Les Dents de la mer : retour sur le film cultissime de Steven Spielberg

Mise à jour : 18/09/2018 17:27 - Créé : 16 septembre 2017 - Lino Cassinat
Photo Affiche Dents de la mer
162 réactions

Entre Pentagon Papers sorti en janvier dernier et Ready Player One en mars, il y a un monde : celui de Steven Spielberg, cinéaste incontournable qui règne sur Hollywood depuis des décennies, au-delà des modes et des genres.

Pour fêter son grand retour dans la science-fiction avec un blockbuster événement, Ecran Large revient sur une poignée de films mémorables, plus ou moins aimés, du réalisateur, depuis ses débuts jusqu'à ses succès les plus récents.

 

 

TOURNER SUR L'EAU...

Œuvre séminale s’il en est, Les Dents de la mer est à la fois une œuvre décisive dans la carrière de Steven Spielberg, un repère historique pour l’industrie cinématographique mais en plus et surtout, un grand film de cinéma tout court.

En 1975, Spielberg est porté par le petit succès de Sugarland Express et se met à adapter le roman Les Dents de la mer pour son deuxième film. Bien mal lui en a pris. Sous-estimant la difficulté du projet, Steven Spielberg et Universal s'engagent dans un tournage si chaotique qu'il a bien failli tourner à la catastrophe industrielle et enterrer la carrière de Spielby. Il aura bien fallu le talent incommensurable d’un petit génie pour raconter des histoires passionnantes (et en l’occurrence terrifiante) pour rattraper le coup, emballer un chef d'oeuvre du septième art et convaincre massivement le public.

 

 

... FAUSSE BONNE IDÉE

D’abord, la production précipite la date de tournage afin d’éviter une grève des scénaristes. Le tournage commence ainsi le 2 mai alors que le script est fini en catastrophe notamment grâce à John Milius. Ensuite, le tournage en-lui-même s’avère beaucoup plus compliqué que prévu, et le tournage qui devait prendre un peu moins de deux mois prend finalement 159 jours. Le budget initial de 2 millions de dollars est rallongé jusqu’à atteindre 9 millions.

À cela s’ajoute la mauvaise préparation des trois faux requins qui dysfonctionnent, des acteurs et une équipe en proie au mal de mer, brûlés par le soleil et éreintés par des journées de travail atteignant souvent 12h. Il faut en plus ajouter à cela l’alcoolisme effréné de Robert Shaw, des caméras noyées, le mauvais temps et quelques accidents, qui ont notamment failli tuer Richard Dreyfuss, couler le bateau du film ou enfin décapiter un scénariste.

Bref, il y aurait un film à faire sur le tournage en lui-même, mais l’histoire se retournera, malgré tout, de façon brillante : Les Dents de la mer sera un carton monumental, que ce soit pour l’époque ou même par rapport aux standards actuels : 260 millions de dollars amassés aux US, 470 dans le monde entier, soit plus de 2 milliards de dollars actuels.

 

PhotoMon. Dieu.

 

LA PEUR, TOUT SIMPLEMENT

Pour ce qui est du film en lui-même c'est bien simple, c'est un chef d'oeuvre artistique à tout point de vue. Alliant l'efficacité et l'élégance de la mise en scène "invisible" typiquement Spielbergienne à un récit simple et épuré, Les Dents de la mer est une oeuvre bien plus riche qu'il n'y paraît, qui a donné lieu à plusieurs dizaines de lectures différents : tandis que certains y voient une fable politique post-watergate, d'autres en font une métaphore métaphysique, tandis encore que ceux-là y voient une manière détournée de parler de la sexualité, de la famille et du puritanisme, pendant que ces quatrièmes en font un téléscopage de Moby Dick et du Vieil Homme et la mer.

Pour notre part on se contentera humblement de dire que Les Dents de la mer est un film qui n'a pas pris une ride. Sa polysémie fait certes sa richesse, mais ce qui le rend vraiment fascinant, c'est le sentiment de terreur qu'il provoque. Un sentiment toujours aussi particulier, rare et intact, car il met brillamment en scène la confrontation entre l'homme et les abysses. Si ces dernières ont été interprétées de tant de manières différentes, c'est peut être que ce sont autant de prétextes rationnalisants et rassurants pour voiler ce qu'est en réalité le requin dans son essence, indicible et inexplicable : tout simplement la peur elle même.

 

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commentaires

Eddie9Felson 17/09/2018 à 23:32

Le monologue de Robert Shaw sur son nauvrage sur l’Indianapolis est l’une des plus belles scènes de ciné ma... dans l’un des plus beau film du 7ème art! Sans conteste, celui que j’ai le plus vu

Rorov94 17/09/2018 à 19:39

VOIR JAWS ET MOURIR.

Babar77 17/09/2018 à 16:53

Monumental

Kouak 17/09/2018 à 15:12

Effectivement...
Merci Andarioch pour ce moment de franche rigolade...;-)
Les pluies de grenouilles, les vaches qui volent ok...C'est du déjà vu dans ce genre de circonstances...
Mais faut avouer que c'est moins porteur comme sujet de film...
Si la connerie était une énergie renouvelable, y'a longtemps que ce "monsieur" aurait une éolienne dans le derche...
T'ain ! J'en peu plus...

Andarioch 17/09/2018 à 14:57

@ couac

je te conseille un peu de lecture pour rire.
Quand la connerie rejoint la fiction: https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/etats-unis-pour-un-animateur-les-requins-volent-dans-les-ouragans-5968209

Kouak 17/09/2018 à 14:08

MDR
Et depuis Sharknado, moi, je scrute sans cesse le ciel...
Surtout avec tous ces ouragans...

golo 16/09/2018 à 23:11

Il aurait pas pu faire un film sur le yéti, maintenant j'ai peur d'aller en mer.

Andarioch 24/07/2018 à 11:19

@Rosha

Je plussois. Une honte ce nouveau doublage et pourquoi? J'avais (re)vu le premier king-kong redoublé, ça apportait une vrai dimension au film, plein de sous-entendus. Mais là? Juste une hérésie.

MON film culte, vu et revu. Montré à ma gamine de 12 ans, elle faisait des bonds et ne regarde plus un innocent bord de mer comme avant. Perso, il y a deux ans, je palmemasquetubatais dans un lagon quand j'ai vu au loin la silhouette gracieuse d'un requin (bleu). Fasciné je m'approche quand j'entends TRES NETTEMENT les notes de Williams dans mes oreilles. Demi-tour illico.

el_gohan 08/03/2018 à 15:46

Très bon article, mais qui omet le rôle qu'aurait joué Vera Fields au montage qui a aussi largement contribué à sauver l'allure générale du film.

Colonel Stuart 07/03/2018 à 10:43

@Lino Cassinat - Rédaction
Le pire, c'est que... "gamin" (je devais avoir à l'époque, 14/15 ans!) j'avais assisté à ce naufrage de l'opus 4!
J'avais déjà vu le 3 avec les lunettes verte et rouge sur le nez, et j'en gardais un "bon" souvenir de minot! (je l'ai revu l'autre jour... et... aïe!).
Mais le 4 est très certainement d'une crétinerie sans nom, qui clôture avec une tristesse immense l'oeuvre originale mise en place par tonton Steven!

PS: votre article est parfait!

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