••• Dossier : les films d'arnaque


22 avr 2008 Par Jean-Noël Nicolau


De son affiche à sa bande-annonce, le Cash d’Eric Besnard fait référence à la grande tradition des films d’arnaque, un genre à part entière au sein du cinéma hollywoodien. Bien sûr, les imitations sont légions, que ce soit en Asie ou en Europe, mais la belle et grande arnaque suppose généralement un contexte luxueux et un casting à haute teneur en glamour. Les ingrédients sont connus : dialogues ciselés, trahisons, rebondissements et plan alambiqué qui finit par surprendre tout le monde (et surtout le spectateur). Difficile d’évoquer les classiques du genre, pour la simple et bonne raison qu’en révéler la clef c’est en gâcher, à coup sûr, la majeure partie du plaisir. Heureusement, ces films ne reposent pas que sur leur « twist ». Petite sélection, bien loin d’être exhaustive.

 

 


 

 

 

L’Arnaque de George Roy Hill (1973)

C’est un peu facile, c’est très logique et tout à fait normal : pour évoquer le cinéma « d’arnaques » autant débuter par celui qui en porte le nom. C’est la crème du genre (7 Oscars, dont meilleurs film, réalisateur et scénario), avec la touche de classe indispensable (le duo Redford/Newman, passé à la postérité). 2h10 d’écriture virtuose et de séduction, L’Arnaque survit aux ans et à son titre, par la maestria de sa résolution, qui en a laissé plus d’un bouche-bée.

 

 

 

 

 

Ocean’s eleven de Lewis Milestone (1960)

Film de potes, entièrement dédié au Rat Pack et à sa légende. Dean Martin, Frank Sinatra, Peter Lawford et Sammy Davis Jr. se baladent dans Las Vegas, dépouillent un casino et font craquer les filles (si, si, même Sammy). Le film ne s’embarrasse d’aucun réalisme et laisse les comédiens faire leur show. Des vacances ? Sans doute, ce dont se souviendra fort bien Soderbergh…

 

 


 

 

 

Ocean’s eleven, twelve et thirteen de Steven Soderberg (2001 - 2004 - 2007)

Ocean’s eleven est un remake en tout point supérieur à l’original. Quelques unes des plus grandes stars masculines de l’époque (Clooney, Pitt, Damon), des seconds couteaux affirmés ou en pleine éclosion (Andy Garcia, Bernie Mack, le petit frère Affleck) et une gente dame pour faire bonne mesure (Julia Roberts), même si l’on sait bien que c’est un film « pour les filles ». Plus écrit et mieux dirigé que le film de Milestone, Ocean’s eleven tient parfaitement la route en tant que divertissement étincelant. Ne sachant plus trop quoi faire par la suite, Soderbergh vire dans le film de vacances expérimental pour l’épisode « twelve ». Il filme n’importe comment ses acteurs faisant n’importe quoi. Le résultat est aussi divertissant, mais dans une veine inattendue. Quant au « thirteen », c’est la paresse qui domine, les potes semblant sortir en permanence d’une nuit de débauches un peu trop agitée.

 

 

 

Engrenages de David Mamet (1987)

Moins glamour que les films précédents mais doté d’une machination formidable, House of games de David Mamet a gagné, avec les années, le statut de classique. C’est avant tout un film d’ambiance et de faux-semblants. Nous ne sommes plus dans le domaine du cool, mais plus proches des ténèbres. Un film d’arnaque, mais un polar avant tout.

 

 


 

 

 

Jackie Brown de Quentin Tarantino (1997)

Au petit jeu de qui manipule qui, la caméra aura rarement été aussi complice du vol que dans le Jackie Brown de Tarantino. Ici le spectateur n’est jamais véritablement pris de cours, il sait tout et il voit tout. Le spectacle réside dans l’affrontement de toutes ces personnalités, plus ou moins dangereuses, qui se feront forcément doubler par la belle Pam Grier.

 

 


 

 

 

Les Associés de Ridley Scott (2003)

Le réalisateur de Blade Runner s’essaie à l’arnaque avec légèreté et brio. Loin des grosses productions à la Ocean’s ou de la sophistication de L'Arnaque, Scott vise la simplicité et le plaisir immédiat. Pas un mauvais choix, pour ce qui reste l’un de ses films les plus attachants.

 

 


 

 

Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg (2002)

Frank Abagnale Jr., roi des tricheurs, il y a tout en dans ce type là : la classe, le culot, le talent, les aventures incroyables et même l’émotion. Le meilleur ? Tout est vrai.

 

 

 

 

 

Les Arnaqueurs de Stephen Frears (1990)

La magouille mais versant ménage à trois (monsieur, madame et maman). Le film est merveilleusement écrit, produit par Martin Scorsese, et interprété par un trio d’acteurs à leur sommet. En particulier Angelica Huston, qui accomplit un show mémorable.

 

 


 

 

 

Inside man de Spike Lee (2006)

Le film de casse est un genre tellement visité qu’il devient de plus en plus difficile de le renouveler, et surtout de trouver le « truc » qui scotchera le spectateur. Spike Lee réussit sur tous les tableaux avec son très cool Inside man. Le casting trois étoiles passe son temps à  bluffer mais on ne sait jamais qui a une longueur d’avance.

 

 


 

 

 

Les Plus belles escroqueries du monde (1964)

Pour terminer, une curiosité : un film à sketches regroupant de grands réalisateurs et donnant une vision internationale des arnaques. Les formes sont très multiples et, comme toujours, les segments inégaux. Mais derrière la caméra se retrouvent Godard, Polanski, Chabrol et les plus méconnus Ugo Gregoretti et Hiromichi Horikawa. Devant leur objectif : Catherine Deneuve, Jean Seberg, Mie Hama, Jean-Pierre Cassel... La véritable arnaque ? Parvenir à trouver ce film…

 

 


 

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La Rédaction24/04/2008 02:15 par La Rédaction

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