Critique : Non ma fille, tu n'iras pas danser

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2 septembre 2009 - Sandy Gillet

Pour les auteurs des Guignols, le dernier film de Christophe Honoré pourrait donner lieu à un nouveau sketch avec en guest star Denisot et Laurent Weil entrant dans un cinéma et de discourir sur cet énième titre à rallonge que semble affectionner le cinéma français... Du genre Non ma fille tu n'iras pas danser au premier jour du reste de ta vie ... Mine de rien cela risque d'en refroidir plus d'un à commencer par les « amoureux » d'un cinéaste (à la rédaction ils se reconnaîtront) qu'ils ont définitivement catalogués depuis Les chansons d'amour comme celui de la génération néo nouvelle vague à tendance bobo !

Un classement forcément péjoratif que ce Non ma fille... ne viendra pas perturber. Il suffit de lire le pitch comme on dit pour s'en convaincre : une femme un peu paumée élève seule ses deux enfants qu'elle à tendance à surprotéger. Elle est toutefois aidée et soutenue par sa famille mais dans laquelle elle étouffe littéralement. Bref comment se créer des problèmes pour rien se dirait le travailleur artisan / ouvrier / agriculteur... dont les aspirations de la vie sont, comme on le sait, bien plus simples. Et pourtant c'est bien là que le bât blesse puisque Non ma fille... par la force de sa mise en scène et son aptitude à affronter son sujet esquisse un cinéma bien plus engagé et surtout plus couillu. De celui qui ne se regarde pas dans la glace et qui va s'étalonner au contact des « gens simples ».

Si l'on ne tombe pas non plus dans le cinéma popu ou CGTiste, cela donne à l'écran des personnages forts car en phase avec leur histoire, des thèmes universels mais non galvaudés (la transmission par la famille, l'épanouissement en tant que mère ou en tant que femme, les deux ?) et un ton général à la fois grave et léger. Un équilibre certes précaire et même parfois instable - toutes les scènes avec Louis Garrel, heureusement peu nombreuses, qui ne sont là que par la simple volonté d'un Christophe Honoré qui ne pouvait envisager son film sans lui, même si pour cela il a fallu pondre un petit rôle inutile - mais qui font au final la beauté d'un film souvent très juste dans sa démonstration, émouvant et parfois même drôle. Une grammaire qui jusqu'ici était absente de la filmo d'Honoré et que l'on espère à tout le moins pérenne.

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