Le Seigneur des Anneaux : Le retour du roi

Lord of the Rings (The) : The return of the king




10 déc. 2007 Par Stéphane Argentin Star Rating 10

 

Après s'être imposé comme un véritable mythe de la littérature au cours du demi-siècle passé, la trilogie du Seigneur des anneaux a su trouver un nouvel essor dans son adaptation cinématographique grâce au talent des personnes et à l'ampleur des moyens impliqués dans cette fresque baroque sans précédent dans les annales du cinéma. Tout a déjà été dit à ce propos et Le Retour du roi, ultime volet de la saga attendu comme l'apothéose de cette épopée, ne dévie à aucun moment de la voie ouverte par ses deux « prédécesseurs », La Communauté de l'anneau et Les Deux Tours.

 

 

Cette réussite, la trilogie la doit avant tout au matériau de départ, à savoir les écrits de J.R.R. Tolkien, que ce dernier a eu la bonne idée de situer en des lieux et des âges reculés, allant même jusqu'à imaginer tout un « univers » (la fameuse Terre du Milieu et ses différentes peuplades), tout en y incluant des thématiques si nombreuses, universelles et intemporelles que la combinaison des deux, a priori antinomique (sujets réels dans un univers imaginaire), a su littéralement propulser cette aventure à ce rang aujourd'hui indiscutable de mythe littéraire.

Transposer une telle légende à l'écran relevait a priori de l'inconscience pure et simple ! Comment en effet adapter cette véritable « bible » sans trahir la richesse du matériau de départ ? Face à pareille entreprise, un homme, un cinéaste un peu frappadingue venu lui aussi d'une contrée lointaine (la Nouvelle-Zélande) et répondant au nom de Peter Jackson, a su s'entourer, prendre les bonnes décisions, affronter tous les obstacles afin d'aboutir à ce monolithe qui se dresse aujourd'hui fièrement devant nous : la trilogie du Seigneur des anneaux mue par la parole et le mouvement. Soit au final une approche en parfaite adéquation avec les origines des livres, où il est avant tout question de motivations et de choix à faire, puis d'actions à mener pour voir aboutir ces mêmes convictions et enfin les conséquences, tant physiques que morales, de ces actions.

 

 

Une interaction de causes à effets et d'effets à conséquences qui ne prend véritablement toute sa dimension, toute son ampleur que dans les versions pleines et entières de chaque tome filmé, à savoir les versions longues des films. Ne dérogeant aucunement à la règle établie par ses deux « prédécesseurs », Le Retour du roi se livre aujourd'hui à nous dans sa version « intégrale » (50min de plus environ que la version salles), achevant ainsi la saga telle qu'on l'attendait : en apothéose.

Il n'y a, pour ainsi dire, pas un seul personnage qui ne soit épargné par cette extension de durée, à commencer par « l'oublié » de la version courte, Saroumane, qui voit son sort à présent définitivement réglé après une ultime tentative de ralliement de la part de son alter ego, Gandalf, qui, de simple « apprenti » (Gandalf le Gris), achève là sa « formation » et devient à présent le véritable porte-parole de l'ordre des magiciens (Gandalf le Blanc). Un Gandalf de plus en plus déterminé, mais qui doute également à plusieurs reprises du sort du royaume et de celui vers lequel il a entraîné Frodon, comme dans cette scène en droite lignée des icônes de l'heroic fantasy du chevalier affrontant le dragon, où Gandalf se retrouve face au Roi-Sorcier chevauchant son Nazgûl.

 

 

De son côté, Frodon devra lui aussi se défaire d'un nouveau danger : toute une troupe d'Orques en partance pour l'assaut final devant les portes du Mordor, où Sauron tentera une dernière fois d'intimider ses opposants par l'intermédiaire de son émissaire : Bouche de Sauron. Une ultime confrontation psychologique faisant écho à la précédente par Palantir interposé entre Sauron et Aragorn, où le bluff réussi de ce dernier sera suivi par son ébranlement psychologique. Deux ajouts qui, outre les convictions de chacun, clarifient également le passage d'une bataille (celle dans les champs du Pelennor) à l'autre (celle aux portes du Mordor) que rejoint le futur roi à l'aide de navires « piratés », après avoir dû traverser une épreuve supplémentaire digne d'Indiana Jones lors de sa rencontre avec le Roi des Morts. Pendant ce temps, le précédent occupant du trône, Denethor, sombre davantage dans la démence et la détresse, tout en affichant encore plus de mépris à l'égard de son fils cadet survivant, Faramir, avant de l'envoyer vers une mort (presque) certaine à Osgiliath.

 

 

Les humains ne sont pas les seuls à tomber au combat puisqu'il s'en faudra de peu pour que le même sort ne soit réservé à Pippin, qui gît au milieu de tant d'autres corps à la fin de cette victoire de Minas Tirith pour le moins amère où chacun a perdu un être cher. Pippin pourra néanmoins compter sur son ami le plus fidèle et dévoué, Merry, qui quelques temps plus tôt avait juré de se battre jusqu'au bout pour venir en aide à ses compagnons lors d'un serment déclaré face à Eowyn. Cette dernière est d'ailleurs bien servie elle aussi en souffrances physiques et morales supplémentaires, puisqu'elle doit batailler davantage dans les champs du Pelennor puis contempler toute la désolation de la cité de Minas Tirith, vidée de ses habitants tombés sous les hordes ennemies, non sans auparavant avoir repris des forces dans les maisons de guérison. Deux ajouts au cours desquels Eowyn accordera son coeur à Faramir après avoir laissé celui d'Aragorn retourner vers celle qu'il aime : Arwen, dont les retrouvailles achèvent le sacre du nouveau roi en même temps que la victoire finale et le début d'un nouvel âge, le quatrième.

 


Il est alors temps pour chacun de tourner la page et de retourner à une vie normale non sans en garder quelques séquelles. Ces derniers chapitres demeurent alors inchangés et concluent à merveille les destins qui se sont trouvés liés ou brisés au cours de cette aventure épique, qui aura su mettre en exergue tellement de thématiques qu'il y aurait encore matière à une infinité de développements ultérieurs. Mais avec cet ultime volet rallongé du Retour du roi, l'adaptation cinématographique du Seigneur des anneaux a su préserver le coeur de la version littéraire et rejoindre ainsi les écrits de J.R.R. Tolkien dans la communauté des mythes.

 



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La Rédaction08/09/2004 01:00 par La Rédaction

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