Kill Bill : Quentin Tarantino revient sur le témoignage terrible d'Uma Thurman et donne sa version

La Rédaction | 6 février 2018
La Rédaction | 6 février 2018

Ces derniers jours n’ont pas été de tout repos pour Quentin Tarantino, mis en cause par un article relatant le calvaire subi par Uma Thurman lors de sa rencontre avec Harvey Weinstein, puis du tournage de Kill Bill.

C’est dans le New York Times que l’actrice a livré un témoignage, élément central de l’article de Maureen Dowd. On y découvre que Harvey Weinstein l’aurait agressée sexuellement deux fois en 1996, avant que Thurman n’obtienne de lui des excuses, par l’entremise de Quentin Tarantino. À cette situation déjà (très) problématique, s’ajoute le récit d’un évènement aux airs de quasi-fait divers, survenu à la fin du tournage de Kill Bill.

À l’occasion d’un plan qui se voulait très simple sur le papier, Uma Thurman a piloté une voiture modifiée pour correspondre aux exigences techniques du tournage ainsi qu’à l’esthétique du film. Assurée que la situation ne présentait pas de risques, elle a accepté de conduire le véhicule, avant d’être victime d’un accident qui a gravement endommagé ses genoux et sa nuque.

 

Photo Uma ThurmanUma Thurman

 

L’article de Maureen Down adressant la violence supposée du rapport entretenu par Quentin Tarantino avec ses actrices, il n’a pas fallu longtemps aux commentateurs pour s’enflammer, et décrire le metteur en scène comme un pervers polymorphe sadique, voire l’accuser purement et simplement de tentative de meurtre. Si l’actrice a elle-même publié une mise au point sur les réseaux sociaux pour préciser que l’objet de sa colère n’était pas le réalisateur, lui-même est longuement revenu sur la situation, ses actes, sa vision de l’affaire Weinstein et le fameux accident.

C’est dans un entretien accordé à Deadline qu’il a expliqué avoir largement collaboré avec Thurman en vue de l’élaboration de l’article dans lequel elle a révélé les images du fameux crash. Images qui furent dissimulées 15 ans durant, jusqu’à ce que le cinéaste fasse un peu d’archéologie pour les déterrer.

Le réalisateur affirme pour sa part qu'il n'était pas furieux lors de la mise en place de ce qui ne lui est jamais apparu comme une cascade, et en profite au passage pour égratigner un peu l'actrice.

 

Photo Uma ThurmanUma Thurman

 

"Uma avait le permis. Je savais que ce n'était pas une très bonne conductrice, mais elle avait le permis."

Des propos un tantinet douteux étant donné la situation décrite par la comédienne, modérés par le fait que le réalisateur reconnaît volontiers avoir manqué énormément de discernement et être responsable de l'accident. En revanche, il tient à préciser qu'il n'a jamais été responsable de l'attitude du studio, des assurances ou de Weinstein vis-à-vis de Thurman et n'a jamais souhaité l'empêcher d'avoir accès aux images du crash.

« Uma pensait que j’avais accepté qu’ils ne lui laissent pas voir les images. Je n’étais au courant de rien de tout ça. Je savais qu’ils ne voulaient pas donner accès à la vidéo, mais j’ignorais qu’elle m’en pensait responsable. C’est tout récemment qu’elle m’a appris qu’elle n’avait jamais eu accès à l’enregistrement. »

Tarantino évoque également un autre passage polémique du papier de Maureen Dowd, dans lequel il est écrit qu’il aurait sciemment étranglé son actrice. Après avoir souligné qu’il ne s’agit aucunement d’un témoignage direct de Thurman, mais d’un agrégat de témoignages anonymes et indirects, il propose une autre lecture des évènements.

 

Photo Daryl HannahElle Driver

 

« C’était une idée d’Uma. Juste placer la chaîne autour de son cou, et l’étrangler. Pas une éternité, pas pendant un long moment. Sinon ça n’aurait pas bien rendu. On peut jouer l’étranglement, mais si vous voulez un visage pourpre et des larmes qui coulent, alors vous devez pratiquer un étranglement.”

De même, Quentin Tarantino revient sur le récit de tournage dévoilant qu’il aurait craché sur Thurman, lors du tournage de la scène l’opposant à Michael Madsen.

« J’ai demandé à Uma. Je lui ai dit qu’il fallait que ce soit moi. Je n’aurai besoin que de deux prises, trois au maximum. Mais je ne peux me résoudre à ce que tu te retrouves là, par terre, à te faire cracher dessus interminablement, parce que quelqu’un se loupe. En fait, c’est compliqué de cracher sur quelqu’un.

 

Photo Uma ThurmanUma Thurman

 

J’adore Michael Madsen, c’est un acteur incroyable, mais je ne pouvais pas compter sur lui pour quelque chose d’aussi complexe. L’idée c’est donc, je m’en occupe, je prends cette responsabilité. Et puis, je suis le directeur, je connais la direction artistique que je veux donner à ce crachat. Je sais où il doit arriver. Je suis juste à côté de la caméra. Alors, boom ! Je le fais. Maintenant, si je me plante et rate mon coup plusieurs fois, si on a besoin de plus de trois prises et qu’elle ne veut pas continuer, et bien c’est de mon fait.

Franchement si je demande à un acteur, un machiniste ou un cascadeur « Hey Charlie tu peux cracher sur le visage d’Uma pour ce plan ? » Charlie va être tellement intimidé que la première prise, il va la foirer. Et il sera probablement encore intimidé lors de la deuxième, voire la troisième, et peut-être que lors de la quatrième, ou la cinquième, il pourra se ressaisir. Au lieu de cela, nous avons fait nos trois prises, et Uma m’a dit que si j’avais vraiment eu besoin d’en faire une quatrième, elle aurait été partante. »

Quentin Tarantino revient également longuement sur la culpabilité et la colère qui l’ont rongé après sa compagne Mira Sorvino, puis Uma Thurman, ainsi que sur sa « complaisance » à l’égard de Harvey Weinstein. Un entretien important, qui met en lumière la complexité des problématiques amplifiées et soulevées par le témoignage d’Uma Thurman, recommandé aux anglophones.

 

Kill BillQuentin Tarantino

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire