Critique : Oh my God !

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13 décembre 2011 - Perrine Quennesson

Le ton est donné : « Une histoire basée sur des faits réels. Vraiment ». En effet, ce que vous allez voir est un peu loufoque : le vibromasseur, objet de plaisir démocratique depuis l'avènement de Sex and the City, a en fait été inventé au XIXème siècle pour traiter l'hystérie féminine. Vraiment.

En partant de ce postulat, comique en l'état, il y avait deux options : le graveleux et la comédie légère. Et la réalisatrice, Tanya Wexler, a choisi la seconde option. Reléguant l'invention de l'instrument de jouissance féminine N°1 à l'arrière-plan, elle préfère faire une chronique sur l'émancipation de la femme ainsi qu'une ravissante comédie romantique. Le tout enrobé d'une bonne grosse dose d'humour « so british ».

On y suit le parcours du Dr Mortimer Granville, jeune médecin, fatigué de « tuer » ses patients avec la médecine traditionnelle, entré au service du Dr Dalrymple, spécialisé dans l'hystérie féminine. Et comment soulager ces femmes atteintes de bouffées de chaleur, de pensées irrépressibles à tendance pornographiques et de sautes d'humeur ? En leur faisant atteindre un « paroxysme » à l'aide de la masturbation. Ainsi Mortimer accepte-t-il de prêter sa main à ce curieux remède. Mais, très doué en la matière, il voit sa clientèle se décupler et finit par souffrir de crampes. C'est alors qu'avec un ami, Edmund St John-Smythe, passionné de nouvelles technologies, ils vont créer, plus ou moins par accident, le vibromasseur.

Une fois, ce contexte mis en place, la réalisatrice s'intéresse plus particulièrement à l'intrigue amoureuse. Le Dr Dalrymple a deux filles : Emily, la cadette bien sous tous rapports et Charlotte, l'ainée plus impétueuse et sûre d'elle. Et là où l'on s'attendrait à voir le jeune Mortimer se faire imposer l'une des deux, c'est lui qui choisit de tout mettre en œuvre, au risque de se compromettre, pour séduire Emily. Jusqu'à ce qu'il prenne conscience que ce qu'il aime chez la cadette, c'est le confort de sa situation et finalement qu'en prenant la fille peu émancipé, il se plie à un carcan de pensée que lui-même combat dans son travail de médecin.

C'est là où la romance rejoint le background social du film. Car en fond, Oh My God ! s'intéresse d'abord à la condition de la femme et à son émancipation, à travers la reconnaissance de sa sexualité et, surtout, de son plaisir mais aussi de son accomplissement personnel. Ainsi deux situations se font écho. Mortimer remue et dérange le corps médical avec ses envies d'évolution et d'ouverture vers la nouveauté et Charlotte fait de même avec la société par sa volonté d'affranchissement par rapport au joug masculin. Auprès de la jeune femme, Mortimer qui se considère comme un avant-gardiste découvre qu'il est bien plus rétrograde qu'il ne l'imaginait. En choisissant l'ainée, le jeune médecin fait aussi le choix de faire évoluer son point de vue et donc, par métonymie, celui de la société sur les femmes.

Mais le film n'a rien de pompeux, au contraire, car la finesse du film est de faire passer son propos en filigrane après la comédie. Et pour ce qui concerne l'humour, le retour de Rupert Everett est une vraie bonne nouvelle. Presque méconnaissable sous sa barbe et son visage un peu déformé (chirurgie esthétique ?), il phagocyte totalement les scènes dans lesquelles il joue, éclipsant magistralement ses partenaires, pourtant tous excellents.

Et surtout, ne partez pas trop vite de la salle, au risque de rater l'évolution du sex toy à travers les âges dans le générique. Cosmique !

 

 

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