••• Revue de presse cannoise : Noe, Gilliam, Haneke


23 mai 2009 Par Vincent Julé


Après Inglourious Basterds et Antichrist, les trois derniers mastodontes de la semaine sont passés sur le gril de la presse cannoise, française et internationale. Et bien sûr, ils ne sont jamais d'accord, ce serait pas Cannes sinon.

 

A propos de Soudain le vide

 

Sur le Twitter de MenStyle.fr : « Soudain le bide ? Enter the void est un film bête, mais pas con (comme Irréversible). Bête au sens flaubertien, degré zéro de l'écriture. C'est vraiment un film de gros bébé, d'un type de 35 ans qui rêve de redevenir un fœtus. Très bête, donc, mais touchant.

 

Le Point : « Noé, via divers vrombissements et clignotements, tente bien de nous entraîner dans son trip sous acide. Certains trouveront cela virtuose, hélas, Noé n'a pas grand-chose à dire et à raconter. (...) Ses personnages ne font rien, ne ressentent rien pendant 2 h 30. C'est long, très long. »

 

Le J.D.D. : « Soudain le vide est un OVNI cinématographique dont le final est une longue et extraordinaire scène de transe, dans un Love Hotel fantasmé, happening formel d'un film aussi fumeux qu'emprunt de génie. »

 

Sur le Twitter de Thierry Chèze de Studio Cinélive : « Enter the void de Gaspard Noe est... 2 heures trop long sur 2h45. Et en plus se fait voler la Palme de la provoc' par Lars von Trier. »

 

Le Monde : « Ceux qui se souviennent d'Irréversible (et Irréversible est un film dont on se souvient, dans mon cas parce que je l'ai détesté) auront une idée d'Enter The Void. Il faut imaginer le film précédent distordu par tous les psychotropes de synthèse disponibles sur le marché. Il y a des femmes enceintes, des boîtes louches, des paroxysmes de violence, un homosexuel très méchant, et Tokyo a remplacé Paris. »

 

The Hollywood Reporter : « Avec Enter the void, Noe prouve malheureusement que, tout en restant provocateur et conscient de l'être, il a aussi cédé à tous ses propos infondés sur son soi-disant génie. »

 

 

soudain le vide

 

 

A propos L'Imaginarium du Docteur Parnassus

 

20 minutes : « Terry Gilliam retrouve son inspiration magique. L'imagination est reine dans cette œuvre d'une ahurissante richesse visuelle qui est une réflexion sur la notion de choix. Les acteurs sont épatants et le remplacement d'Heath Ledger par ses trois compères passe comme une lettre à la poste. Maître Terry est de retour dans ce film féerique qui revisite son œuvre des Monty Python à Muchausen en passant par Brazil. »

 

Télérama : « Le film est loin d'égaler les meilleurs Gilliam - qui sont Brazil et L'Armée des douze singes -, il souffre du « syndrome Munchausen » (du nom d'un précédent film du cinéaste, pas de la pathologie), soit un récit qu'affaiblit une fuite sans bornes dans l'imaginaire - imaginaire qui n'est pas toujours esthétiquement très convaincant. Mais cet Imaginarium, ce capharnaüm diront certains, possède un vrai charme mélancolique - et pas seulement porté par Ledger... »

 

The Hollywood Reporter : « Toutes ses stars réunies devraient permettre à Terry Gilliam de faire un retour gagnant au box-office, mais le film n'est ni assez intelligent, ni assez grotesque pour devenir un classique. (...) [Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell] venus à la rescousse de Gilliam font des apparitions amusantes, mais il est difficile de ne pas se demander à quel point le film aurait été meilleur avec la performance entière du charismatique et aventureux Heath Ledger. »

 

Variety : « Avec une présence à l'écran de Heath Ledger plus importante que prévue, le film possède une forte curiosité, décuplée par un sens de l'action et d'excellents effets visuels. »

 

imaginarium

 

 

A propos du Ruban blanc

 

20 minutes : « Michael Haneke se révèle en grande forme avec cette chronique où il étudie en entomologiste la vie d'un petit village qui ignore que la guerre menace. Son approche glaciale de ses personnages comme son sens du hors champ sont d'une efficacité redoutable pour mettre le spectateur mal à l'aise. »

 

Les Inrocks : « C'est épuré, intense, cruel, ça traite du même genre de sujets que le LVT [Lars Von Trier] mais avec tellement moins de complaisance ou d'effets chocs, tellement plus d'intelligence et de sobriété. Film aiguisé et tranchant comme une lame, Le Ruban blanc est une superbe surprise. »

 

L'Express : « Noir et blanc, 2 h 24, mise en scène économe, sèche et brillante, tension dramatique extrême. Je suis encore impressionné par tant de maîtrise. Haneke filme les germes de nazisme et ausculte la façon dont la bête immonde a poussé le terre d'un pays gangrené par l'intolérance, le rigorisme, la violence. Beau film, si je peux dire. »

 

Le Monde : « C'est dans un noir et blanc splendide que se déroule ce film impressionnant et implacable. On le situe quelque part dans la lignée du Losey des Damnés, ou de La Nuit du chasseur de Laughton, à cause de la figure maléfique du prédicateur. D'un Clouzot. D'un Bergman naturellement, tant planent la hantise du péché et une sexualité mortifère. »

 

Ruban blanc

 

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La Rédaction23/05/2009 11:35 par La Rédaction

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