Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde

Pirates of the Caribbean : At world's ends, États-Unis, 2007

Pirates des Caraïbes, jusqu'au
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Critique

Stéphane ArgentinStéphane Argentin 22 mai. 2007 Star Rating 5

Pirates des Caraïbes troisième du nom, où l’on reprend les mêmes et l’on rallonge la sauce, à savoir Jerry Bruckheimer qui va garnir encore davantage son compte en banque, Gore Verbinski qui s’essaye à quelques effets de mise en scène (des ralentis de plus ou moins bon goût « à la Matrix »), Johnny Depp qui cabotine à nouveau comme pas deux (il faut dire que le bougre est fichtrement doué dans cet exercice), mais aussi et surtout une fois de plus l’ensemble des intervenants artistiques (costumes, décors, maquillages…) et autres responsables des effets spéciaux de direct ou bien en 3D qui n’ont pas dû chômer. 

 

Moins sûr en revanche que le spectateur, lui, apprécie avec la même saveur la rallonge temporelle qui lui est infligée : près de 2h50 (contre 2h20 et 2h25 pour les deux premiers volets). Une prolongation too much que l’on doit aux deux co-scénaristes, Ted Elliott et Terry Rossio, bien décidés à ressortir de leur chapeau tous les personnages à grand renfort d’alliances, contre alliances et autres trahisons en tous genres où chacun des protagonistes pense voir midi à sa porte (à peu de chose près et toutes proportions gardées, on se croirait presque dans Oz !). Qu’importe que ceux-ci soient vivants, morts ou bien entre les deux mondes (d’où le titre de ce troisième volet, CQFD), les deux auteurs s’amusent à les faire passer de vie à trépas et vice-versa comme bon leur semble dans un grand fourre-tout général où les meilleures idées ne sont hélas pas toujours les mieux exploitées (le personnage interprété par Chow Yun-Fat n’apparaît guère plus de 30 minutes).

 

Au fil d’un ennui latent mais de plus en plus prégnant à mesure que les minutes s’égrainent, on espère donc, avec une certaine fébrilité, le feu d’artifice final tant attendu. Et ce gigantesque maelstrom de boulets de canon, de coups d’épée et autres numéros de haute voltige, ne déçoit aucunement durant 20 bonnes minutes non-stop. Ainsi présentée, cette déferlante semblait donc la parfaite conclusion à la trilogie flibustière de Jack Sparrow et sa bande de joyeux drilles, mais un épilogue post-générique laisse bel et bien sous-entendre la possibilité de futurs exploits. Si tel était le cas, espérons alors que la durée n’irait plus en croissant.

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