Retour vers le futur
Contrairement aux saisons précédentes qui s’appliquaient à systématiquement reprendre le cours de l’action d’un final à l’autre, une ellipse de plusieurs années sépare ici les évènements de la saison 3 et l’ouverture de la quatrième. Si les derniers épisodes en date n’ont pas exactement brillé par leur adresse ou leur originalité, le cliffhanger sur lequel s’est achevée la salve laissait pour sa part entrevoir quelques perspectives engageantes.
Suite à une énième tentative de prévenir l’apocalypse (leitmotiv rébarbatif duquel il aurait été judicieux de se détacher un jour, mais passons), l’atypique fratrie Hargreeves s’est retrouvée projetée une fois de plus dans les affres d’une réalité alternative. Mais plutôt que d’y faire la rencontre inopinée d’un conglomérat d’alter ego passablement insignifiants, les personnages ont cette fois-ci eu la mauvaise surprise de se découvrir dépossédés de leurs habilités surhumaines.

De toute évidence, l’idée n’a rien de particulièrement révolutionnaire, et a par ailleurs été employée à de multiples reprises par le genre. Néanmoins, dépouiller ces joyeux lurons d’attributs ayant jusque là définis, voire, régis leur caractérisation laissait enfin augurer une divergence narrative bienvenue — c’est qu’après trois saisons à tourner vainement autour des mêmes enjeux, la proposition commençait à sérieusement tourner à vide.
Un bref coup d’oeil à l’exploitation plus qu’insipide de la susmentionnée Sparrow Academy suffisait à prouver l’inaptitude de la série à évacuer sa zone de confort pour mieux se renouveler. Ainsi, plutôt que d’assumer l’idée et d’en exploiter le concept jusqu’au bout, cette nouvelle saison ne tarde guère à effectuer un rétropédalage penaud, et rend promptement leurs pouvoirs à ses personnages dès le premier épisode.

Pour 100 balles et un mars
Peut-être l’engagement écologique du jeune Aidan Gallagher (toujours excellent dans le rôle du cynique Five) a poussé les producteurs et scénaristes à emprunter eux aussi des gestes durables. Malheureusement, si le recyclage est effectivement une idée plutôt louable au quotidien, il serait fort appréciable de ne pas trop en abuser en salle d’écriture.
Après non pas deux, mais bien trois saisons passées à réemployer la fin du monde comme moteur principal, voilà qu’un nouveau cataclysme menace à nouveau d’éradiquer l’univers pour de bon (anéantissant au passage tout espoir malavisé d’observer un jour une quelconque versatilité narrative).

Le constat est affligeant, certes. Mais d’un autre côté, une telle propension à réemployer ad nauseam les mêmes trames dramatiques aurait pu, dans un monde idéal, conférer à la série une forme de pérennité. Que nenni ! Après tout, pourquoi se contenter d’être médiocre et de ne faire les choses qu’à moitié, si l’on peut pousser le vice jusqu’à l’indigence ? Aussi, l’unique constante dont profite la série repose sur son incroyable incapacité à ne jamais respecter son propre canon.
Puisqu’il semble inutile de palabrer plus que de raison sur la question, autant aller droit au but : cette nouvelle saison est un sommet d’incohérence digne d’une production CW. Peut-être un public particulièrement conciliant sera enclin à souligner que Steve Blackman et compagnie daignent enfin apporter quelques éléments de réponses aux divers mystères dont l’intrigue était pétrie — les plus significatifs étant bien entendu les circonstances relatives au décès de Ben, l’origine des pouvoirs dont jouissent les protagonistes, ou encore, l’identité nébuleuse du patriarche Reginald Hargreeves.

Malheureusement pour le spectateur, ces différentes résolutions tombent désespérément à plat, trop pauvrement réalisées pour réellement susciter la gratification. Et si ce bâclage en règle ne suffisait pas à rebuter les plus résilients, la saison en elle-même devrait s’en charger assez aisément.
Contrairement à ses trois prédécesseures — lesquelles profitaient chacune d’une dizaine d’épisodes —, cette nouvelle salve s’est vue passablement amputer dans sa longueur. Mais malgré cela, le rythme avec lequel se déroule péniblement chaque nouvelle péripétie confère à l’ensemble une pesanteur difficilement supportable.

Par souci de préserver l’éventuel téméraire qui aurait envie de découvrir la chose, on s’abstiendra de trop entrer dans le détail. Disons simplement que les scénaristes, manifestement en mal d’inspiration, ont jugé plus utile de multiplier les raccourcis narratifs et autres deus ex machina pour mener le récit à son terminus, que d’élaborer une histoire un tant soit peu engageante.
Le cas échéant, il aurait éventuellement été possible de s’acquitter de tout cet étalage de faiblesse scénaristique, mais là encore : toujours pas. Non seulement le concept est plus bancal que le sourire d’Emmanuel Macron lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, mais son exécution joue plus souvent les arlésiennes qu’autre chose.

« Mais t’es où ? Pas là, mais t’es pas là, mais t’es où ? »
Ce n’est guère pour son apport au paysage sériel que le spectateur rempile à chaque nouvelle saison. Non, c’est plutôt qu’en 2019, les premiers épisodes ont fort habilement assuré l’attachement des abonnés Netflix à la petite bande Parapluie.
On en conviendra, certains sont plus aimables que leurs consorts. Néanmoins, les interprétations toujours savamment maîtrisées des différents comédiens ont toujours suffi à combler la plupart des manquements scénaristiques. Ce postulat à l’esprit, ces nouveaux épisodes surprennent par leur incroyable capacité à jeter la caractérisation de ses héros par la fenêtre.

Certes, le travail avait été bien entamé lors de la saison précédente, laquelle réduisait notamment les personnages d’Allison et Ben à de vulgaires antagonistes cabotins. Si ces déconvenues étaient déjà fâcheuses en 2022, elles sont ici poussées à leur paroxysme tant la série s’est appliquée à diligemment trucider chacun de ses protagonistes.
Il y a quelque chose de foncièrement irritant à voir ce parterre de comédiens embourbés jusqu’au cou dans un amas de scènes aussi calamiteuses (allez, sans contexte aucun, la réplique « pour moi, on est censé être ensemble ; moi avec mes tentacules, toi le miracle sorti d’un calmar » existe, et le pire, c’est qu’elle est à prendre au premier degré). Même le personnage de Five, lequel avait été relativement épargné jusque là, se retrouve aux prises d’un arc narratif plus que douteux… pour le dire poliment.

Le fait est qu’avec une écriture pareille, même les meilleures partitions des différents interprètes n’ont guère le loisir de briller à leur juste valeur. Plus qu’une certaine frustration, c’est surtout un sentiment d’aigreur que suscitent ces nouveaux épisodes ; pas tant pour leur qualité très approximative que par leur finalité. Aussi, la note sur laquelle s’achève la série (que l’on ne commentera pas, même si ce n’est pas l’envie qui manque) laisse un goût particulièrement amer dans la bouche de ses amateurs rescapés.
La saison précédente s’était pourtant attachée à poser la barre à même le sol ; mais contre toute attente, Umbrella Academy est parvenue à se saisir d’une pelle et creuser par dessous.
Umbrella Academy saison 4 est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 8 août 2024 en France

Et bien j’ai trouvé cette saison très bonne au contraire.
Faire moins d’épisodes a permis d’avoir un bien meilleur rythme que les précédentes saisons, qui ont toutes eu des problèmes à ce niveau, y compris la première. Pour autant elle réussit à garder l’identité de la série : améliorer tout en conservant… ce n’est pas si facile, et ça a été fait.
Concernant la répétition des apocalypses, c’est exactement le propos de cette saison, et donc… ça aurait marché en 3 saisons : une pour la surprise, une pour la répétition, une pour dire que toute la problématique c’est la répétition. Avec 4 saisons il y en a une de trop, mais du coup pas celle-ci.
Je dirais là-dessus qu’il y a un problème d’écriture, mais pas dans la réplique, mais dans le fait que la « coîncidence » est si grande et si peu expliquée, qu’on se la dit soit-même dans sa tête. Elle existe parce qu’elle soulage notre besoin d’expliciter un dysfonctionnement du scénario. Ben a des tentacules, ok, pourquoi pas, c’est random comme les pouvoir des autres. Jen sort d’un calmar… pourquoi ? comment ? non seulement une telle coïncidence saute aux yeux et mériterait une explication, mais en plus toutes les explications qu’on nous donne vont plutôt dans le sens que cette coïncidence n’a pas de raison d’être : le durango étant lié au marigold, mais pas du tout spécifiquement à Ben. Ou alors… il y a un éléphant dans la pièce : Ben et Jen sont asiatique tous les deux, et les biais américains font que des personnages d’une ethnie un poil proche sont forcément vous à se rapprocher ? Bon… Lila et Diego sont plutôt latino et indien, mais du coup je suspecte la série hein : elle les a rapprochés parce qu’ils ont un peu la même couleur de peau ? Franchement le rapprochement immédiat et cosmiques enter les deux seuls personnages joués par des acteurs un peu asiatiques à première vue, ça me rend suspect envers les intentions de la série. Bref, la réplique existe, et en fait elle soulage, parce qu’il n’y a aucune résolution aux questions qu’on peut se poser, et que ça gêne : mieux vaut le dire.
Five ne m’a pas semblé si ennuyeux que ça. Sans doute que 5, 6 et Lila sont un peu mieux interprétés que les autres personnages. La série pointe tout le temps et beaucoup trop le côté dysfonctionnel de cette famille. En réalité il s’agit d’un artifice pour éviter des vrais dialogues et conversations entre les protagonistes. Ce n’est pas vraiment une nouveauté dans la fiction télévisuelle, et je me demande dans quelle mesure ça n’a pas d’impact dans la capacité des gens, acculturés de manière tout à fait normale et légitime par la fiction, à gérer leurs conflits : il s’agit de mettre en place des tensions interpersonnelles à peu de frais, en évitant soigneusement d’y mettre le moindre enjeu politique ou raisonnable (liés à des conflits d’intérêts parfois objectifs et matériels, ce n’est pas forcément des délires), et de les conserver pour nous donner l’impression qu’il y a quelque chose dont on attendrait une résolution. La série, comme d’autres mais dans celle-ci c’est un peu trop visilbe, multiplie les faux dialogues et répliques vides mais énervées, les situations de faux échanges, et ça finit par fatiguer. On aimerait qu’il y ait des adultes un peu… même si parfois il y en a dans cette saison, à des moment où la série en est tellement fière qu’elle le dit elle-même « ah, voilà un adulte ».. oui, bon, ce n’est pas un exploit.
Cette saison, au final, est peut-être la meilleure de toutes. La première mettait en place un univers intéressant et des personnages attachant, et fonctionnait beaucoup sur la surprise. Mais la série, en son entier, n’est-elle pas un peu surcotée ? Cette saison, finale, représenterait éventuellement la déception de la série… mais franchement, je l’ai suivie avec plaisir, et avec un plaisir relativement constant au fil des épisodes.
Finalement regarder et moins pire que je pensais , mais je m’attendais à rien c peux être pour cela
Moi j’aime la série mais cette saison est bâclé, ils étaient pressé d’en finir et ça c’est vu,. Dommage.
J’ai peur pour Stranger Things. Quand elle sera diffusé dans 8 ans…
Dernière épisode d’une déception terrible vraiment.
Je vais regarder pour finir la série mais ça fait peur tous ces mauvais retours surtout après une mauvaise saison 3 !
l’acting pour certains surtout Eliot page est très bancale, il était beaucoup plus convaincant dans les 2 premières saisons
La saison est a chier. Mais rien a voir avec ton commentaire de merdz qyi n’apporte rien
Je trouve que c’est une comme si on était dans un univers parallèle et que cette série montrait tout ce que la Doom Patrol aurait pu louper (non pas qu’elle fut parfaite loin de là..)
Enormément de choses en commun pour ces 2 séries commencé la même année, des équipes de super looser avec une grosse « dady issue » et des adversaires loufoques, … sauf qu’une a plutôt réussi à tenir le cap, quand l’autre s’est effondrée dès la 2e saison..
Je ne peux qu’approuver cette critique.
Ayant bien aimé la première saison, avec ses folies, ses idées, ses personnages, je n’ai pu que constater la difficile descente aux enfers de cette série.
Et c’ est d’autant plus dommage que les personnages -du moins certains- possèdent un quota sympathique non négligeable et méritent une meilleure écriture.
J’apprécie Eliot Page, très sous-exploité, et peu présent au cinéma depuis sa transition.
Mais la star du show reste évidement numéro 5, malgré son arc aussi inutile que maladroit.
Bref, un gros gâchis.
Qu’est ce que ça peut te faire de voir un acteur qui se sent mieux dans sa peau ? Y a plein autres séries pour les fachos, tu devrais tenter 🙂