Lauren Holly (NCIS)

Stéphane Argentin | 25 octobre 2007
Stéphane Argentin | 25 octobre 2007

Depuis plus de vingt ans, Lauren Holly erre de séries TV en longs-métrages au gré de ses envies. Après un rôle récurrent dans Picket Fences (connu en France sous le titre à rallonge de High Secret City : La ville du grand secret) créé par David E. Kelley (The Practice), elle intègre l’équipe de NCIS en 2005 dans le rôle de Jenny Shepard. Un personnage de boss pince-sans-rire diamétralement opposé à la comédienne dans le privé, souriante et toujours prête à plaisanter. Rencontre avec une comédienne débordante de vie…

 

Attention aux spoilers : Cet entretien aborde différents éléments d’intrigue de la saison 4.

 

Propos et autoportrait (en fin d’article) recueillis au cours du 47ème Festival de Télévision de Monte-Carlo (juin 2007).

 

 

Dans quelles circonstances avez-vous rejoint la série NCIS au début de la troisième saison ?

J’avais travaillé avec Mark Harmon (l’interprète de Gibbs, NDR) sur la série Chicago hope (1994-2000). J’ignore les circonstances exactes dans lesquelles ça s’est produit mais je crois savoir qu’il a mentionné mon nom auprès de Don (Donald Bellisario, le créateur et showrunner de NCIS, NDR) pour le rôle de Jenny Shepard. Ils m’ont alors demandé de venir pour six épisodes mais je n’étais pas très emballée. Tout ce que je savais de la série, c’est qu’elle ressemblait au JAG et je n’avais jamais regardé ni l’une ni l’autre. Don m’a envoyé dix épisodes de NCIS et je les ai regardés d’une seule traite en un week-end en me disant : « Ça n’a rien d’un show procédural comme les autres ». Pour autant, en dépit des propositions que l’on m’avait déjà adressées jusque-là, je n’avais plus vraiment envie de quitter Chicago où je vivais à ce moment-là. J’ai donc appelé Mark pour lui demander : « OK, j’aurais juste une question. Est-ce que l’ambiance est sympa car je ne voudrais pas débarquer au milieu d’un champ de bataille où les gens s’engueulent à longueur de journée ? ». Et il m’a répondu : « C’est le meilleur endroit où j’ai jamais bossé ». J’ai donc appelé Don le mardi matin pour lui annoncer que j’étais partante. Et au bout de trois épisodes, ils m’ont proposé de rester.

 



En quoi est-ce le meilleur endroit pour bosser ?

Tout simplement parce qu’il n’y a pas de problème d’égo. Tout le monde est au même niveau, aussi bien les acteurs que les techniciens. Les engueulades ressemblent plus à des chamailleries entre membres d’une même famille du type : « Qui m’a piqué mon soda ? » ou « Je ne te parle plus pour le restant de la journée ». Des trucs de ce genre-là. Pour vous donner un exemple, Mark est quelque de très précautionneux, il converse précieusement des tas de trucs que lui envoies les fans. Et bien le jour de son anniversaire, Michael Weatherly (l’interprète de DiNozzo, NDR) et moi sommes allés lui jeter des sacs entiers de confettis dans sa caravane et durant toute la saison il n’a pas arrêté d’en retrouver partout (rires).

 

Il parait qu’au départ, vous n’étiez pas venu pour jouer le rôle de Jenny ?

C’est un peu plus compliqué que cela. Au tout début de la série, une fois le pilot approuvé, ils ont recasté le personnage de Caitlin et j’étais l’une des candidates potentielles. Mark n’arrêtait pas de m’appeler en insistant pour que j’accepte le rôle. Mais j’avais déjà deux enfants et je connaissais les contraintes d’emploi du temps que représentent un drama d’une heure. J’ai néanmoins fini par accepter de rencontrer Don et au cours de la conversation, j’ai commencé à me demander si je ne faisais pas une erreur en refusant. Comme je ne changeais pas d’avis, Don a finit par me dire : « OK, voilà ce que je te propose. Sasha Alexander doit rencontrer les gens du network et si elle n’est pas retenue, tu prends le rôle ». J’ai répondu : « D’accord ». Et ils ont finalement retenu Sasha (l’interprète de Caitlin dans les deux premières saisons, NDR). Mais je ne regrette rien car aujourd’hui je fais partie d’un show que j’adore tout en travaillant moins que si j’avais décroché ce rôle-là à l’époque donc c’est du gagnant-gagnant.

 

Et aujourd’hui, ce n’est pas trop compliqué de parvenir à concilier la série et votre vie de famille ?

Non car d’une part, depuis cette année, mes fils qui ont quatre, cinq et six ans vont tous les trois à l’école maternelle. Je n’ai donc plus besoin d’être avec eux en permanence. D’autre part, mon personnage n’est pas systématiquement présent à l’écran donc je ne tourne pas tous les jours. Pour certains épisodes, je suis davantage présente mais étant donné que mes enfants peuvent m’accompagner sur le tournage quand bon leur semble, je ne suis jamais très longtemps séparé d’eux. Jusqu’à présent, tout s’arrange donc pour le mieux.

 



Lorsque vous tournez, savez-vous à l’avance ce qui va arriver ?

Voilà ce qui se passe : au début de chaque nouvelle saison, Don informe tous les comédiens des idées qu’il a eu pour l’année à venir concernant chacun des personnages. À mon arrivée sur la série, je me suis dis : « Chouette ». Et alors que je m’apprêtais à tout apprendre quasiment par cœur, Mark m’a dit : « Laisses tomber, il changera tout ! » (rires). Don observe l’évolution de la série au cours d’une saison et part dans la direction complètement opposée, bien que certains éléments soient tout de même parfois conservés.

 

Une femme responsable de tout un département dans une série ayant pour cadre la Navy, c’est assez peu banal ?

Je trouve ça très bien en effet mais je ne crois pas que le véritable NCIS soit prêt pour avoir une femme à un poste pareil. Cependant, les scénaristes devraient suivre cette idée jusqu’au bout car à mes yeux, c’est toujours Gibbs qui donne les ordres ou bien Jenny qui s’excuse auprès de lui. D’ailleurs je répète sans cesse à Mark qu’il doit être Superman car Gibbs entend tout, voit tout et résout tous les problèmes à des kilomètres de distance (rires). Mais après tout, c’est une fiction télé.

 

À ce stade, comment décririez-vous la relation entre Jenny et Gibbs ?

Je dirais que Gibbs a été le seul grand amour de Jenny mais qu’elle a choisi de privilégier sa carrière au détriment de sa vie privée et elle le regrette aujourd’hui. Je crois également qu’elle a du mal à digérer l’arrivée d’une nouvelle femme dans la vie de Gibbs au cours de la saison 4 et que s’il demandait la main de Jenny, elle lui répondrait « oui » sur le champ.

 

Michael Weatherly était ici, à Monte-Carlo, l’an passé et il a précisé qu’il ne portait pas de sous-vêtements dans sa préparation du personnage de DiNozzo. Comment vous préparez-vous pour le rôle de Jenny ?

Pour commencer, je porte des sous-vêtements (rires). Une fois votre texte appris, une grosse partie du boulot est déjà faite. Michael est un vrai boute-en-train sur le tournage, à tel point que contrairement à mon personnage par exemple, ils le laissent improviser. Pour tout vous dire, il débarque sur le plateau sans même connaître son texte. Il écrit ses répliques sur des petits bouts de papiers qu’ils collent dans tous les recoins du plateau et qu’il lit au fur et à mesure de la scène.

 

Sérieusement ?

Je vous assure !

 

Mais c’est des antisèches ! C’est un tricheur alors ?

Michael est un excellent tricheur. Mais jouer ainsi demande également un sacré talent car ce n’est pas donné au premier venu de travailler comme ça. Pour moi, Michael est le nouveau George Clooney. Il est à la fois très drôle, séduisant et excellent comédien.

 



Je suppose que vous n’avez jamais mis les pieds à Paris pour les besoins de l’épisode à la fin de la saison 4 où Jenny se rend dans la capitale française ?

Non en effet. J’étais dans une voiture en studio, filmée sur fond vert. Mais une équipe est bel et bien venue à Paris avec la même voiture pour tourner les plans d’insert en extérieur lorsque des personnages montent ou descendent du véhicule. Ce serait bien malgré tout de faire venir Jenny à Paris. Pour faire un peu de shopping par exemple (rires).

 

Auriez-vous déjà quelques informations sur la saison 5 ?

Non, aucune. Je n’ai encore rien lu. Vous avez vu l’intégralité de la saison 4 ?

 

Oui.

Et bien alors, dites-moi selon vous : le père de Jenny est-il toujours en vie ?

 

Ayant déjà vu pas mal de séries qui aiment faire ressurgir des personnages supposés morts ou bien disparus, je dirais que son père est toujours vivant ?

Vous croyez ? (rires).

 

Oui.

Dans les dernières minutes, vous voyez DiNozzo monter en voiture avec sa fiancée et son beau-père tandis que Jenny est toute seule de son côté et boit un peu trop à mon goût. Je meurs d’impatience de connaître la suite.

 

Quand débute le tournage de la saison 5 ?

L’ensemble du staff revient au bureau après le 4 juillet (jour de la fête nationale aux États-Unis, NDR) et le tournage reprend généralement deux semaines après.

 

Quelles vont être les conséquences du départ de Donald Bellisario (cf. news) ?

Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat ! Toute cette histoire a été montée en épingle par des personnes qui ont sans doute voulu lui faire prendre des proportions dramatiques, tout comme certains ont laissé entendre que cette décision résultait d’une prise de bec entre Donald et Mark. Je ne crois pas que ça se soit vraiment passé ainsi. Il est très fréquent que les créateurs partent au bout de deux ou trois saisons, sitôt la série bien rodée. Donald est resté quatre ans. C’est incroyable et je ne suis pas surprise. De plus, le scénariste principal, Don McGill, reste. Et comme il est souvent très difficile de percevoir la différence entre les scripts de Don et ceux de Donald, notre travail au quotidien ne sera nullement affecté. Il faut savoir également que Donald a besoin de tout contrôler sur le plateau et qu’il nous arrive par conséquent d’être obligé de l’attendre. À présent, nos journées seront sans doute plus courtes (rires).

 

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