Eric Close (FBI : Portés disparus)

Stéphane Argentin | 13 avril 2008
Stéphane Argentin | 13 avril 2008

Du soap (Santa Barbara) au western (Les Sept mercenaires) en passant par la science-fiction (Dark skies, Disparition), Eric Close aime varier les plaisirs dans sa carrière sur le petit écran débutée voilà déjà plus de 15 ans. Depuis 2002, le comédien campe l’agent fédéral Martin Fitzgerald dans FBI : Portés disparus. Un rôle très sérieux à contrario de son interprète, volontiers jovial mais qui n’en garde pas moins les pieds sur terre face à l’immense succès que rencontre la série depuis son lancement.

 

Propos et autoportrait (en fin d’article) recueillis au cours du 47ème Festival de Télévision de Monte-Carlo (juin 2007).

 

 

Comment a débuté l’aventure FBI : Portés disparus pour vous ?

J’ai voulu prendre part à la série dès la lecture du script du pilot. CBS et Warner avec lesquels j’avais déjà travaillé auparavant étaient d’accord et j’ai eu le feu vert définitif sitôt après ma rencontre avec Jerry Bruckheimer (producteur exécutif, NDR).

 

Vous rappelez-vous de votre tout premier jour de tournage ?

Laissez-moi réfléchir une minute (silence). Ah oui, ça y est je me souviens. Dans le pilot, Jack (Malone, interprété par Anthony LaPaglia, NDR) me présente comme un nouvel agent au reste de l’équipe et plus tard dans l’épisode je dois tacler ce type et nous atterrissons tous les deux dans un lac. C’était si dégoûtant que j’ai dis à ma doublure cascade : « Vas-y toi, plonges dans l’eau car il est hors de question que j’y aille » (rires).

 

Qu’en a-t-il été de votre préparation pour le rôle ?

J’ai lu quelques livres sur le FBI et me suis rendu à leur Q.G. avec notre consultant. J’ai également appris à manipuler correctement une arme, pénétrer dans un appartement, sécuriser une scène de crime et de façon plus générale à être aux aguets vis-à-vis de tout ce qui m’entoure. À tel point que ce dernier aspect a fini par déteindre sur moi dans le privé (rires).

 

Précisément, après cinq saisons à interpréter le même personnage, n’est-il pas difficile de bien distinguer travail et vie privée ?

Pas en ce qui me concerne. Je parviens sans problème à dissocier les deux. J’étais marié bien avant le début de la série et père de deux enfants. Je suis donc ravi de retrouver ma famille après le boulot. J’aime également voyager, jouer au tennis et au golf. La seule période difficile a eut lieu au cours de la saison 4 lorsque Martin se drogue. La charge émotionnelle était telle que j’ai eu déjà plus de mal à faire la part des choses à ce moment-là.

 


 

Le tournage a lieu à Los Angeles mais vous arrivent-ils de vous rendre à New York où se déroule l’action de la série ?

Nous nous rendons à New York deux fois l’an. Et il y a deux ans de cela, Anthony (LaPaglia, l’interprète de Jack Malone, NDR) s’est également rendu au Japon pour les besoins d’un épisode.

 

La série parle d’une équipe d’agents du FBI mais qu’en est-il des interprètes en coulisses ?

Nous sommes de bons amis, nous sortons souvent ensemble et veillons les uns sur les autres. Il n’y a aucun problème d’ego entre nous contrairement à ce qui peut arriver sur d’autres shows.

 

Comment s’est passée l’arrivée de Roselyn Sanchez au sein de l’équipe à la saison 4 ?

À merveille. Enfin en ce qui me concerne tout du moins si vous voyez ce que je veux dire (grand sourire complice). Par delà sa grande beauté, elle travaille très dur et s’est intégrée sans le moindre problème au reste de l’équipe.

 

Le départ de Hank Steinberg, le créateur de la série (lire notre interview), la saison dernière a-t-il changé quelque chose à votre niveau ?

J’appréciais beaucoup les risques que prenait Hank au niveau des intrigues comme par exemple l’épisode Malone v. Malone (3.10) à propos du divorce de Jack ou encore John Michaels (3.22) où Jack rêve qu’il est très âgé. J’espère aussi voir débarquer un peu plus d’humour. Pas trop mais juste ce qu’il faut pour permettre aux personnages de décompresser un peu de leur boulot. Et aussi davantage de situations conflictuelles entre eux comme dans les premières saisons où Jack et Martin étaient souvent en opposition par exemple.

 

Combien de temps comptez-vous encore rester sur la série ?

Aussi longtemps que possible. Je me suis fait beaucoup d’amis sur cette série, j’ai également fait mes débuts à la réalisation la saison passée et je vais renouveler l’expérience l’an prochain. Donc je reste.

 


 

Quel a été le déclic qui vous à enfin décidé à franchir le pas de la mise en scène ?

Depuis toujours j’ai eu envie de réaliser et le cadre de la série s’y prêtait à merveille puisque je connais très bien les acteurs, les scénaristes et les réalisateurs.

 

Est-ce vous qui étiez demandeur auprès des producteurs ?

J’avais déjà exprimé ce désir dès le pilot et par la suite, je suis revenu régulièrement à la charge. Je passais beaucoup de temps à observer les réalisateurs sur la série ainsi qu’en salle de montage. J’ai énormément bûché tous les aspects de la mise en scène en amont. Et ils ont fini par accepter en voyant ma détermination.

 

N’est-il pas difficile de jouer et tourner à la fois ?

Je le croyais aussi avant de me lancer mais finalement tout s’est bien passé. À l’exception d’une scène au Steadycam qui part de Poppy et Roselyn (Poppy Montgomery et Roselyn Sanchez, les interprètes respectives de Samantha Spade et Elena Delgado, NDR) qui sortent de l’ascenseur, arrivent jusqu’à leur bureau puis viennent dans ma direction et accrochent quelque chose au tableau, le tout en un seul plan. J’étais satisfait du résultat à la première prise. Mais après vérification, ils ont trouvé un cheveu dans la caméra. Et nous avons dû nous y reprendre à onze fois ensuite pour parvenir à la refaire. Le comble, c’est que la première prise était bonne et a servi dans le montage final. Ces choses-là arrivent et l’expérience dans son ensemble a néanmoins été très enrichissante en ce qui me concerne.

 

Qu’avez-vous appris sur la direction d’acteurs en réalisant cet épisode ?

Qu’un acteur se sent d’autant plus en confiance que vous avez soigneusement préparé votre travail en amont et savez précisément ce que vous voulez. Ou tout du moins leur donner l’illusion de savoir ce que vous faites (rires). Il faut également faire confiance aux autres membres de l’équipe et aussi à son intuition. Le rythme du tournage est tellement intense que vous n’avez pas le temps de réfléchir, il faut prendre des décisions et aller de l’avant.

 


 

Est-il difficile de parvenir à faire évoluer son personnage compte-tenu de ce rythme effréné ?

Ce que j’aime à la télévision et qu’il faut accepter, c’est le fait que si la série a la chance de rester à l’antenne plusieurs années, votre personnage évoluera de lui-même, tout comme dans la vie réelle où vous ignorez où et qui vous serez dans cinq ans. Tout n’a pas besoin de se produire en un seul épisode.

 

Avez-vous le loisir de suggérer certaines choses aux scénaristes ?

Oui. J’ai beaucoup discuté avec eux lors des épisodes où mon personnage était devenu dépendant à la drogue. Je leur ai également suggéré d’insuffler un peu de romance dans la vie de Martin. Mais l’écriture est de leur ressort et je les laisse généralement faire ce que bon leur semble.

 

Compte-tenu du succès de la série, ne craigniez-vous pas d’être « typecasté » par la suite ?

La situation est peut-être plus fréquente pour des séries très orientées sur les personnages comme Seinfeld ou Friends. Dans notre cas, les protagonistes ont certes leur importance mais c’est l’enquête qui occupe le premier plan. Vous ne regardez pas le Martin Fitzgerald Show, vous regardez FBI : Portés disparus.

 

Le fait que l’intrigue se retrouve ainsi en première ligne, n’est-ce pas quelque part un peu frustrant quant à l’évolution des personnages ?

Une fois encore, dès lors que la série rencontre le succès, vous savez qu’avec un peu de chance vous êtes lancés pour plusieurs années et il ne reste plus alors qu’à attendre votre tour. Mais je reconnais en effet que cela peut parfois être un peu frustrant.

 


 

En 2004, vous avez obtenu une nomination de groupe aux Screen Actors Guild Awards. Qu’est-ce qui représente le plus d’intérêt à vos yeux : ce type de distinctions ou bien la popularité de la série ?

Les deux (rires). Le succès c’est bien, les récompenses ne sont que des bonus. Nous faisons simplement le meilleur boulot possible sans chercher expressément à décrocher une distinction.

 

Vous arrive-t-il d’aller demander aux scénaristes que votre personnage se fasse tirer dessus afin de prendre un peu de vacances (référence au season premiere de la saison 4 où le personnage de Martin termine à l’hôpital, grièvement blessé dans une embuscade, NDR) ?

Non (rires). Si j’ai besoin de congés, il me suffit de demander comme par exemple lors du tournoi annuel de golf à Pebble Beach en Californie auquel je participe et qui se déroule en plein tournage.

 

C’est la raison pour laquelle on ne vous voit pratiquement plus dans certains épisodes ?

Tout à fait. Je suis parti jouer au golf (rires). Non, plus sérieusement, ça n’a rien à voir.

 

Si vous deviez décrire votre personnage en un seul mot, quel serait-il ?

Plein d’espoir (« hopeful » en anglais, NDR).

 

De tous les personnages que vous avez déjà incarnés à la télévision, avez-vous des préférences ?

Je les aime tous pour différentes raisons : Dark Skies pour sa relecture de l’Histoire à la sauce science-fiction, Un agent très secret pour son mélange des genres (comédie, drame, action) et où j’ai eu l’occasion de travailler avec Dennis Haysbert, et à présent FBI : Portés disparus pour la richesse des intrigues auxquelles sont sensibles les téléspectateurs et pour la longévité de la série. Mais après cela, je n’aurais sans doute plus envie d’incarner un agent du FBI pour un bon bout de temps (rires).

 

Avez-vous déjà des envies particulières pour la suite de votre carrière ?

J’aimerais bien interpréter un docteur, un cowboy, jouer dans une comédie romantique. Peu m’importe à dire vrai.

 

Vous auriez aimé prendre part à Deadwood alors ?

Bien sûr, c’est une excellente série. Tout comme Dexter à laquelle je me verrais bien participer.

 

Quels autres shows aimez-vous regarder ?

Les Experts : Las Vegas, Larry et son nombril, Dr House.

 

 


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