The Sinner : pourquoi la nouvelle série avec Jessica Biel est à ne pas rater

Mise à jour : 18/10/2017 18:26 - Créé : 4 août 2017 - Christophe Foltzer
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Il est marrant de constater comment la tendance s'est inversée en quelques années. Si l'on veut du programme de qualité, profond, audacieux et qui s'intéresse à de vraies questions humaines, on aura plutôt tendance à se tourner vers la télévision que vers le cinéma, trop étouffé par l'avalanche de super-héros.

Quand on a entendu parler pour la première fois de The Sinner, le premier réflexe que l'on ait eu fut de penser à The Secret de Pascal Laugier. Evidemment parce qu'il y a Jessica Biel dedans et parce qu'elle a l'air d'avoir encore de sérieux problèmes. Mais aussi parce que l'ambiance générale laissait planer une grosse ombre lourde et triste, dépressive et dramatique, ce qui n'était pas pour nous déplaire. Maintenant que nous en avons vu le premier épisode, on peut le dire haut et fort : ça n'a strictement rien à voir. Et c'est tant mieux. 

 

 

The Sinner pose son univers avec intelligence dès les premières scènes (passée l'ouverture obligatoirement intrigante) : Cora est employée dans l'entreprise familiale de son mari, ils ont un enfant, ils habitent à deux pas de ses beaux-parents, sa belle-mère s'occupe du bébé pendant la journée et le soir ils dînent tous ensemble. L'image typique d'une vie parfaite, une existence digne d'une vignette publicitaire, sauf qu'il y a un petit souci : Cora étouffe, est plus esclave de son quotidien qu'autre chose et file un mauvais coton. Lors d'une sortie aux abords d'un lac, c'est le pétage de plomb : Cora se saisit d'un couteau et tue un inconnu sauvagement. En charge de l'enquête, le détective Harry Ambrose sent bien qu'il y a quelque chose de plus grave dans cette histoire et va mener son enquête pour le découvrir.

 

Photo Bill Pullman

 

SOUS LES PAVES, LA RAGE

La télévision américaine a toujours eu cette grande capacité de sonder sa société et sa propre culture avec intransigeance pour en déterrer le caché, le honteux, le macabre et le révéler au grand jour et The Sinner n'y fait pas exception puisque dès son pilote nous comprenons que nous ne sommes pas là pour rigoler. Reprenant le postulat classique des ténèbres tapies sour le vernis normatif de la bienpensance sociétale, cet épisode nous permet surtout d'assister à un portrait de femme qui nous questionne sur le rôle de la mère, et donc de la femme, dans la société occidentale moderne. Face à la sécurité du couple et du cocon familial, que reste-t-il des ambitions de la personne ? Peut-on encore exister pour soi-même lorsque l'on a fait le choix de s'enfermer dans un cadre rassurant et lumineux ? Que reste-t-il de nos aspirations personnelles et de nos ambitions lorsque chaque jour ressemble au précédent et que l'on est même dépossédé du fruit de nos entrailles ? N'est-ce pas d'ailleurs le meilleur moment pour que nos démons ne se réveillent ? On le voit, The Sinner n'est pas exactement un épisode de Ma Famille d'abord.

 

Photo Jessica Biel

 

Evidemment, tout ceci n'est qu'une partie de l'univers mis en place et les zones d'ombre sont encore nombreuses. Le personnage de Cora semble issu d'un milieu extrêmement puritain et rigide, basé essentiellement sur la culpabilité judéo-chrétienne dans ce qu'elle a de plus crasse et sa famille d'aujourd'hui semble avoir été l'échappatoire nécessaire pour y survivre. On comprend dès lors que l'intrigue se révèlera plus tortueuse que le simple meurtre gratuit et émotionnel et ce pilote égraine déjà quelques pistes sacrément alléchantes pour la suite de son histoire.

 

Photo Jessica Biel

 

HYPNOTISANT ET SAUVAGE

Techniquement, The Sinner est très solide, dans son ambiance, sa mise en scène, ses quelques séquences oniriques, nous restons au plus près de Cora, nous entrons dans sa tête et l'empathie recherchée fonctionne du tonnerre. Mais cela ne serait pas possible sans une palette de comédiens au top de leur forme. Jessica Biel (également productrice) est saisissante, ne s'épargnant rien pour incarner Cora. On l'a rarement vu aussi meurtrie, névrosée, dépressive et perdue que dans The Sinner et elle nous prouve une nouvelle fois qu'elle est une grande comédienne quand le projet en vaut la peine. Bill Pullman, dans le rôle du détective Ambrose n'est pas en reste lui non plus puisqu'il nous gratifie d'une interprétation toute en zones d'ombres telle qu'il ne l'avait plus fait depuis fort longtemps. C'est bien simple, sans aller dans l'excès, on a parfois l'impression de retrouver le comédien de l'époque de Lost Highway.

 

Photo Jessica Biel

 

Que dire d'autre sur ce premier épisode sinon qu'il est très prometteur pour la suite de la série ? Prenant, tendu, intrigant et émouvant, il nous prend de la première seconde à son générique de fin et annonce une grande série. Pourtant, il devra composer avec quelques pièges. En effet, après un démarrage aussi flamboyant, la baisse de régime est possible dans la suite de la série mais on se dit que, comme elle ne comportera que 8 épisodes, ce format relativement court devrait l'empêcher de tomber bien bas. En tout cas, c'est tout ce que l'on espère. On vous conseille donc sans plus attendre de regarder The Sinner, une série qui s'annonce marquante et perturbante tout autant qu'hypnotisante. Et ça, ça n'arrive pas tous les jours. On croise les doigts pour que la suite se passe bien donc.

 

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction 04/08/2017 à 15:44

@Grift

Aucune info officielle à notre connaissance, même si effectivement ce serait logiquement SFR Play. On ne manquera pas de l'annoncer quand/si ça arrive !

Marty 04/08/2017 à 15:43

Ce sera diffusé sur SFR Play...

thehorde 04/08/2017 à 15:35

C'est très probable que ca passe sur Netflix ;)

Grift 04/08/2017 à 15:24

Bonjour,
Pouvez vous nous dire sur quoi est diffusée la série en France ?
Merci

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