Critique : Hollywoo

Simon Riaux | 7 décembre 2011
Simon Riaux | 7 décembre 2011
La comédie étant depuis belle lurette la tête de gondole commerciale du cinéma français, on ne s'étonne pas de voir les professionnels de la marrade se précipiter sur nos écrans. Une mode continue qui n'est pas prêt de cesser, au vu du succès phénoménal (et mérité) d'Intouchables. Hélas, les paquebots du rire à la française comptent plus de naufrages que d'abordages réussis, étant entendu que nos comiques nationaux sont souvent à l'humour ce que les pétroliers sont à l'écologie, voici venue la marée noire de la semaine.

Premier problème, et de taille, Hollywoo ne fait pas rire. Jamais. La faute à une absence de rythme qui écrase jusqu'aux rares gags réussis, mais si le découpage et le montage sont d'une paresse affligeante, ils ne sont pas les seuls à blâmer. Réunir Florence Foresti et Jamel Debbouze (que l'on goûte ou non leur inoffensif humour) promettaient au moins une belle énergie. Las, les deux comédiens ne sont que rarement ensemble, et se contentent de jouer chacun de leur côté une enfilade de saynètes, reprenant parfois à la réplique près leurs anciens sketchs. Un manque d'originalité qui leur sied mal, et ampoule leur jeu, à tel point qu'on finit par regarder les deux malheureux cachetonner avec embarras. Rien ne nous sera épargné, pas même un ersatz de love story boiteuse.

Hollywoo se déroule au beau milieu de la Mecque du septième art, comme son titre l'indique, et affiche avec une joie crasse le suivisme d'un pays qui ne rêve plus désormais que de régurgiter les poncifs mainstream venus d'Outre-Atlantique. Nos deux français ne sortiront donc jamais de leur case de gentils idiots, sidérés et ahuris par tout ceux qu'ils croisent, babillant un anglais qui ferait honte à un collégien dyslexique. Découle de là un concept aussi stupide que rédhibitoire, Debbouze et Foresti répétant systématiquement leur texte dans un argot franco-anglais, avant de se traduire, par égard sans doute pour leur interlocuteur et la langue de Shakespeare. On pardonne mal au film de traiter son public avec autant de condescendance et de mépris opportuniste.

On le comprendra aisément au vu des heures noires qu'annonce la situation économique, le public a envie et besoin de rire, de s'évader. On lui recommandera donc de (re)voir Intouchables, et de passer ici son chemin, plutôt que d'engraisser ceux qui si complaisamment se moquent de lui, sans même avoir le courage de présenter le fruit de leur “travail“ à la presse.

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commentaires

Matrix
12/02/2019 à 07:13

Encore un Ignoble journaleux en service commandé

Unknown
21/03/2015 à 04:29

J'ai juste envie de dire que c'est un film à propos d'un rêve, sans forcément parler du centre-ville mondial du cinéma, mais qui montre une voix perdue dans un univers artistique très difficile. Il ne faut pas se centrer sur la dimension superficielle d'une critique saturée de mots savants qui ne sont là que pour anéantir tout un travail gratuitement. Je n'ai peut-être pas toute l'éloquence ni le vocabulaire de crtitiques qui n'ont que faire d'aboyer sur un travail qui ne fait peut être pas rire, mais qui apaise et nous fait voir Foresti sous un jour nouveau. Epargnez les films qui n'ont peut-être pas la même valeur cinématographique qu'Intouchables puisque l'exemple est évoqué, mais que les gens aiment et voient le film, je pense, d'une manière que vous, critiques qui alambiquent leurs propos sans aucune mesure pour au final dire qu'une comédie ne vaut pas la peine d'être vue si elle ne fait pas rire, ne connaissez pas. La comédie est un genre libre, ne la catégorisez pas. Alors pour Hollywoo, je dis oui, oui pour une oeuvre sans prétention, et aussi oui pour que les propos insensés de critiques présomptueux arrêtent de nous abasourdir.

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