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Critique
C'est seulement 5 ans après le Hulk de Ang Lee que la Marvel riposte avec l'échec (relatif) du film par un reboot
en bonne et due forme des aventures du géant vert. Un nouveau départ,
qui commence pourtant exactement là où on avait laissé Eric Bana...
Louis Leterrier, réalisateur expatrié des Transporteur,
reprend ici la main en compagnie de Edward Norton, casté pour le rôle
principal et visiblement impliqué au point de réviser le scénario, et
de dernièrement batailler contre le studio pour imposer sa version des
faits : un acharnement qui fait plaisir.
C'est sous l'impulsion conjointe de tous ces acteurs que l'histoire
retrouve ses sources : celle d'un homme traqué en permanence, forcé de
tout quitter et de vivre en compagnie d'une dangereuse entité dont il ne
peut se débarrasser. L'accident à la base de tout, d'ailleurs traité
en inserts lors du générique, importe finalement moins que le reste du
développement poussant le scientifique Bruce Banner à retourner sur les
lieux du crime après un exil forcé. L'occasion de tirer profit d'un
scénario schématique en y appliquant méthodiquement toutes les
constantes du personnage, entre tiraillements et amère résignation et où les proches (Betty et le général Ross) et la sauvagerie primaire héritée de son double auront irrémédiablement façonné son identité.
Une sauvagerie d'ailleurs différente ici, représentée par un Hulk plus massif et furax que précédemment, puisque particulièrement bourrin dès qu'on le titille d'un peu trop de la roquette : À défaut d'être réellement originale, les quelques scènes spectaculaires du film ont de quoi passablement impressionner par leur coté brut et violent, comme pourra en témoigner le gamin en pleurs dans la salle à la suite d'une des très explicites transformations du monstre. Il est d'ailleurs intéressant de constater comme on nous ménage la première apparition du colosse (par un montage adéquat), ainsi que la relation ambiguë entre deux des personnages principaux, et ce, quand bien même le souvenir du premier film reste assez vivace.
Si on savait Louis Leterrier enclin à faire dans la destruction
massive convenant bien à Hulk (et offrant quelques moments
particulièrement sauvages), on imaginait par contre mal une gestion
correcte de son casting 4 étoiles : Surprise ! Edward Norton est au final habité, Liv Tyler est touchante de
naïveté en amoureuse transie et Tim Roth a la dégaine qu'il faut du bad guy
revanchard. Même William Hurt, principal intéressé dans la bonne tenue
de la traque, est au final aussi hargneux que son double de comics,
parfois jusqu'à la caricature qui lui sied bien.
Second film produit par la filiale film de Marvel après Iron Man, L'incroyable Hulk profite aussi de la politique actuelle du studio
d'harmoniser ses licences. Après l'apparition de Nick Fury (Samuel L.
Jackson), big boss du S.H.I.E.L.D en scène post-générique de Iron Man,
Marvel pave la voie aux futurs projets en évoquant le sérum du super-soldat ayant crée
Captain America (prévu pour 2011), revisitant du même coup les origines
de l'Abomination, némésis de Hulk. Et attendez la scène clôturant le
film pour le reste des festivités...
Au final, L'incroyable Hulk gagne à reprendre la
structure princpale du show des années 70 (faire de Bruce Banner/Hulk
un fugitif), en s'éloignant des perspectives plus torturées de Ang Lee
par un retour à la bestialité et à l'apparente monstruosité de la
créature. Introduisant aussi des personnages du folklore du colosse de
jade en vue d'une probable suite, le film de Leterrier réussit à nous
prouver sa bonne tenue en nous offrant le divertissement escompté, sans
plus, ni moins.
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