En pleine promotion de The Apprentice, Sebastian Stan (le Soldat de l’hiver) est revenu sur son prochain Marvel, Thunderbolts*, et sur l’importance de la franchise, malgré les critiques.
Les nouvelles stars de cinéma doivent-elles tout à Marvel ? C’est la question qu’on peut se poser depuis le premier Iron Man, entre le comeback légendaire de Robert Downey Jr. et l’émergence de nouveaux noms comme Chris Evans, Chris Hemsworth ou encore Elizabeth Olsen.
A force, les franchises super-héroïques sont devenues un ticket d’or pour les jeunes comédiens et comédiennes issus des circuits indépendants. A partir du moment où ils acceptent de prêter leurs traits à une icône des comics, il y a de grandes chances qu’ils obtiennent une reconnaissance du grand public, et par extension la possibilité de travailler en parallèle sur des projets plus personnels.
Pour Sebastian Stan, cet équilibre est devenu essentiel pour sa carrière. Depuis 2011, l’interprète de Bucky Barnes, devenu entre-temps le Soldat de l’hiver, n’a cessé de chercher des contrepoints à son rôle dans le MCU. Après Logan Lucky, Moi, Tonya, Fresh ou encore A Different Man, le voilà désormais dans la peau d’un jeune Donald Trump dans The Apprentice d’Ali Abbasi. A l’occasion de la sortie de ce film controversé, Stan est revenu sur l’importance du système Marvel dans l’équation globale d’Hollywood, malgré les critiques régulières envers le studio.

Marvel : sauveur du cinéma indépendant ?
Interviewé par Variety sur le défi qu’a représenté sa métamorphose pour The Apprentice, Sebastian Stan s’est aussi ouvert sur sa prochaine incursion dans le Marvel Cinematic Universe : Thunderbolts*. Et il faut bien admettre que ce Suicide Squad sauce Marvel, qui réunit entre autres Bucky avec Yelena Belova (Florence Pugh), Red Guardian (David Harbour) et John Walker (Wyatt Russell), a un peu des airs d’énième crossover ronflant, qui assume plus ou moins d’exploiter ses fonds de tiroir.
Étant donné que Sebastian Stan est désormais l’un des acteurs avec le plus de longévité dans le MCU, il est légitime de se demander s’il ne se sent pas prisonnier de son personnage et de ses obligations contractuelles. Visiblement, ce n’est pas le cas, car selon lui, le parcours de Bucky continue d’évoluer au fil des films et des séries.

“[Thunderbolts*] me fait un peu penser à Vol au-dessus d’un nid de coucou — ce mec débarque dans ce groupe dégénéré et chaotique, mais trouve le moyen de tous les réunir.”
Depuis le début de la Phase 4 et l’après-Avengers : Endgame, il convient de dire que l’état de santé de la franchise n’est pas au beau fixe. Malgré quelques cartons (Doctor Strange 2, Thor 4, Spider-Man : No Way Home), le MCU a connu ses premiers vrais bides (Ant-Man 3, The Marvels), ainsi que des critiques moins complaisantes que par le passé.
Le planning de la firme est désormais régulièrement modifié, et Thunderbolts* fait partie de ces projets qui inquiètent au vu de leurs nombreuses réécritures et de leurs changements de casting tendance créature de Frankenstein.

« C’est devenu facile de s’en prendre à Marvel… »
D’aucuns diraient qu’il ne faut pas dire du mal de son employeur (surtout après près de 15 ans de bons et loyaux services), et c’est sans doute pour cette raison que Sebastian Stan s’est permis une réponse bien corporate aux questions de Variety :
“C’est devenu facile de s’en prendre à Marvel. En soi, tout le monde a le droit d’avoir un avis. Mais c’est une partie importante de l’industrie et de son fonctionnement, qui nous permet d’avoir des plus petits films à côté. C’est une artère qui voyage à travers tout le système de cette grande machine qu’est Hollywood. Ça a beaucoup plus d’impact que les gens ne veulent l’admettre. Parfois, je suis soucieux de protéger [la franchise] parce que son intention est juste putain de bonne. C’est super dur de faire un bon film encore et encore.”
On pourrait se moquer de cette théorie du ruissellement façon blockbuster, mais il faut bien admettre que Sebastian Stan n’a pas complètement tort. Sa présence à l’affiche de The Apprentice a sans doute aidé à rassurer certains des investisseurs, comme c’est le cas de nombreux projets soutenus par des comédiens de l’écurie Marvel.

Stan-system
Néanmoins, il convient aussi de s’interroger sur la manière dont Marvel a redéfini le star-system. Ces personnalités identifiées par la Maison des Idées le sont-elles vraiment par leur nom, ou pour le personnage de fiction qu’elles incarnent depuis des années ?
Est-ce que Chris Hemsworth fait se déplacer les spectateurs en salles quand il n’est pas Thor ? Les échecs de Hacker de Michael Mann ou de Men in Black International pourraient tendre vers la négative, tout comme le flop de Robert Downey Jr. avec Le Voyage du Dr Dolittle, juste après le raz-de-marée Endgame.

Certes, des acteurs comme Sebastian Stan peuvent aider à ce que des films indépendants soient financés, mais on peut plus difficilement affirmer que leur popularité les aide à en faire des succès. Les analyses les plus pessimistes prétendent même que Marvel a précipité une sorte de “mort” du star-system hollywoodien.
Lors d’une interview désormais célèbre, Anthony Mackie (Monsieur Falcon, donc il sait de quoi il parle) s’était exprimé sur ce sujet au MCM London Comic Con :
“Il n’y a plus de stars. Anthony Mackie n’est pas une star. Le Falcon est une star. […] Avant, vous alliez voir le film de Stallone, le film de Schwarzenegger. Maintenant, vous allez voir X-Men. L’évolution des super-héros a amené la mort de la star de cinéma.”
En attendant Thunderbolts*, prévu pour le 30 avril 2025 en France, on espère tout de même que le nom de Sebastian Stan rende le public américain curieux de découvrir The Apprentice. Dans nos contrées, le film sortira en salles le 9 octobre 2024.
Oh ça a l’air pas mal ce thunderbolts* ! Avec cette petite astérisque dont on ne sait pas grand chose mais dont on se fout éperdument aussi…
J’adore la comparaison avec vol au dessus d’un nid de coucou. C’est toujours marrant quand les acteurs essaient de se raccrocher à un classique du cinéma pour vendre ce qui n’est finalement qu’un mega-episode de série. Après je n’ai pas encore vu le film, donc pas de médisance… Après tout Thor 4 rappelait pas mal 2001 l’odyssée de l’espace, et dans Civil War, j’ai parfois eu l’impression d’être dans Conversation Secrète…
Je suis pas sûr que Dr Doolittle ou MIB International soient des films indépendants qui aient galéré pour valider un budget …
Et puis Mackie … Le mec croyait être une star alors qu’il n’avait qu’un second rôle dans des Marvel ?
Je pense que beaucoup d’agents et producteurs ont mouillé leur slip après les cartons des Phases 2 et 3 du MCU, en croyant que le public venait pour quelques stars alors que c’était pour l’histoire …
Et concernant le « ruissellement » des blockbusters, beaucoup dans le business admettent ce fait : les stars vont alterner cachetonnage dans des blockbusters/pub/caméo (dans l’intérêt de l’industrie et de leur portefeuille) et films indés (ou de proches).
Le problème, c’est que dans le MCU il n’y a guère que ScoJo et Portman qui aient ce statut. Même RDJ n’a pas « validé » ce statut en ne faisant quasiment que du blockbuster (MCU, Sherlock, comédies à gros budget) depuis 2008.
Le mec qui parle de Thunderbolts comme si Suicide Squad n’existait pas…cette lose