Netflix censure une émission pour l'Arabie Saoudite et se paye une grosse polémique

Créé : 2 janvier 2019 - Camille Vignes
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Si l’Arabie Saoudite a rouvert ses salles de cinéma en avril 2018, après une parenthèse de 40 ans, ça ne veut pas dire que les écrans ne sont pas soumis à un contrôle de l'information, bien au contraire...

Et c’est Netflix qui fait les frais des accusations de censure après avoir retiré un épisode du programme Patriot Act with Hasan Minhaj. On apprend dans les colonnes du Financial Times (relayé par BFM et Libération) que l’humoriste et commentateur politique américain Hasan Minhaj y insistait lourdement sur les soupçons que la CIA fait peser sur Mohammed ben Salmane (l’héritier saoudien) quant à sa responsabilité dans l’exécution en octobre 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

 

photo, Hasan Minhaj

 

Hasan Minhaj s’attaque donc directement à Mohammed ben Salman, aka MBS, pendant une vingtaine de minutes et dit notamment « qu’il serait temps de réévaluer notre relation [ndlr : celle de l'Amérique] avec l’Arabie Saoudite ». Ironisant sur le fait que « les Occidentaux ont craqué pour MBS parce qu’ils ont cru à ses salades », le journaliste s’attarde sur la guerre au Yémen et pointe du doigt les entrelacs financiers entre l’Arabie Saoudite et la Silicon Valley pour conclure en disant que « la seule chose que MBS modernise, c’est la dictature Saoudienne ».

Le Financial Time affirme que Netflix a retiré cet épisode de toute diffusion en Arabie Saoudite après avoir reçu une requête de la part de la commission saoudienne des communications et des technologies de l’information taclant la plateforme de streaming de cybercrime et la plateforme de streaming tente de défendre sa position : 

« Nous appuyons fortement la liberté artistique à travers le monde et avons seulement retiré cet épisode en Arabie Saoudite après avoir reçu une requête légale valide pour nous conformer à la législation locale. »

Si ce n’est que très rarement que Netflix est confronté à la censure, jamais les accusations n'auront été aussi violentes. Cette censure est jugée scandaleuse par Karen Attiah, éditrice au Washington Post des contributions de Jamal Khashoggi, et déçoit lourdement les internautes. Affaire à suivre...

 

Affiche officielle

commentaires

Kouak 03/01/2019 à 11:57

Wep !
Pas évident de vouloir faire la nique à un régime quand ses propres gouvernants , depuis 74 ans, ont appuyés, soutenus, défendus ce dit pouvoir en place, malgré leurs exactions déjà connues et reconnues par la communauté internationale.
Pétrole ! Pétrole !
Mais d'ici une dizaine d'années les USA devraient devenir auto-suffisants et même exporter, grâce à leur destructeur pétrole et gaz de schiste...
Mais d'ici une dizaine d'années encore...
Donc, SVP, on vexe un minimum le prince consort.
20 ans en arrière, c'est le gouvernement américain qui aurait demandé, lui-même, de censurer Netflix.
Et puis il y a encore quelques bases stratégiques américaines là bas...
"Un tient qui n'amasse pas mousse vaut mieux que deux moines vendant une peau d'ours".
Un truc dans le genre...
"Réévaluer notre relation avec l'Arabie saoudite"...
Bravo Hasan ! C'est noble...Mais soit un peu trop tôt, soit nettement trop tard !

Et puis dans un autre genre, mais pas si éloigné, n'oubliez pas "les sentiers de la gloire" de Stanley Kubrick et son long périple de distribution en France et en Europe...

En 1957 Netflix n'existait pas, certe, mais les andouilles, eux ! Sont intemporels !
Bref...

Rorov94 03/01/2019 à 07:52

Vu ce qui s'est passé dans l'ambassade ce jour là,NETFLIX devrait plutôt distribuer des films dans la veine d'HOSTEL,LE DALIA NOIR ou RESERVOIR DOGS(pour le côté torture sur fond de musique rock...)
Après,ont aura droit à pleins de fake-news du genre:«un journaliste s'évade petit à petit d'une ambassade avec des complices!»

Hibou 03/01/2019 à 01:52

On a qu'à leur refiler des gilets jaunes si ils sont pas contents il y en a de nouveau en stock maintenant

Arnaud 02/01/2019 à 16:56

Ben quoi ? Ils ont cru que Netflix était le porte parole de la liberté d'expression (et la liberté tout court) dans le monde ?
C'est pas handicap international ou journaliste sans frontières les mecs

Perso je déteste la censure en règle général, mais a un moment donné les gars essayent d'investir un marché économique mais doivent se plier aux règles en place dans ces zones géographiques, c'est relou mais c'est ainsi. Il y a des règles légales et Netflix n'est pas la pour dire si elles sont bonnes ou mauvaises, juste la pour les appliquer.
D'autres organismes ou structures sont la pour combattre c'est manques de liberté, a eux de denoncer et de combattre non pas Netflix mais ceux qui imposent ces liberticides

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