Borgen sur Netflix : la super série à la House of Cards (mais en mieux) à revoir sans hésiter

La Rédaction | 1 juillet 2020
La Rédaction | 1 juillet 2020

La série politique danoise d'Adam Price, menée par Sidse Babett Knudsen, est à (re)voir sans aucune hésitation.

La série Borgen, une femme au pouvoir vient de rejoindre le catalogue Netflix. L'occasion parfaite pour découvrir ou redécouvrir les trois saisons de la création d'Adam Price, diffusée à l'origine entre 2010 et 2013, et où l'excellente Sidse Babett Knudsen chamboule le paysage politique danois.

Petite présentation d'une série incontournable et passionnante.

 

photoQuestion pour la dame de fer danoise

 

DE QUOI ÇA PARLE ?

Borgen, c'est le Château, en danois : le surnom donné au siège du Parlement, du ministère d'État et de la Cour suprême, situé sur l'île de Slotsholmen à Copenhague, au château de Christianborg. C'est le cœur de la machine politique danoise.

Tout tourne autour de Birgitte Nyborg, chef du Parti centriste, et figure relativement mineure des nouvelles élections, censée faire alliance avec un poids lourd. Sauf que suite à diverses surprises et décisions compliquées, elle est catapultée Premier ministre. Pour cette femme qui n'a jamais couru après le pouvoir absolu, mais qui le possède désormais, ce sera le début d'un combat sans fin, qui va retourner le pays et sa vie personnelle.

 

photo, Borgen, une femme au pouvoirLa joie de gouverner

 

CHÂTEAU DE CARTES 

Les concessions liées au pouvoir, la place des médias dans l'engrenage politique, les forces en coulisses qui dirigent l'opinion et dictent les décisions, la balance entre vie professionnelle (et publique) et vie personnelle, les diverses complicités dangereuses et tendancieuses entre de soi-disant ennemis : Borgen est une série riche, qui attaque le sujet de la politique par divers angles, un peu à la manière de Sur écoute qui a quadrillé la ville de Baltimore à travers plusieurs sphères - mais avec une écriture plus classique et souple ici.

En ça, Borgen est une série passionnante, palpitante, menée avec un sens de l'efficacité certaine. Difficile de s'ennuyer devant les luttes de Birgitte Nyborg, Kasper Juul, Katrine Fønsmark et compagnie, entre les histoires personnelles et les problématiques professionnelles. Tout le monde se bat sans cesse, pour gagner ou faire perdre quelqu'un, et chaque nouveau pas vers la victoire exige un lourd prix à payer.

 

photo, Birgitte Hjort SørensenCôté média, l'ascension du pouvoir aussi

 

Difficile de ne pas comparer Borgen à House of Cards, superstar de la série politique qui a participé à la renommée de Netflix. D'autant que les deux titres font référence à un édifice : le château a priori imprenable de Borgen, la maison de cartes incroyablement fragile de House of Cards.

La série danoise est pourtant arrivée en 2010, trois ans avant le House of Cards version américaine, mais après la série originale britannique House of Cards diffusée au début des années 90. Depuis, il y a eu Baron Noir en France. Le sujet de la politique est un génial moteur narratif, propice au thriller, au drame, et à la tragédie, et tout y est ici. Quitte à parfois perdre en subtilité et simplicité, pour aller dans le spectacle, le sensationnel et le drama, dès le premier épisode.

Borgen réussit un grand écart a priori impossible entre le côté sombre et sérieux de House of Cards, et la candeur et l'optimisme d'À la Maison-Blanche, autre série majeure du genre, créée par Aaron Sorkin. C'est donc un divertissement haut de gamme, doublé d'une réflexion passionnante sur les arcanes du pouvoir, sous toutes ses formes (politique, médiatique, économique, amoureux).

 

photo, Pilou AsbækSpecimen de spin doctor

 

LA REINE DE COUR

S'il fallait une raison supplémentaire de plonger dans Borgen, ce serait Sidse Babett Knudsen. Avant de remporter un César mérité pour L'Hermine, avant d'être La fille de Brest d'Emmanuelle Bercot, avant d'être la business woman au destin tragique de Westworld, l'actrice était l'héroïne Birgitte Nyborg. Et déjà, elle brillait avec une simplicité fascinante.

Au centre de la série, Sidse Babett Knudsen s'impose avec une aisance folle, passant d'une scène de pure autorité à une parenthèse de tendresse. Chef du gouvernement, chef de parti, ennemie publique numéro 1, mère, épouse, amie, amante, alliée, adversaire, victime : le personnage de Birgitte Nyborg est passionnant à suivre. Jamais elle ne vire à une grossière figure machiavélique ou shakespearienne. Jamais elle n'est réduite à un symbole féministe. Jamais elle n'est enfermée dans une case de propreté morale, ou sensationnalisme bas de plafonds.

Durant trois saisons riches en rebondissements, elle reste complexe, attachante, troublante et suffisamment opaque pour demeurer intéressante. Et l'actrice, entourée d'excellents acteurs (les plus évidents étant Pilou Asbæk et Birgitte Hjort Sørensen), y est pour beaucoup.

 

photo"Bravo, vous êtes géniale"

commentaires

Tom’s
01/07/2020 à 15:09

SBK est géniale, elle impose une présence juste d’un regard, sa mort dans Westworld as entamé mon intérêt pr la série(conforté depuis ). Pas Vu Borgen ducp cette fois obligé après lecture de votre article .

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