Critique : Good morning England

Jean-Noël Nicolau | 30 avril 2009
Jean-Noël Nicolau | 30 avril 2009

Les années 60 british, pop et rock, kitsch et insouciantes sont une période prompte à créer les fantasmes les plus délirants. The Boat that rocked (titre VO assez intraduisible) navigue sur ces eaux cool avec une désinvolture qui en laissera certains sur le quai. Il vaut mieux l'annoncer d'emblée, si vous n'aimez pas l'univers évoqué et si vous n'avez pas une certaine bienveillance pour les acteurs présents au casting (Bill Nighy et Philip Seymour Hoffman en tête), vous pouvez sagement passer votre chemin, sous peine d'avoir l'impression que tout ce petit monde s'éclate à fond... mais sans vous.

 

Pour les autres, c'est peut-être le film le plus réjouissant de ce printemps. Dans la même veine chorale (mais en huis-clos) que Love actually, Richard Curtis dessine une galerie de personnages extrêmement attachants, liés par une même passion pour la liberté et la musique populaire.  Le charme de l'œuvre repose ainsi entre les interprètes (tous fantastiques, même si en concours de cabotinage pleinement assumé) et le choix des chansons (tous les tubes sont là).

 

Richard Curtis joue sur l'image iconique et les clichés, sa mise en scène oscillant entre la carte postale impeccable et des passages franchement indigents. A l'instar du scénario, qui n'est jamais loin du film à sketches, la réalisation tangue, entre le coup de génie et la laideur. Le résultat est forcément inégal mais gagne l'adhésion par sa générosité. Et malgré un étonnant final qui tire sur la corde dramatique avec un peu trop d'insistance, Good morning England joue surtout la carte de la déconne et du bonheur simple.  On en ressort heureux et les oreilles aux anges.

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