A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : Rose Red

Christophe Foltzer | 10 septembre 2017
Christophe Foltzer | 10 septembre 2017

Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist … L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

Rose Red

 

LA MAISON DU DIABLE

Ce n'est un secret pour personne, mais l'oeuvre de Stephen King est probablement l'une des plus adaptées de toute l'histoire de la littérature. Chaque roman, la moindre nouvelle, tout a été plus ou moins envisagé sur petit ou grand écran. S'il y a quelques chefs-d'oeuvre dans le lot, il faut bien reconnaitre que, la plupart du temps, le résultat est assez moyen, particulièrement lorsqu'il s'agit de porter à l'écran une de ses histoires courtes. Et c'est toujours le même problème en réalité, les chaines et les producteurs ont les yeux plus gros que le ventre et veulent faire d'une nouvelle de 20 pages une mini-série de trois heures, avec tous les rajouts que cela implique. Mais, avec Rose Red, nous sommes dans un cas de figure totalement différent.

 

Photo Rose Red

 

En effet, chose exceptionnelle, Rose Red n'est pas une adaptation d'un roman de King mais un scénario écrit par le Maître au début des années 90 et qui aurait dû, à l'origine, être un film produit par Steven Spielberg. Un rendez-vous manqué qui n'empêche pas l'auteur de se remettre au travail sur le script quelques années plus tard, toujours pour le cinéma, avant que le terrible accident de voiture dont il a été victime ne mette le projet en pause. Requinqué, King s'y attaque une nouvelle fois mais le projet a encore changé de visage et sera cette fois une mini-série de plus de 4h diffusée sur ABC au début des années 2000, rencontrant ainsi un gros succès.

 

Photo Rose Red

 

REPOMPAGE OU HOMMAGE ?

Alors c'est bien joli tout ça, mais de quoi nous parle Rose Red ? Du manoir du même nom, gigantesque bâtisse construit par le riche John Rimbauer pour sa femme Ellen au début du 20ème Siècle et que l'on dit hantée par les esprits torturés de ceux qui y ont vécu. En fait, c'est encore plus grave que cela parce que la maison serait elle-même vivante et ordonnerait à ses habitants de l'agrandir. De nos jours, le professeur Joyce Reardon monte une équipe de personnes douées de pouvoirs psi pour passer un court séjour dans la bâtisse et prouver qu'elle est vraiment hantée. Et parmi elles, se trouve la jeune Annie Wheaton, douée d'impressionnants pouvoirs de télékinésie, en compagnie de sa soeur Rachel. Et la maison semble parler à Annie. Pire, elle semble l'appeler.

 

Photo Rose Red

 

Vous l'aurez compris tout de suite, Rose Red est plus ou moins un remake du chef-d'oeuvre de Robert Wise, La Maison du Diable, et, pour une fois, c'est totalement volontaire. En effet, Stephen King voulait écrire depuis longtemps une histoire sur une maison hantée et le film de Wise étant le modèle du genre, autant y aller à fond et utiliser cette formule qui a fait ses preuves. Bien sûr, la même finesse psychologique n'est pas de rigueur puisque, si le doute perdurait dans le classique quant à la réalité du fantastique et du surnaturel, dans Rose Red, les choses sont posées d'emblée, la maison est hantée et Annie a d'énormes pouvoirs. A noter d'ailleurs, pour le trivia que la premières version de l'histoire proposée à Spielberg a quand même fait du chemin dans la tête du réalisateur puisqu'il produira le catastrophique Hantise de Jan de Bont quelques années plus tard, un remake de.... La Maison du Diable.

Cela dit, comme souvent, King puise aussi dans la réalité pour construire son univers et principalement dans la célèbre Maison Winchester, à San José en Californie, énorme manoir construit dès 1864 par Sarah Winchester (des fusils Winchester), veuve et en pleine dépression suite à de nombreux drames familiaux et qui, suite aux conseils d'un médium, bâtit le manoir jusqu'à sa mort pour arriver à une construction iconoclaste, absurde et impressionnante de 160 pièces, 40 chambres, 17 cheminées, sans parler des portes qui donnent sur du vide ou encore des escaliers qui se terminent dans un mur. On comprend de ce fait l'intérêt que King a pu y trouver.

 

Photo Rose Red

 

ROSE ROUGE

D'une durée conséquente, Rose Red et peut-être l'une des meilleures mini-séries du maître tout simplement parce que l'histoire n'a jamais été envisagée que sous un angle visuel et cinématographique. A l'inverse de ses adaptations, il n'y a aucun matériau d'origine à expurger ou censurer et le projet entre parfaitement dans les canons de la télévision de l'époque. Horrifique sans être réellement flippante, violente sans jamais être gore, Rose Red est une belle pièce du genre fantastique qui n'échappe pas à quelques défauts inhérents à son format. Produit d'une chaine de télévision grand public, elle n'échappe pas à une construction en fonction des nombreuses coupures pub qui l'entrecoupent et, de ce fait, son rythme peut rebuter aujourd'hui les spectateurs les plus jeunes peu habitués à la manoeuvre. 

Si le casting n'a rien de prestigieux, il convoque cependant des valeurs sûres comme Mélanie Lynskey (le Créatures Célestes de Peter Jackson) ou encore le trop rare Julian Sands (notre Warlock d'amour) ainsi quelques seconds couteaux ultra-stéréotypés, comme d'habtude chez King. La mise en scène de Craig R. Baxley sans être phénoménale, assure néanmoins le job même si le réalisateur ne se prive pas de quelques mouvements de caméra un peu trop ostentatoires pour être totalement efficaces.

 

Photo Maison WInchester

La Maison Winchester, vue du ciel.

 

Rose Red est une prestigieuse mini-série qui se regarde encore aujourd'hui avec un certain plaisir. Tendu par moments et complètement naïve à d'autres, elle est avant tout le témoin d'une époque. En plein retour du fantastique sur les écrans, produite aux premières heures de la révolution de la série américaine (qui fait à présent jeu égal avec le cinéma) le téléfilm a le cul entre deux chaises mais tient son fil rouge du début à la fin. Et le public de l'époque ne s'y est pas trompé puisque, répartie sur trois soirées, Rose Red a, à chaque fois, réunit plus de 18 millions de spectateurs rien qu'aux USA.

 

RETROUVEZ NOS AUTRES TRESORS PERDUS DE STEPHEN KING

 

Photo Rose Red

commentaires

Gregdevil666
10/09/2017 à 18:49

M'avez pas emballé à l'époque, mais je l'ai vu quand il est sorti, et ça date !
Je l'avais trouvé trop long, et pas assez sanglant.

votre commentaire