L'oublié : Les Ruines, le film d'horreur diabolique que vous avez peut-être raté

Geoffrey Crété | 14 août 2016 - MAJ : 27/03/2020 13:11
Geoffrey Crété | 14 août 2016 - MAJ : 27/03/2020 13:11

Parce que le cinéma est un univers à géométrie variable, soumis aux modes et à la mauvaise foi, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, se pose en sauveur de la cinéphilie avec un nouveau rendez-vous. Le but : sauver des abîmes un film oublié, mésestimé, amoché par la critique, le public, ou les deux à sa sortie. 

 

Affiche

 

"C'est étonnant, cruel, et très noir" (Mad Movies)

"Une violence hyperréaliste assez étonnante" (Le Monde)

"Un jeu de massacre assez typique du film d'horreur à l'américaine" (Télérama)

"Une série B horrifique nerveuse et souvent éprouvante, ni plus, ni moins" (L'Ecran fantastique)

"Huis clos parano, survival, intense, thriller viscéral, fable écolo, Les Ruines assure sur tous ces tableaux" (Première)

 

 

LE RESUME EXPRESS

Vacances au Mexique pour Amy, Stacy, et leurs copains respectifs Jeff et Eric. La veille de leur départ, après avoir uniquement profité de la plage et la piscine de l'hôtel, ils se laissent tenter par l'invitation de Mathias, rencontré par hasard : aller visiter les ruines d'un temple hors du circuit touristique, où il veut rejoindre son frère et sa copine.

Le groupe découvre une ruine recouverte de vignes. Un groupe de villageois locaux leur tombe dessus alors qu'ils s'en approchent. Quand Amy marche innocemment sur les vignes, ils tuent un ami de Mathias.

Les touristes se refugient au sommet des ruines tandis les villageois armés se postent tout autour d'eux. Ils entendent une sonnerie de téléphone sortant d'un puit : Mathias descend mais la corde rompt et il se brise le dos. Paniquée, Amy tente de discuter avec les villageois, et lorsqu'elle jette un morceau de vigne qui touche un enfant, celui-ci est immédiatement tué. Conclusion : la vigne est la cause de ce cauchemar.

Après une première nuit, les jambes de Mathias, paralysé, ont été rongées par les vignes, qui se sont également infiltrées dans la jambe écorchée de Stacy.

Amy et Stacy redescendent pour trouver le téléphone. Elles ne trouvent qu'un cadavre et réalisent que les fleurs des vignes imitent la sonnerie, avant de tenter de les attraper. A la surface, les plantes tuent Mathias.

Le lendemain, Stacy, qui sent les vignes bouger en elle, décide de les retirer une par une avec un couteau. Elle finit par poignarder Eric. Désespérée, elle implore ses amis de la tuer.

Amy et Jeff élaborent un ultime plan : il la recouvre de sang et la pose face aux villageois, avant de faire diversion pour lui permettre de s'échapper. Il est tué, et Amy finit par rejoindre la voiture pour s'enfuir.

FIN OFFICIELLE : Amy s'échappe, et le film se termine sur les amis de Dimitri qui arrivent aux abords du temple pour le retrouver.

FIN VERSION UNRATED : Amy s'échappe, mais la vigne apparaît sur son visage.

FIN ALTERNATIVE : Suite à la fin unrated, le film se termine dans un cimetière, sur la tombe d'Amy. Le gardien qui chantonne entend la mélodie près de la tombe, où poussent les fleurs rouges des vignes. Il s'approche pour en cueillir une.

 

photo

 

LES COULISSES 

A l'origine, il y a le roman The Ruins de Scott Smith, auteur du livre Un plan simple adapté par Sam Raimi, dont il a également signé l'adaptation. Avant même qu'il ne soit publié, Red Hour Productions, la société de production de Ben Stiller (lui-même ami avec Smith), achète les droits après lecture du pitch.

Smith explique : "Ils m'ont dit qu'ils voulaient que j'écrire le scénario. Donc pendant que j'écrivais le dernier tiers du livre, je savais que j'allais devoir l'adapter en film". De nombreux éléments sont d'ailleurs changés : le temple était une colline recouverte de vignes, Eric est envahi par les plantes au lieu de Stacy, les fleurs répètent les mots des personnages pour les rendre fous après qu'une dispute ait éclaté. Stacy est la dernière survivante, et finit par se trancher les veines sur le chemin qui mène à la colline, pour avertir quiconque viendrait dans cette direction. Une fois qu'elle est morte, les vignes cachent son cadavre. L'histoire se terminait sur l'arrivée de nouveaux touristes, comme dans la fin officielle du film.

Remarqué à Sundance avec un court-métrage d'horreur, Carter Smith est engagé pour réaliser Les Ruines. Avec une mission : rendre plausible et réel l'idée d'une plante qui s'infiltre dans le corps humain. Avec Jena Malone, découverte dans Donnie Darko et vue depuis dans Into the Wild, Sucker PunchHunger Games ou encore The Neon Demon.

 

LE BOX-OFFICE

Succès. Le film coûte officiellement 8 millions et en rapporte 22, principalement aux USA.

 

 

photo, Jena Malone

  

LE MEILLEUR

Les Ruines est le prototype du petit film d'horreur parfait : simple, honnête, cruel et sans détour, avec une variation plutôt traumatisante du cauchemar exotique. Un peu faible sur le papier, cette histoire de vigne diabolique se révèle ainsi terrifiante, notamment parce qu'elle prend la forme d'un parasite qui s'immisce dans le corps des victimes, les ronge physiquement et psychologiquement.

Toute la réussite du film repose sur cette capacité à transformer une vulgaire plante en monstre rampant qui dépasse l'entendement. Même lorsqu'il filtre avec le ridicule, avec ces fleurs capables de rire et imiter une sonnerie de téléphone, Les Ruines reste un solide film d'angoisse sous forme de huis clos.

Le film s'amuse même beaucoup en prenant la forme d'une fable sanglante sur la bêtise du tourisme moderne, en punissant des Américains qui préfèrent la piscine à la culture, et ne s'intéressent à une visite de temple que parce qu'elle est censée être secrète. Amy tombe d'ailleurs dans le piège des vignes parce qu'elle s'obstine à vouloir photographier les autochtones, dans un typique geste de touriste sous son chapeau de paille. Et lorsque Jeff s'exclame "Quatre Américains en vacances, ça peut pas juste disparaître !", alors que le groupe est tué par de pauvres plantes, il devient clair que le film s'amuse avec ces innocents occidentaux perdus en territoire inconnu, dans les recoins diaboliques d'une culture étrangère.

Sans compter que Carter Smith ne ménage personne et ne lésine pas sur l'hémoglobine, notamment dans une version unrated qui offre une belle quantité de plans absolument immondes.

 

photo, Jonathan Tucker

 

LE PIRE

Rien de mauvais dans Les Ruines, qui obéit aux règles du genre. Aucune originalité folle donc dans la formule, le film se contentant d'exister dans le cadre rigide du film d'horreur.

A condition d'accepter la simplicité de l'exercice, le film n'offre que du bon. A défaut d'une réinvention du genre.

Reste que les fins alternatives demeurent bien plus fidèles à l'esprit de l'histoire, en évacuant toute possibilité de happy end pour le personnage d'Amy.

 

 

FIN ALTERNATIVE 

 


 

RETROUVEZ L'INTEGRALITE DES MAL-AIMES DANS NOTRE RAYON NOSTALGIE

 

commentaires

ben
27/03/2020 à 12:56

Un des meilleurs films d'horreur que j'aie vu. Il n'est pas inconnu des connaisseurs.

Mechanyk
17/08/2016 à 11:08

@galetas

Si, ça trompe. Sinon, on pourrait affirmer que tous les réalisateurs qui travaillent sont les meilleurs. Logique absurde dans une industrie comme ça.

Et le réal pour info n'a pas disparu. Il a fait Jamie Marks is Dead, qui a fait son petit effet. Il a simplement choisi de ne pas continuer dans les productions mainstream.

galetas
16/08/2016 à 19:52

Tellement faible à tous les niveaux face au bouquin d'origine.
Ce réalisateur débutant a toute façon disparu de la circulation après; un signe qui ne trompe pas.

Lumière !
14/08/2016 à 15:03

Vous auriez pu mentionner la très belle photo assurée par notre Darius konhdji national, le meme qui a si bien servi Jeunet

west666
14/08/2016 à 12:40

Perso j'avais adoré je l'ai toujours conseil essaye de voir la version unrated beaucoup plus gore.

Coco
14/08/2016 à 12:15

Excellent film en termes d'efficacité
Très bon souvenir
Je vais essayer de trouver cette version unrated

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