de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman et Hugh Jackman, a divisé la rédaction. Si les partisans du contre sont nettement plus nombreux, il nous a paru judicieux de vous proposer aussi l'avis positif de notre unique défenseur de l'oeuvre.
LA CRITIQUE POUR
Ce n'est pas avec Australia que Baz Luhrmann réconciliera ses défenseurs et ses détracteurs. Au contraire, les premiers diront qu'ils ajoutent une pierre à son édifice, et les seconds qu'ils continuent à creuser sa propre tombe. Mais d'ailleurs qui sont-ils exactement ? En caricaturant, on pourrait dire qu'il y a d'un côté le (large et jeune) public et de l'autre, les cinéphiles. N'oublions pas que dans un numéro anniversaire, Studio Magazine avait fait de Moulin Rouge le meilleur film de ces quinze ou vingt dernières années. Pourquoi de telles considérations contextuelles me direz-vous ? Pour préparer au pire, à savoir une critique positive. Car le cinéma de Baz Luhrmann n'est pas seulement de ceux que l'on adore ou que l'on déteste, mais plutôt de ceux que l'adore détester ou que l'on déteste adorer.
Et tout au long de ses 2h35, le film réussit ce tour de force, à savoir prouver et entériner que le réalisateur australien a bien un style. Reconnaissable, contemporain, populaire... avec donc une place de choix dans le cinéma actuel ? Ainsi, entre ces longs plans en apesanteur sur un cheval au galop en Australie et une scène de pur boulevard avec une Nicole Kidman coincée et outrancière en Angleterre, il n'y a que quelques secondes d'improbables accélérations aériennes et de petits tours sur Google Map. Se rappellent alors au spectateur ces choix de mise en scène imprévisibles, ces fautes de goût assumées, qui font de Moulin Rouge un joyeux bordel... mais aussi un souvenir paradoxal, nostalgique, où le ressenti a supplanté la raison.
Australia joue des mêmes clichés, des mêmes prétentions, des mêmes ressorts, et dès le début, Baz Luhrmann préfère ne pas mentir et s'assurer la complicité du spectateur. D'où cette scène pivot et over-the-top, où Hugh Jackman torse nu et savonné se verse une bassine d'eau au ralenti. Tout est là, tout est dit. Kitsh, fou, inconscient, le tri est vite fait dans la salle. Impossible de jouer les rabat-joie ou les cyniques après ça, puisque le spectacle est à l'avenant, que cela soit de la comédie au drame, de l'histoire d'amour à la leçon d'Histoire, d'une traversée des grands espaces au bombardement ciblé de la côte. Une identité que l'on retrouve dans le titre incongru et définitif d'Australia ou dans les affiches d'Epinal. Baz Luhrmann parle à l'inconscient collectif, fonctionne à affect, ou pire à l'émotion complice et ironique. Il n'est presque pas la peine de citer le Victor Fleming d'Autant en emporte le vent et du Magicien d'Oz (pourtant évoqués voire invoqués en veux-tu, en voilà), tant ceux qui se sont repassés maintes fois Moulin Rouge et Roméo + Juliette en DVD, se réapproprieront les codes de la fresque ou l'air de Somewhere over the rainbow.
Australia est donc de ces films faussement générationnels mais vraiment jouissifs, où votre jeune voisine essuie une larme et les vieux du fond applaudissent. Quant à vous, il faut choisir son camp, ou alors, pourquoi pas et pour une fois, laisser Baz Luhrmann choisir pour vous. (3,5/5)
Vincent Julé
LA CRITIQUE CONTRE
C'est un genre en soi : le blockbuster en forme d'accident industriel. Une œuvre si catastrophique, derrière son budget dépassé et ses stars perdues, qu'elle en devient fascinante et quasi réjouissante. Le nanar de luxe, l'apocalypse cinématographique, voilà en somme le projet d'Australia. Dès les premières minutes, avec son montage au hachoir, ses panoramiques accélérés, son propos niais et prétentieux, Baz Luhrmann terrifie le spectateur. On ne pourra certainement pas tenir 2h35 ainsi. Pourtant, l'esprit humain s'habitue à tout. Et si l'œuvre paraît interminable, on finira par y prendre du plaisir, dans la consternation.
Bouffant à tous les râteliers de la fresque pompeuse, Australia se veut le Autant en emporte le vent du 21e siècle. Mais c'est Le Magicien d'Oz, l'autre chef-d'œuvre de Victor Fleming, qui est cité jusqu'à l'écœurement (Somewhere over the rainbow est massacré une bonne vingtaine de fois !). En voulant retrouver la douce naïveté de l'âge d'or d'Hollywood, le réalisateur australien accumule les fautes de goût. Histoire d'amour grasse, message humaniste pesant, leçon de tolérance pour les incultes, ajout d'un contexte historique comme s'il s'agissait de la plus grosse des ficelles dramatiques (attention les japonais attaquent !), le scénario étouffe par abus de clichés et de guimauve.
Mais ce sont les personnages qui en souffrent le plus. Taillés à coups de serpe, peu aidés par des dialogues grotesques, les acteurs font ce qu'ils peuvent. Si Hugh Jackman assure le minimum avec classe et une touche d'ironie, Nicole Kidman délivre probablement sa pire performance. Insupportable du début à la fin, elle en fait des tonnes, roule des yeux, bat des bras, hésite entre hystérie et consternation. On souffre pour elle. Mais surtout on souffre à cause d'elle. Au point de souhaiter sa disparition du cadre, ce qui n'arrive que trop rarement.
Ce cadre, d'ailleurs, que Luhrmann rate consciencieusement. Comment enlaidir des décors naturels sublimes ? En abusant des effets numériques et de la photographie délavée qui va avec. Les fonds verts intégrés n'importe comment (pour faire toc, mais trop c'est trop) finissent par donner la nausée. Le tout sur un rythme inconstant car Australia accumule par ailleurs les fausses fins, décevant les espoirs, même les plus infimes. Et dans sa volonté de rendre justice au peuple aborigène, le film n'évite pas le paternalisme propret, qui tend à sacrifier le bon sauvage et à privilégier le regard du blanc bienveillant.
Baz Luhrmann aimerait en remontrer à tout le monde. A John Ford (un troupeau mené à travers l'outback, sans que jamais le spectateur ne se sente impliqué), à Fleming (la romance est insipide), à James Cameron, à Peter Jackson (on va réévaluer son King Kong, obligé), à Clint Eastwood... Australia finit par sonner si faux que l'on se demande si tout cela ne serait pas en fait une vaste farce. Mais non, c'est un « monument » dédié à un continent, à l'Amour, à la Vie, à l'Enfance, à la Fraternité. On en ressort mi-hilare, mi-malade. C'est peut-être une expérience à tenter, mais à réserver aux plus endurcis d'entre vous. (1/5)
Jean-Noël Nicolau
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 12/01/2009 12:32 par Julien Foussereau Mais une fois de plus, je trouve la mise en scène du réal toujours aussi virtuose et “Bigger than life”.
:o
Mais…
…Mais…
…Mais non !!! :sick:
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| 12/01/2009 10:51 par Stéphane Argentin Bon voilà . Dernier film sorti en 2008 rattrapé ce WE.
OK, c’est pas le meilleur Baz Luhrmann. OK, c’est long (qui a dit chiant :D). Mais une fois de plus, je trouve la mise en scène du réal toujours aussi virtuose et “Bigger than life”.
Note : 3/5
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| 10/01/2009 14:10 par lyza :pimgoth: Booouhhh !!! Comme vous êtes sévère(s) ..:zanzi: :cry:
Ca fait rien !! Je maintiens (hum, hum !!! ^o^) :guioui:
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