Le Silence des agneaux

Silence of the Lambs (The)

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10 nov. 2005 Par Ilan Ferry Star Rating 9

 

Après le brillant Le Sixième sens de Michael Mann (voir notre dossier Michael Mann), Le Silence des agneaux, premier opus cinématographique véritablement consacré à Hannibal Lecter (avant l'amusant Hannibal et l'inepte Dragon Rouge ) a redéfini les codes même du thriller psychologique. Empruntant autant à Hitchcock et à son Psychose (Buffalo Bill le tueur du film est un mélange de trois tueurs dont Ed Gein déjà inspirateur du personnage de Norman Bates) qu' à Tobe Hooper et son Massacre à la tronçonneuse, Jonathan Demme réussit en un seul film à cristalliser les démons d'une Amérique malade .


À l'image du Manhunter de Mann, Le Silence des agneaux ausculte les tréfonds de l'âme humaine. À la différence près qu'ici le point de vue adopté est celui de Clarice Starling, jeune recrue du FBI confrontée pour la première fois à l'horreur à travers les personnages d'Hannibal Lecter psychiatre cannibale raffiné et Buffalo Bill tueur particulièrement redoutable en pleine quête (mutation?) identitaire et sexuelle. Par le prisme de la relation Starling/Lecter, le film traite de la notion de monstruosité: celle exacerbée de Bill et celle plus dissimulée (bien que tout à fait imaginable durant les trois quarts du film) de Lecter.


En optant pour des plans de plus en plus serrés et donc une proximité de plus en plus forte avec les personnages, Demme crée un malaise constant : petit à petit, le dégoût ressenti par Starling envers Lecter laisse place à une certaine forme de respect (la jeune femme appelant Hannibal par son titre : « docteur », et non par son prénom ou son nom de famille) comme celui de deux adversaires jouant une partie d'échecs mortelle, une ambivalence qui perdurera durant tout le film. Au fur et à mesure que la jeune recrue se dévoile au psychiatre cannibale, le spectateur ressent l'emprise de plus en plus forte de ce dernier. « Vous n'aimeriez pas que Hannibal Lecter pénètre dans votre esprit » déclare Jack Crawford (Scott Glenn) face caméra, un avertissement qui semble s'adresser aussi bien à Clarice qu'au spectateur.


Dès lors, commence pour Clarice une longue descente aux enfers portée par la somptueuse musique d'Howard Shore où la violence n'est plus tant graphique que psychologique. En mettant en parallèle le calvaire de la dernière victime de Bill et l'enquête menée par Starling pour la retrouver, Jonathan Demme définit le thème de son film comme le combat de deux femmes pour sortir de l'enfer (un puits qui semble sans fond pour l'une, une enquête qui fait ressurgir de douloureux souvenirs d'enfance pour l'autre). Se faisant, le cinéaste transforme son film en version sombre de La Belle et la bête à travers deux relations (Starling et Lecter, Bill et sa victime) qui ne peuvent se faire que dans la douleur.


Porté par des comédiens au sommet de leur art - Jodie Foster a rarement paru aussi fragile et déterminée, Anthony Hopkins ambigu juste comme il le faut à mille lieus des cabotinages auxquels il est désormais réduit -, Le Silence des agneaux est avant tout un film d'acteurs, les émotions, la tension, la peur passant avant tout par le jeu des regards. À ce titre, il faut saluer la prestation de Ted Levine tout simplement parfait dans le rôle difficile de Buffalo Bill auquel il insuffle un subtil mélange de peur et de pitié. Rarement tueur en série n'aura paru si authentique au cinéma.


Quinze ans après, Le Silence des agneaux n'a rien perdu de son impact et demeure un monument de terreur sourde distillant l'angoisse avec une parcimonie quasi sadique. Quant à son personnage emblématique, Hannibal Lecter, il est bien devenu l'un des plus grands méchants de l'histoire du cinéma.



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Zorg10/10/2009 18:18 par Zorg

A quoi il sert alors le smiley “badtaste” ( :badtaste: )A rien. Comme Bad Taste, quoi. :jaimz: LIRE LA SUITE
Julien Foussereau10/10/2009 17:23 par Julien Foussereau

Bah. A quoi il sert alors le smiley “badtaste” ( :badtaste: ) sinon à rassurer sur la nature débilo-trollesque d’un post ? :groucho: Dieu merci, Reznik, je me doutais quand même bien du trollisme dissimulé derrière ce post. T’aimes bien Schumacher mais de là à préférer Ratner à Demme, il y a [...] LIRE LA SUITE
Reznik10/10/2009 17:17 par Reznik

Bah. A quoi il sert alors le smiley “badtaste” ( :badtaste: ) sinon à rassurer sur la nature débilo-trollesque d’un post ? :groucho: LIRE LA SUITE

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