Daredevil : démarrage furieux pour la série de super-héros Netflix

Simon Riaux | 10 avril 2015
Simon Riaux | 10 avril 2015

À l’heure où les super-héros sur petit écran semblent coincés entre trahisons minables (Gotham) et esthétique teenage, voir débarquer une série véritablement mature, tirant parti des exigences d’un public de plus en plus adulte tenait du doux rêve. C’est pourtant le petit tour de force que Netflix est en passe de réussir avec son Daredevil.

La tâche était pourtant ardue, rendre crédible ce personnage par essence borderline d’avocat se transformant en justicier anonyme la nuit tombée était en soi un défi, d’autant plus grand que la précédente adaptation (avec Ben Affleck) avait durablement ridiculisé la licence.

 

 

RETOUR AUX SOURCES

Drew Goddard et Steven S. DeKnight se sont donc focalisés sur trois points essentiels, piliers de la réussite du show. La premier d’entre eux est le retour aux sources. En effet, Daredevil tranche radicalement avec l’esthétique clinquante des productions de la maison Marvel. Point de photographie de papier glacé ici, nul humour tapageur et aucune perche tendue au public adolescent. Le cœur de la série provient de son matériau de base, le comics.

On retrouve ainsi des références évidentes aux travaux de Miller et Brubaker, répartis très harmonieusement selon les différents arcs chronologiques, ou tout simplement pensés pour s’accorder à certaines tonalités, à des lieux bien spécifiques. Par conséquent, si l’on n’a jamais le sentiment d’assister à un décalque stérile de l’œuvre originale (Sin City ? Vous avez dit Sin City ?), son influence est prégnante à chaque instant et donne à l’ensemble une patte graphique extrêmement appréciable.

 

 

PLEIN LES YEUX

Autre segment fondamental, l’exigence cinématographique. Car c’est bien de cinéma dont il est question ici, comme en témoigne la superbe baston en plan séquence qui clôt le deuxième épisode des cinq que Netflix nous a permis de découvrir. La caméra y rejoue une des scènes emblématiques de Old Boy, dont elle simplifie le dispositif en y ajoutant une notion de profondeur particulièrement ludique.

De même, l’ensemble des scènes d’action est un exemple saisissant de rigueur, de sobriété alliée à un véritable sens du spectacle, voire d’écriture. Car plus encore que la recherche un peu artificielle de l’impact (bien présent, tant certains coups font mal), c’est la représentation de lutte interne du personnage que pose ici la mise en scène.

 

 

Regarder Charlie Cox combattre, c’est assister aux dilemmes qui traversent Daredevil, ses hésitations, les pulsions de violence qui l’habitent et le transcendent. Ainsi le spectateur frémit-il, alors que chaque confrontation ne demande qu’à s’achever dans un bain de sang.

La photographie en général, tout comme le découpage, ne sont pas en reste. Au-delà des révérences envers le comics, on retrouve le travail exemplaires des équipes de Netflix sur l’image. Cadres parfaitement découpés, couleurs travaillées pour obtenir un e tessiture inédite, qui oscille intelligemment entre textures graphiques et réalisme brut ainsi qu’une réflexion simple mais rigoureuse sur l’utilisation du clair obscur confèrent au show une patine dont bien des super-héros aimeraient bénéficier.

 

 

JUSTICE LEAGUE

Ces qualités retomberaient à plat si le casting n’était pas lui aussi une belle réussite. Quiconque a suivi Boardwalk Empire se souvient du mélange de charme et de révoltante brutalité que déployait Charlie Cox. Le comédien insuffle ici la même ambiguité à Murdoch, alias Daredevil. Son héros se fait tour à tour idéaliste, brutal, fragile, humaniste et impitoyable. Toujours sur le point de rompre, en permanence sur le point d’exploser.

Face à lui, Vincent D’Onofrio livre une version trouble du Caïd, sorte de synthèse de ses différentes incarnations. Plus tout à fait le mystérieux mogul de Miller, physiquement impressionnant quoi que très éloigné des comics faisant de lui un imparable combattant sumo, il est une forme particulièrement instable de psychopathe, habité et torturé, encore en gestation, que l’intervention de Daredevil va pousser à se révéler dans toute sa brutalité.

S’il est encore trop tôt pour savoir si les personnages campés par Rosario Dawson, Deborah Ann Woll ou Elden Henson seront plus que de sympathiques sidekicks, tout le monde s’acquitte très convenablement du job.

 

 

SANG POUR SANG MARVEL ?

Difficile de dire si la série saura conserver les qualités qui font actuellement sa force. Issue d’un deal historique en ABC, Marvel et Netflix, le show est sans conteste le plus adulte, sombre et violent jamais adapté de l’écurie à super-héros chère à Disney. Il est également le premier de quatre séries consacrées à divers héros secondaires de l’univers Marvel (Jessica Jones, Luke Cage…).

 

 

Difficile donc de savoir si la saison conservera tout du long sa hargne remarquable, il est tout aussi hasardeux de pronostiquer si le show parviendra à sauvegarder sa patte face à des productions voisines peut-être plus ouvertement tournées vers le grand public. Bref, Daredevil est encore un grand point d’interrogation.

Une chose est sûre, si la série semble rompre totalement avec les canons esthétiques mis en place par Marvel (en terme de violence notamment), le début de réponse qu’elle apporte s’avère des plus passionnants.

 

 

commentaires

NotSoul
17/05/2015 à 10:53

Bonjour,

Juste une version du personnage Daredevil, celle de Miller et Cie, trop de violence, un Matt trop torturé, des épisodes trop long 50 minutes, des temps morts, du coup, on est loin du Daredevil d'origine, en voyant la série du coup je commence à plus apprécier le film avec Ben Affleck .

diez
26/04/2015 à 15:17

Bonne série qui offre vraiment au telespectateur la naissance d'un héros et de sa nemesis. Un beau travail sur les dialogue te les images pour une immersion total et un vrai sentiment de ville plombée par la corruption et le meurtre. Reste une fin de saison assez molle. Les épisodes 8 et 9 sont particulierement mal monté, mal ecrit et aux scénes souvent dipensables. les deux derniers remontent le niveau.

Pas de cliff, dommage, mais une bonne série qui lui manque juste de faire le tri dans ses différents arc narratifs pour devenir mémorable.

west666
13/04/2015 à 14:58

bof pour ma part autant j'aime les films marvels mais j'aime vraiment pas leurs séries !!!!

punaise la dégaine de leur daredevil laisse béton j'ai abandonné pourtant jme suis forcé je dois pas etre bon public en matière de série .

mais je respecte ceux qui aime cdt

west666
13/04/2015 à 14:58

bof pour ma part autant j'aime les films marvels mais j'aime vraiment pas leurs séries !!!!

punaise la dégaine de leur daredevil laisse béton j'ai abandonné pourtant jme suis forcé je dois pas etre bon public en matière de série .

mais je respecte ceux qui aime cdt

west666
13/04/2015 à 14:58

bof pour ma part autant j'aime les films marvels mais j'aime vraiment pas leurs séries !!!!

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west666
13/04/2015 à 14:58

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west666
13/04/2015 à 14:58

bof pour ma part autant j'aime les films marvels mais j'aime vraiment pas leurs séries !!!!

punaise la dégaine de leur daredevil laisse béton j'ai abandonné pourtant jme suis forcé je dois pas etre bon public en matière de série .

mais je respecte ceux qui aime cdt

west666
13/04/2015 à 14:58

bof pour ma part autant j'aime les films marvels mais j'aime vraiment pas leurs séries !!!!

punaise la dégaine de leur daredevil laisse béton j'ai abandonné pourtant jme suis forcé je dois pas etre bon public en matière de série .

mais je respecte ceux qui aime cdt

Simon Riaux - Rédaction
13/04/2015 à 12:13

@Fabien n
En effet, lorsqu'un sujet revient dans l'actualité ou y demeure, notre seule possibilité pour le conserver en homepage actuellement est d'en modifier la date de parution.

Gollem13
12/04/2015 à 14:57

Je n'attendais pas grand chose de cette série depuis que j'avais découvert le casting. Le sieur COX me paraissait un peu gringalait. Puis j'ai lu votre critique et dès vendredi j'ai voulu voir ce qu'il en était. UNE CLAQUE! Violente, crédible, mise en scène convaincante, jeu d'acteur au top, les dialogues!!!! Bref j'y suis encore. Par contre qu'est que le masque est laid! j'espère qu'il évoluea assez vite oarceque ça va vite être insupportable.

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