Netfix tient-il son premier flop en puissance avec The Get Down, dont le budget a explosé ?

Geoffrey Crété | 21 octobre 2016
Geoffrey Crété | 21 octobre 2016

The Get Down, la superproduction de Netflix chapeautée par Baz Lurhmann, a coûté plus cher que prévu.

En 2016, Netflix a notamment brillé avec Daredevil saison 2, House of Cards saison 4, Narcos saison 2, Orange is the New Black saison 4, sans oublier l'incontournable Stranger Things, nouveauté de l'été devenue en quelques semaines un phénomène. Mais il y a aussi eu Marseille, énorme plaisanterie célébrée par le public et la critique française, ou encore l'intéressante Bloodline, qui n'aura droit qu'à une troisième et ultime saison.

Dans cette marée de séries, The Get Down est passée relativement inaperçue. La série créée par Baz Luhrmann et Stephen Adly Guirgis, qui suit un groupe d'adolescents dans le Bronx musical des années 70, était pourtant l'une des productions les plus ambitieuses de Netflix. Deadline révèle que le coût de la série a en plus explosé : annoncé à 11 millions, le coût de chaque épisode s'est envolé jusqu'à 16 millions. 

 

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Deadline explique que le budget de The Get Down a explosé à cause des effets spéciaux, des décors et des droits musicaux - l'une des raisons pour lequelles Vinyl produit par Martin Scorsese s'est révélée être hors de prix. La série a en plus été mise en pause plusieurs fois à cause de changement d'équipe et réécritures.

Sachant que Netflix a seulement diffusé les six premiers épisodes, Deadline affirme que la première saison de The Get Down coûtera au final près de 190 millions. C'est plus qu'Independence Day : Resurgence (165 millions) et Le Chasseur et la reine des neiges (115 millions), sortis cette année. C'est également plus que Westworld, la superproduction HBO de science-fiction avec un casting de premier ordre, qui aurait coûté une centaine de millions pour dix épisodes.

 

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Si Netflix a pour tradition de ne pas dévoiler les audiences officielles de ses séries, The Get Down n'a vraisemblablement pas été à la hauteur des ambitions et des coûts. Elle ne bénéficie pas d'un buzz positif côté critique, et a difficile franchi les frontières, comparée aux autres titres de leur catalogue. La série aurait néanmoins rencontré un succès dans la communauté afro-américaine et hispanique, et notamment chez les adolescents, selon Deadline.

The Get Down rappelle les méthodes de Netflix, de plus en plus questionnées. Le service de streaming qui s'est lancé dans la production de séries et films mise gros pour occuper le terrain face aux chaînes et aux studios hollywoodiens. The Crown, leur série sur Elizabeth II, aurait ainsi coûté plus de 150 millions, et un cachet de 20 millions a été négocié pour se payer Brad Pitt dans War Machine. Netflix a également attiré David Ayer et Will Smith pour qu'ils réalisent Bright chez eux, avec un budget de 90 millions.

The Get Down rappelle aussi que Baz Luhrmann voit grand. Sa publicité Chanel avec Nicole Kidman avait coûté plus de 40 millions de dollars en 2004, quasiment la moitié de son film Gatsby le magnifique (105 millions de budget).

 

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commentaires

Tousen
02/06/2017 à 14:50

Oh nooooo...ma série est morte.... Ah non :(:(

Finnigan
24/10/2016 à 02:18

McTiernan est immanquablement cité comme une référence dans ce genre de discussion sur le cinéma d'action, mais c'est avec le recul du temps qu'il a réellement gagné ce statut de cinéaste noble. Donc je reste persuadé qu'avant de s'exciter sur certains films et réalisateurs, on devrait attendre. Tout ce que tu dis sur la sur-analyse et sur-médiatisation (engendrée par les studios, pour monopoliser le marché), va dans ce sens : la tête dans le guidon, avec des box-office mirobolants, comment garder la tête froide ?
Et ta lecture (mauvais jeu d'acteur, apologie gangsta, racisme, vulgarité) peut en partie être retournée. Par exemple : dans les héros y'a Michelle Rodriguez, donc une femme, issue d'une minorité, qui est aussi action hero que les hommes. Qui n'est ni lesbienne, ni asexuée, ni anti-sexy puisqu'elle a droit à ses scènes en robe comme les mecs en beau costard.

Et justement tu dis qu'à l'époque, le ciné de genre était à part, mis de côté. Et aujourd'hui, est-ce que le ciné à la F&F n'est pas mis de côté par certains, qui jugent ça inférieur, pas digne ? Dans le schéma, c'est très similaire au rejet du gore, de l'horreur, de Carpenter et Craven et compagnie. Le temps nous dira si ces films sont rachetés (mais déjà, il n'y a qu'à voir à l'échelle de la saga : elle a gagné en popularité, en respect critique et public, depuis le 5ème, alors qu'avant c'était perçu comme des sous-produits sans identité)

Je lisais aujourd'hui sur ce site des gens s'enthousiasmer sur James Wan, en parler comme un réalisateur très bon. Je me souviens qu'à la sortie de Saw, ou Insidious, il était traité comme un faiseur éventuellement malin mais pas du tout si apprécié. Aujourd'hui, il est quasiment considéré comme un auteur pour beaucoup de gens, et il est passé par Fast & Furious. Ces films sont possiblement vus comme des oeuvres, des terrains d'expérimentation outranciers, sans limites, sur le registre de l'action.

LaTeub
23/10/2016 à 14:09

On dit à peu près la même chose Finigan, la différence vient, je pense, du fait que nous parlons tous deux d'auteurs, de réal, d'une époque en rien comparable avec aujourd'hui... Une époque ou le cinéma, je répète, était terriblement segmenté même au niveau de la presse, le fantastique était un genre à part, grade, sale et vulgaire pour certains, innovant et irrévérencieux pour d'autres, l'histoire en a jugé ensuite... Il était donc possible de mal juger un film car vu par un angle biaisé...De nos jours les films sont décortiqués, analysés avant même leurs sorties ciné, on dissèque même des BA, ils sont observés, jugés sous plusieurs prismes par des myriades de médias très différents, on connait assez tôt leur valeurs ou leurs faiblesses... Regardons de manière dépassionnée les films en questions. Les bons cotés: des effets irréprochables ou presque et de l'action plus ou moins maitrisée, qq thèmes musicaux sympas...OK, c'est bien peu à coté d'acteurs mal dirigés, de réal adeptes du clip vidéo et du montage cut, des combats illisibles, des actrices en mode porno, du racisme, de l'apologie du gangsta style, de la vulgarisation à tous les étages, bref un vision très, très beauf tout de même! Pas de méprise j'adore les films faits avec les tripes ou le coté viscéral (Mc Tierman par exemple) mais ce type de réal à une vision du spectacle et de ce qu'il représente, il y a une certaine exigence demandée aux spectateurs... Là, que ce soit F&F et Transformers nous sommes tout de même sur de la bouillie servie à de la racaille (je conduis vite, les femmes sont de tepus trémoussant du fion alors que les mecs présentent leurs grosses voitures, c'est cool, ça donne envie)...

Finnigan
22/10/2016 à 14:56

@LaTeub

C'est là que je ne te suis pas. Que tu considères ça comme des "étrons filmiques", comme à peu près tout le monde, ok. Mais il existe déjà des gens qui étudient Michael Bay comme un auteur, et prennent certains F&F pour de pur produits de spectacle massif et décérébré devenus des exercice de styles over the top. Ce ne serait pas la première fois qu'un apparent premier degré absurde est moins bête qu'il n'y paraît.
Entre ta haine et l'admiration de certains, une réalité à envisager : ce ne sont peut-être pas juste des merdes ou des films cultes, mais des films qui peuvent avoir leur intérêt si on va au-delà de la posture facile et naturelle pour ceux qui se disent cinéphiles de voir des blockbusters cons - et notamment parce que très populaires. Je trouve toujours ça réducteur et stérile de dire "c'est une merde, inutile d'en douter".
Et je suis persuadé que ceux qui qualifiaient les films de Wes Craven, de Romero, de Carpenter ou de Verhoeven de navets bêtes et vulgaires, étaient bien persuadés d'avoir raison à leur époque. Le recul est parfois indispensable, surtout face à des objets si populaires, si médiatisés, qui attisent très vite des débats polarisés entre "génial" ou "affreux". Avec débordement sur "ceux qui aiment sont des abrutis fan de tunning" ; je suppose que pour les Carpenter, Craven et autres, on disait que c'était un public décérébré qui ne voulait que du sang et de la violence bête et méchante.

LaTeub
22/10/2016 à 14:17

@finigan d'accord avec toi sur le principe. Carpenter par exemple était totalement méprisé par les critiques de cinéma dits "sérieux", jugeant ses films comme nuls et sans intérêt... Des années après les Cahiers du cinéma sortent des DVD de ses films en les décortiquant de bout en bout tels des chefs d'oeuvres du 7 ème Art. ..Sauf que ce sont de vrais chef d'oeuvre, incompris à leur époque où le cinéma était classé par genre et le fantastique en général était traité comme de la sous-culture pour attardés mentaux (pas du "vrai cinéma...). Du vrai retournage de veste quoi! Alors que là, que ce soit F&F ou Transformers ont parle de très mauvais films et dans 20 ans ce seront encore de très mauvais films qui auront vieillis! Pas de nuance dans la médiocrité, non, ce sont justes des étrons filmiques...

Kappa
22/10/2016 à 02:16

@REA

Comme je disais : si on veut étayer une théorie, on mobilise les exemples qui fonctionnent.

Mais prenons par exemple Les Sopranos. Une autre grande série. Les audiences ont monté au fil des saisons, alors que c'était pourtant pas si facile d'accès, avec beaucoup de personnages et des intrigues étalées. Même chose pour Mad Men : des audiences en hausse au fil des saison, alors que le buzz "c'est la série à ne pas rater" s'est essoufflé, et que les intrigues étaient anti-spectaculaires, et très complexes. Les audiences n'étaient pas incroyables, mais pour ces séries, ces chaînes, c'étaient des réussites dans leur genre.
On peut aussi cite Breaking Bad, Six Feet Under, et quelques autres séries de grande qualité, qui ont eu droit à plusieurs saisons, et de vraies belles vies, grâce notamment à un public fidèle, parfois grandissant.

En face, on peut citer Telenovela, la série avec Eva Longoria ; le remake de Melrose Place ; le remake de Drôles de dames ; Dallas ; The Crazy Ones... Des séries médiocres, qui ont été annulées très vite, faute d'audiences.

Après, c'est certain, si on veut absolument dire que "les gens n'ont pas de goût", "les jeunes n'ont pas de culture", "les bonnes choses sont seulement appréciées par une minorité un peu moins bête", on pourra toujours dresser une liste pour le confirmer. Sauf qu'à mes yeux, ça ne prouve absolument rien, ou en tout cas rien de très noble. La nuance, c'est ça qui est précieux, et qu'on perd de plus en plus dans les discussions.

REA
22/10/2016 à 01:11

@kappa

Je peux te donner l'exemple de THE WIRE. A la télé, la série n'a pas fonctionné. Et pour cause, trop complexe, trop spécial. Un certain public sur internet a su pousser les gens à lui donner une (seconde) chance. Bon je m'éloigne du sujet, car là, il n'est pas question de coût.

Quand tu vois Vinyl et TGD, bien sur que c'est coûteux de retranscrire une époque. Après pour le reste, je n'ai pas été déçu (acteurs, arcs narratifs...). C'est sur les goûts, et les couleurs. Peut-être parce que je suis un passionné de musique, j'étais plus à même de les apprécier.
C'est comme sex&drugs&rocknroll. Une série pour moi hilarante, pleine de références qu'il faut connaître. Selon moi, si tu n'as pas une culture musicale, tu ne peux pas apprécier ces séries. Et c'est clairement ce qu'ils manquent à notre époque.

Un exemple "récent" Kanye West avait fait un duo avec Paul McCartney. Les plus jeunes, certains bien sur, n'ont rien trouvé de mieux à faire que féliciter Kanye d'avoir donné sa chance à cet inconnu pour eux. Les gens s'affichent comme des crétins qu'ils sont sur le net, au lieu de faire des recherches.

Finnigan
21/10/2016 à 22:40

Ce genre d'extrémisme sur des films qui seraient totalement cons pour un public totalement con, me rappelle un peu la manière dont un certain nombre de films étaient considérés avec mépris à leur sortie dans les années 80 par ex. Films aujourd'hui considérés comme des classiques. Et quand on lit avec le recul les réactions de l'époque, on trouve ça ridicule tant c'est extrême et sans nuances.

Euh!
21/10/2016 à 22:14

LaTeub ahah le pire c'est que c'est a peine exagéré.

LaTeub
21/10/2016 à 17:49

@vomiton
Transformers c'est de la merde pré-digérée et dégueulée sur un écran, rien d'autre (aller, je sort le premier du lot)... L'apologie de la bêtise, un produit pour les adeptes du tuning, la complaisance dans la vulgarité... Bref du cinéma pour beaufs, racailles et autres bas du plafond (trop de d'la balle la turevoi qui s'transforme en sa mère de robot! Véridique!)... Même public que pour Fast and Furious.

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