Larry Hagman (Dallas)

Aude Boutillon | 26 juin 2011
Aude Boutillon | 26 juin 2011

Le festival de Monte-Carlo n'est pas seulement l'occasion d'interroger quelques acteurs et producteurs venus faire la promotion de leur série en cours de diffusion. Il offre aussi l'opportunité de rencontrer des monuments de la culture télévisuelle. Parmi eux, Larry Hagman, éternel JR Ewing, le businessman cupide et sans scrupule de Dallas, qu'on a pu voir récemment dans Desperate Housewives.

 

Propos et autoportrait (en fin d'article) recueillis par Stéphane Argentin au cours du 50ème Festival de Télévision de Monte-Carlo (juin 2010). Traduction et retranscription par Aude Boutillon.

 

 

Bien que votre rôle le plus connu à la télévision soit celui de JR dans Dallas, vous avez tourné dans beaucoup d'autres séries, comme I dream of Jeannie. Quelle fut votre rôle préféré ?

JR, évidemment. C'est un rôle qui a duré 30 ans, c'est très long pour une série. Il a rapporté beaucoup d'argent, à tout le monde.

 

Vous êtes un des premiers acteurs à avoir menacé la production de quitter la série pour une augmentation de salaire. C'est une chose très courante à Hollywood, de nos jours. Pensez-vous avoir été un pionnier, à la télévision ?

Je pense que je devrais toucher 10% de ce que gagnent toutes les personnes qui demandent ça. (rires)

 

Etait-ce risqué, à cette époque ?

Bien sûr. Moi, je pouvais me le permettre, mais je savais que si j'échouais dans cette demande, je pourrais ne plus jamais travailler pour l'industrie télévisuelle.

 

Vous avez réalisé beaucoup d'épisodes des séries dans lesquelles vous avez joué, notamment I dream of Jeannie et Dallas. Etait-ce important pour vous, de vous impliquer dans la production d'une série ?

C'est toujours important pour un acteur, de réaliser. Il peut ainsi avoir une vision d'ensemble. Quand vous avez tendance à penser que vous êtes un bon acteur, et que vous êtes amené à diriger, ça vous oblige à prendre bien plus de précautions. Je pense que ça fait de vous un meilleur acteur.

 

Est-il facile de diriger vos propres partenaires ?

Je n'avais pas à les diriger, ils connaissaient leurs personnages et ce qu'ils avaient à faire. Je voulais simplement qu'ils s'amusent. Je travaillais même pour un budget et un temps inférieurs à ce qui était prévu, parce que tout le monde coopérait. J'en ai amené d'autres à réaliser aussi, Patrick Duffy par exemple. J'ai encouragé la production à leur donner cette opportunité.

 

 

Avez-vous toujours des contacts avec eux ?

Bien sûr. Je déjeune avec Linda Day une fois par mois, avec Patrick Duffy une fois tous les deux mois, on part même pêcher ensemble.

 

Quel est votre plus beau souvenir de Dallas ?

La famille qu'on formait, Patrick, Linda, Steve Kanaly... C'était une très bonne équipe.

 

Voyez-vous JR comme une bonne performance d'acteur, ou préférez-vous un autre rôle ?

Je n'obtiens pas beaucoup de rôles. Il y a eu Nip/Tuck.Vous l'avez vu ? Et vous vous en êtes souvenu ? (rires) J'ai adoré.

 

Point-Limite est un de vos premiers rôles au cinéma. C'est un très beau rôle.

En effet, j'ai appris beaucoup de Henry Fonda. On a répété pendant un mois, c'est une chose qui ne se fait plus, et ça fait beaucoup de différence. Tourner devient beaucoup plus facile, après ça.

 

 

Il y a un projet de film Dallas.

Je ne suis pas impliqué dedans avant d'avoir lu un script. S'ils me contactent, je suis ouvert.

 

Qui choisiriez-vous comme acteur, pour jouer JR ?

Ils parlaient de John Travolta. J'ai travaillé avec lui sur Primary Colors, il était très bon. Il serait merveilleux. C'est un acteur génial.

 

Beaucoup de vieilles séries font l'objet de remakes. Pensez-vous que Dallas pourrait en faire partie ?

Evidemment. Avec moi. (rires)

 

De nos jours, beaucoup de séries ont pour premier rôle un méchant, comme Dr House, ou Dexter. Pensez-vous que Dallas a été un précurseur, à ce niveau ?

Oui, je pense. Mais je n'ai pas vu ces séries, je ne regarde pas la télé. Je me couche très tôt, je suis un fermier !

 

Quel était l'élément le plus excitant, dans le fait d'être le méchant ?

L'argent. L'argent est toujours excitant. Et j'en gagnais beaucoup. Je réalisais et je produisais, en même temps. J'étais très occupé, et j'aimais ça. Nous formions une véritable famille, ça rendait la série facile. C'était amusant, je l'ai toujours vue comme un cartoon.

 

 

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire