The Social network

Social network (The)




13 oct. 2010 Par Florent Kretz Star Rating 10

 

Peu de cinéastes peuvent se targuer d’être parvenu à l’exploit de s’être surpassé, de s’être réinventé à chaque nouveau film. David Fincher est pourtant de ceux-là. Et The Social Network ne déroge pas à la règle : d’un postulat simple et pas  forcément passionnant (la naissance de Facebook), Fincher puise l’essentiel pour le sublimer et y faire naître une admirable tragédie moderne. Assurément l’une des plus grosses claques de l’année.

The Social Network n’est évidement pas un film consacré à la création de Facebook. Pas uniquement tout du moins… Et si le développement du réseau social est en effet la toile de fond de cette redoutable fable, il y est moins question de décrire l’histoire d’un homme et de son ordinateur que de dépeindre les portraits de ceux qui entourent l‘inventeur visionnaire. D’ailleurs en ouvrant son film sur un épisode crucial de la vie intime du concepteur, séquence prophétique au possible, David Fincher désigne très clairement les enjeux et les thèmes inhérents à son sujet : bien plus que l’ascension vers les cimes de son héros, c’est la dimension désespérément dramatique de cette quête aveugle d’une quelconque reconnaissance qui le passionne.

A ce titre, Mark Zuckerberg, antihéros fragile et méprisable interprété par un Jesse Eisenberg impeccable, devient successivement fascinant, attendrissant, révulsant ou même bouleversant au fur et à mesure de sa confrontation à ce monde nouveau, cet univers qu’il créé depuis sa tour de verre. Un personnage tragique au possible qui s’enferme petit à petit, de rupture en trahison, de confrontation en procès, dans la cellule qu’il s’est lui-même forgé. Car sous couvert d’une ascension prestigieuse, Zuckerberg, ambigu et paumé, fera tous les sacrifices. A cela, la morale est sans appel et, évitant tout manichéisme, il sera laissé au spectateur la responsabilité de juger - ou pas - du cas de ce génie. Un génie, certes, mais très certainement condamné à une douloureuse solitude.

Le génie de Fincher est de savoir se mettre pleinement au service de son histoire : s’il avait fait preuve, jusqu’à présent, d’une justesse implacable en terme de mise en scène et d’une dextérité évidente au cours de ses précédents métrages, il ajoute ici de nouvelles cordes à son arc, celles de l’humilité et de la (fausse) simplicité. Le temps d’un film, il se refuse à toute démonstration technique revenant finalement à une mise en images plus sobre, plus magistrale et minutieuse encore que tout ce qu’il avait livré auparavant : d’une maîtrise bouleversante, The Social Network pourrait presque s’apparenter à un long et passionnant champ-contrechamp, un face à face virtuose entre un homme et les autres pour enfin déboucher sur un duel à mort contre lui-même.

Une discrétion telle, que le cinéaste, pourtant à l’origine de quelques films colossaux tels que Zodiac ou L’étrange histoire de Benjamin Button, parviendrait presque à se faire totalement oublier si cette sublime et méticuleuse photographie, symptomatique du style Fincher, ne nous rappelait à l’ordre. Car ce qui fait mouche, ce n’est justement pas la patte du réalisateur de Fight Club, ce sont bien ces dialogues percutants, ciselés par un Aaron Sorkin (la géniale série A la maison blanche) précis et culotté, et portés par un casting irréprochable. Une clique ahurissante de maturité et de talent qui entoure donc Jesse Eisenberg dans cette lente descente aux enfers : d’un troublant Andrew Garfield (le prochain Peter Parker) en ami fidèle, déchirant dommage collatéral, à un Justin Timberlake bluffant, tous, sans exception, semblent parfaits.

The Social Network s’apparente donc, finalement, à l’œuvre certainement la plus maîtrisée et la plus vertigineuse de toute la filmographie du cinéaste. Sur une bande son monstrueuse du duo  très inspiré Trent Reznor / Atticus Ross, Fincher fait des prouesses et parvient, grâce à ses nouveaux talents (de la direction d’acteur à la pureté minimaliste de sa mise en scène), à livrer l’impensable: son chef d’œuvre absolu !

 



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Patrick Antona :

Star Rating 9
L’ultime épisode de la saga “Revenge of the Nerds” revisité par Fincher aboutit sur une épopée digne des grands monuments hollywoodiens érigés à la gloire du génie américain et à l’exploration de ses démons. Renversant !

Laurent Pécha :

Star Rating 9
Bien sûr, The Social Network aura des ennemis mais c’est rien en comparaison de ses millions d’amis. Le grand film sur le fonctionnement de notre société actuelle et ses dérives est arrivé !

Didier Verdurand :

Star Rating 9
J’aime !

Stéphane Argentin :

Star Rating 9
Dix ans après Fight Club, David Fincher nous assène un nouvel uppercut social avec cette success story, prétexte pour Aaron Sorkin à une dissection tous azimuts de notre société à l’ère du 2.0.

Nicolas Thys :

Star Rating 8

Vincent Julé :

Star Rating 8
Un film d’Aaron Sorkin plus que de David Fincher. Et si le style du premier respire moins qu’à la télévision (The West Wing, Studio 60), il est toujours aussi virtuose, à la fois cryptique et empathique. La second se fait alors plus discret mais non moins doué, surtout dans la direction d’acteurs, tous parfaits.

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Moralité : On aurait du se faire larguer par une meuf avant de monter Écran Large. Qui sait ? On serait peut-être nous aussi Milliardaire aujourd’hui !? Non ? Bon ben on va se consoler avec nos nombreux amis qui aiment le site. Non plus ? Film de m*** !

Tonton BDM :

Star Rating 2
Je préfère Cartoon Network.


borntosmell08/03/2011 14:01 par borntosmell

Enfin, j’ai eu la chance de voir ce film. On m’a prêté le dvd. En fait, il m’a beaucoup fait penser aux films indés récents et introspectifs. Ce qui est assez fort pour un film hollywoodien. Peut-être une des pierres angulaires du renouveau du cinéma à Hollywood. En tout cas, [...] LIRE LA SUITE
Stéphane Argentin31/01/2011 21:28 par Stéphane Argentin

En cherchant bien… ;-) Merci bien monsieur ;-) LIRE LA SUITE
Florent Devy31/01/2011 21:11 par Florent Devy

En cherchant bien… ;-) LIRE LA SUITE

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