J'ai rencontré le Diable

Akmareul boatda




29 jan. 2011 Par Jonathan Deladerriere Star Rating 8

 

Sortant sur les écrans français le 06 juillet 2011 et présenté au 18ème festival de Gérardmer, le nouveau long-métrage de Kim Jee-Woon fait partie de ces oeuvres qui marquent durablement les rétines des spectateurs. L'auteur de A Bittersweet life et Le Bon, la brute et le cinglé nous offre tout simplement le meilleur thriller asiatique depuis Memories of murder.

 

Porté par une ambiance malsaine et une photo crasseuse, le film joue avec le spectateur autant que ses personnages s'enfoncent, pas à pas, dans les abîmes de la psyché humaine. Le metteur en scène prend son temps et pose les pièces de son puzzle avec une extrême précaution. Alternant instants de consternation gênée quant aux psychopathes peuplant la campagne coréenne et une empathie grandissante pour un héros qui n'en est pas un, le spectateur se voit souvent contraint à certains choix moraux, et devra, au fil du film, choisir s'il vivra l'aventure avec distanciation ou marchant sur les pas du bras vengeur.

Les comédiens eux, sont parfaits, à commencer par le dantesque Choi Min-sik, terrifiant en tueur implacable et jamais rassasié. Le comédien commence, après Old Boy ou Lady Vengeance à construire une incroyable filmographie. La thématique de l'abandon de soi n'est malheureusement qu’effleurée, tant est si bien que Lee Byung-hun devenu monstre parmi les monstres, ne peut donner la pleine mesure de son talent.

Cette éprouvante descente aux enfers ne se contente heureusement pas du minimum syndical vu dans nombre de « vigilante movies » et tente de dépasser son statut de simple film de genre. Envoyant valser les conventions, ce petit bijou de tension illustre son propos par un cadre et une photo de toute beauté.

Toutefois, il est envisageable de condamner un certain excès de voyeurisme et une mécanique un peu trop répétitive. Le film sera surement taxé de réactionnaire, de complaisance vis à vis du « bourreau », c'est pourtant là que se situe tout son génie. Le titre peut donc s'envisager à double sens, dans les yeux du prédateur qui déclenche le courroux punitif, comme dans ceux du juge, qui peu à peu, délaisse son humanité pour y laisser exploser sa rage.

Culminant lors d'un climax inoubliable, J'ai rencontré le diable laisse un goût amer au fond de la bouche. De celui qui vous fait dire que ce n'est pas forcément la vérité qui importe mais plutôt le voyage pour y parvenir. Un film dur, âpre, mais qui ne laissera personne indifférent quant à sa portée philosophique, le souffle court, comme si le diable en personne vous faisait face.



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Patrick Antona :

Star Rating 9
Vertigineux et brutal, ce nouveau “chaser” est efficace quant à sa manière de démontrer la nature infectieuse du mal mais aurait nécessité d’être un poil écourté.

Tonton BDM :

Star Rating 8
Époustouflante (épuisante ?) rencontre entre un revenge movie et une sorte de slapstick barbare, au sadisme typiquement coréen.

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Certes la durée du film peut paraître excessive au regard du genre, mais il faut bien cela pour avoir le privilège de rencontrer le Diable (et son disciple) en personne !

Simon Riaux :

Star Rating 8
Trop long, trop riche, trop dense, un film dont même les défauts sont des qualités.

Jonathan Deladerriere :

Star Rating 8

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Un affrontement jubilatoire qui pêche toutefois par une durée excessive.

Louisa Amara :

Star Rating 4
La violence pour la violence, le gore pour le gore. C’est amusant et plutôt bien fait les 30 premières minutes. Ensuite le scénario se répète inlassablement, multipliant les incohérences. Allez plutôt voir The murderer de Na Hong-Jin.


M'sieur Jean27/07/2011 00:01 par M'sieur Jean

Houla, ça fait peur ça… Mais bon, je ne suis pas très réceptif au cinéma coréen :D Je te conseille de voir le Kim Jee-woon pour comprendre que The Murderer se montre infiniment moins péteux et plus structuré. Ceci dit, je suis le premier à admettre qu’il y a facile 20 minutes [...] LIRE LA SUITE
Julien Foussereau26/07/2011 23:57 par Julien Foussereau

Houla, ça fait peur ça… Mais bon, je ne suis pas très réceptif au cinéma coréen :D Je te conseille de voir le Kim Jee-woon pour comprendre que The Murderer se montre infiniment moins péteux et plus structuré. Ceci dit, je suis le premier à admettre qu’il y a facile 20 minutes [...] LIRE LA SUITE
M'sieur Jean26/07/2011 23:53 par M'sieur Jean

La holà pour le Chiffre avec qui je partage ma vision sur cette baudruche. :acidepim: [SIZE=1]Puisses-tu être moins impitoyable sur The Murderer que j’aime beaucoup. :stress:Houla, ça fait peur ça… Mais bon, je ne suis pas très réceptif au cinéma coréen :D LIRE LA SUITE

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