The Defenders : on a vu les 4 premiers épisodes du rassemblement bourrin de Netflix

Simon Riaux | 2 août 2017
Simon Riaux | 2 août 2017

Après le débarquement sur Netflix de quatre héros solo, l’heure est venue de les réunir. Que valent donc ces Defenders, union d’une tripotée de personnages diversement appréciés ?

Cette critique est garantie SANS SPOILERS (exception faite des éléments déjà présents dans la promo, notamment les trailers).

Netflix nous a donné accès aux 4 premiers épisodes du show (soit la moitié de la première saison), c'est donc sur leur contenu que porte le texte qui suit.

 

Photo , The Defenders saison 1

 

DEFENDERS ASSEMBLE

Si les Avengers ont prouvé leur viabilité sur grand écran, la réunion de super-héros en format série télé est une autre paire de manche. Jamais réalisée au-delà de ponctuels épisodes cross-overs (entre Flash et Arrow par exemple), ou alors au prix d’un grand n’importe quoi aux airs de fourre-tout fauché (Legends of Tomorrow), cette figure représentait donc pour Netflix et Marvel un sacré challenge.

Défi d’autant plus corsé que les quatre membres des Defenders ont tous bénéficié de plus d’une dizaine d’heures d’aventures solo chacun, qui ont marqué et cristallisé leurs différences – esthétiques comme thématiques. N’oublions pas non plus que malgré la popularité de cette collection initiée par Daredevil, seul ce dernier et Jessica Jones auront bénéficié d’un accueil globalement positif, tant Luke Cage et Iron Fist auront dû faire face à une bastonnade en règle. D’où une évidente question d’équilibre, tous nos protagonistes ne bénéficiant pas du même capital sympathie.

 

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Super ambiance entre super héros

 

Et pour parer à cet important écueil, plutôt que de réécrire drastiquement ses héros ou d’en reléguer certains à l’arrière-plan, la série a fait le choix de leur trouver une bonne raison de s’unir : un adversaire à la mesure de leur puissance, qui justifie pleinement que le spectateur se range derrière cette troupe hétéroclite.

 

Photo Finn Jones, Krysten Ritter, Charlie Cox

 

SIGOURNEY FOR THE WIN

C’est la plus belle réussite de The Defenders. En optant pour une bad girl interprétée par la légendaire Sigourney Weaver, Netflix a marqué pas mal de points. Tout d’abord parce que le personnage bénéficie d’un véritable temps de présence et peut, dès le premier épisode déployer une aura maléfique et vénéneuse absolument délectables.

 

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Sigourney "je vais te péter les rotules" Weaver

 

C’est bien simple, cela faisait des années que l’actrice n’avait pas eu droit à autre chose que des caméos déguisés ou des clins d’œil  référentiels stériles (coucou Neill Blomkamp !). C’est donc un immense bonheur de la voir partir en guerre contre un quarteron de ravis de la crèche, d’autant plus qu’elle n’avait pas eu droit à un personnage aussi travaillé, fin, et retors depuis trop longtemps.

Chacune de ses apparitions est la promesse d’une scène réussie, tant ses dialogues s’avèrent les plus fins, iconiques, et acérés du show. Son âge joue également en sa faveur. S’il est évident que Weaver ne pas sortir un poing américain et démantibuler ses adversaires, sa présence physique, la tension qu’elle sait instantanément générer au sein de n’importe quel dispositif dramaturgique, en font le cœur de cette première saison.

 

Photo Sigourney Weaver

Vous allez apprendre à redouter ce sourire

 

Sa performance est suffisamment intense qu'elle en rend crédible la menace qui pèse sur les personnages principaux et la ville de New York, qui dans l'absolu tient de la mauvaise greffe de comics et ne s'incorpore que très difficilement avec l'univers urbain rugueux et politique décrit dans les précédentes séries. Mais il suffit d'un plan à Weaver, la mine grave, face à Manhattan, pour réaliser combien la menace qu'elle représente est réelle. La Main était jusqu'à présent une idée gentiment foireuse, tantôt abstraite, tantôt terriblement cheap, Sigourney Weaver en fait à elle seule un concept terriblement puissant.

 

Photo Sigourney Weaver

 

PLUS C’EST LONG MOINS C’EST BON

Pour le coup, heureusement que Sigourney est là pour nous filer quelques frissons, tant The Defenders (dans ses 4 premiers épisodes) se la joue petits bras, et choisit délibérément de reconduire les défauts conceptuels maintes fois pointés du doigt lors des précédentes créations Marvel de Netflix.

 

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Un très beau combat dans les toilettes du Futuroscope

 

Alors que nous sommes désormais familiers de tous les personnages, que l’univers dans lequel ils évoluent a été arpenté pendant des dizaines d’heures et que leur union appelait logiquement à un grand feu d’artifice, The Defenders se permet de faire un bon gros doigt d’honneur au spectateur en attente de spectacle. En 4 épisodes, nos héros n’auront été en tout et pour tout réunis qu’une seule fois et nous aurons proposé une seule bataille, sympathique, mais bien trop brève pour nous rassasier, étant donné qu’elle arrive à l’issue de trois premiers épisodes incroyablement bavards et inutilement procéduriers.

The Defenders avait pourtant opté pour 8 épisodes au lieu de 13, un signe qui semblait indiquer de la part de Netflix une volonté d’efficacité et de narration ramassée. Au final, on n’est pas loin de penser que c’est l’inverse qui a présidé à cette orientation. Tout donne ici l’impression que la série est pensée comme une figure imposée si risquée qu’il faut la jouer à la sécurité, en bétonnant une intrigue parfaitement artificielle, laquelle réunit nos héros, qui mettront encore une bonne heure avant d’accepter l’idée de collaborer….

 

Photo Finn Jones, Krysten Ritter, Charlie Cox, Mike Colter

Les Pieds Nickelés, le retour

 

Soit une sorte de nouvelle introduction, de répétition à l’attention de ceux qui n’auraient pas découvert leurs aventures solo. Signe qui ne trompe pas, Daredevil nous la joue à nouveau cagoule dans la street, plus d’un an après s’être confectionné son costume. Ainsi, chaque intrigue reprend artificiellement du début, et condamne la série à pédaler dans la semoule pendant la moitié de la saison. Difficile de croire qu'après toutes ces heures d'aventures (déjà très répétitives en termes de construction), la série débute par une investigation poussive, amenant toutes les routes à se croiser, quand d'innombrables solutions, narratives, technqiues, ou de montage, permettaient de dynamiser ce récit choral.

 

Photo

L'épisode du restau chinois, un certain art du surplace

 

MULTIPLIER LES PETITS PAINS

Mais si le rythme est poussif, l’écriture forcée et la recette désormais bien trop reconnaissable pour nous éviter de longues plages d’ennui, on aurait tort de voir dans The Defenders un ratage comparable à Iron Fist. Ainsi, si les scènes d’action sont bien trop rares et éparses, renvoyées à des décors suburbains aussi attrayants que les toilettes bouchées d’un gymnase de banlieue, elles demeurent techniquement très solides et plaisamment chorégraphiées.

Pareillement, on aura beau bailler dès qu’Iron Fist ou Luke Cage prennent la main, Jessica Jones demeure le trublion électrique de ce gang hétéroclite, c’est bien souvent elle qui permet d’assoir une tonalité simultanément plus adulte et pop. En témoigne la conclusion de l’épisode 4, un des rares moments tout à fait satisfaisants du show, qui lui doit énormément.

Il en va de même pour Daredevil ou encore Stick, capables d’injecter un peu de tension dramatique en levant un sourcil. Ils sont régulièrement là pour nous rappeler que malgré ses lourdeurs, en dépit d’un refus un peu ridicule du divertissement simple et immédiat, Netflix a su réunir une sacrée brochette, et dispose toujours des ingrédients capables de les faire monter en sauce.

 

Photo

 

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commentaires

Simon Riaux - Rédaction
21/08/2017 à 10:52

@Captain05
Pourquoi critiquer 4 épisodes, soit la moitié de la première saison.
Deux raisons.

La première, c'est que Netflix souhaite manifestement que la série soit appréhendée ainsi, puisqu'elle met à notre disposition 4 épisodes avant la sortie de la série, afin que nous puissions écrire sur le sujet. C'est donc que la production considère ce premier arc comme représentatif et légitime.

Enfin, 8 épisodes, soit grosso modo 6h30/7h de ,narration, voilà qui est délicat et difficile à synthétiser en un texte critique qui ne soit pas indigeste. Séparer cette critique en deux permet donc d'aborder les éléments qui composent le show avec un peu plus de précision.
Et puis bon, quand une série est incapable d'offrir ne serait-ce qu'une scène correcte en 4 épisodes... Il y a quand même un souci non ?

Captain05
21/08/2017 à 01:52

Comment peut on faire la critique de la moitié d'une série ... c'est comme si on se mettait à faire celle de la moitié d'un film bon nombre de chef d'oeuvre ou de très bon film n'aurait plus la même aura ni même la même capacité à nous transporter à la fin. Parce que non seulement l'action c'est pas que de la bagarre, il me semble que c'est bien souvent le bavardage qui fait avancé les choses et le plus interessant dans un scenario ... alors autant je suis d'accord sur le fait qu'une critique est personnelle d'ailleurs il y'a autant d'avis que d'habitants qui peuplent ce monde . Mais là vous coupez inutilement l'herbe sous le pied de la série pour bon nombre de personne qui reste sur des à priori ou qui justement écoute sans cesse les autre sans pour autant essayé de se forger leur propre opinion. ...
Sinon les 5 premiers font monter la sauce crescendo et elle fini d'avantage les chapitre de Daredevil et Iron Fist auquel viennent se greffer les personnalités de Luke et Jessica. De plus il faut au moins bien autant d'épisode pour les reunir de manière cohérente et pas juste encore une fois faire un truc bancal. Donc une serie qui je trouve corrige justement les lourdeurs et défaut de chacune des séries qui présente les personnage de manière intelligente pour satisfaire les néophytes ainsi que les plus calés ... si la fin est du même niveau et nous trouve une apothéose à la mesure du plaisir qu'on a en la regardant ca va être dantesque. Ah oui le générique est génial.
Et avant qu'on vienne me dire oui mais tu fais exactement tout le contraire de ce que tu dis en exprimant toi aussi une opinion à la moitié d'une série. ... je répondrais juste que mon but et de redonner foi en l'humanité :)

Interpol(TheBand)
19/08/2017 à 22:33

Ça reste toujours plus intéressant que le MCU côté cinéma.

Paf
09/08/2017 à 01:09

Jessica Jones est bien la seule série que j'ai pas aimé , daredevil peut dire merci au punisher qui a fait 95% du boulot ,luke cage avait qqch , ironfist je me suis pas ennuyé dessus en soi bien au contraire. Je trouve que c'est franchement subjectif tout ça

Carmencitta
03/08/2017 à 15:20

Si Iron Fist est décevant, je ne comprends pas la critique de Luke Cage. Les personnages sont bien dessinés, la photographie est géniale et la BO est sublime. La série est de qualité, loin des sheap et poussifs Flash et Arrow. Jessica Jones est une des meilleures séries que je connaisse, mettant enfin les femmes à un rang que j'attendais. Enfin Daredevil saison 1 est aussi une série géniale mais la seconde est décevante, longue et ennuyante.
Malgré mes critiques, j'espère que Defenders sera bien. Je l'attends mais j'ai peur du manque de rythme et de trop de blabla : principaux points noirs des 4 séries.

Nono
02/08/2017 à 16:33

1 - Daredevil correct, mais pas plus
2- Jessica Jones, je n'encadre pas l'actrice, je la trouve antipathique .
3- Luke Cage, vu un épisode, nul
4- Iron Fist que le nom, dans les années 70/80 dans les comics, il était toujours en costume, voir son visage a été la révélation de la fin d'une histoire pour dire, là c'est l'inverse, pas de costume du tout, je passe

The Defenders pourquoi regarder cette série, sur les 4, il y a que Daredevil de potable à peu près, une série que je ne regarderais pas

Faboloss
02/08/2017 à 16:02

C'est parti, Netflix se prend pour la Paramount ou la Warner à tout miser sur les longs et oubli déjà d'où il vient c-à-d- les Séries !

Zebbar 18
02/08/2017 à 15:56

Tout a faire d accord avec dreed déjà dans GOT pas terrible alors la c est du foutage de gueule

Dredd
02/08/2017 à 13:26

Alors la performance de Finn Jones ne s'est pas améliorée ? Putain qu'ils changent cet acteur. Je me demande toujours comment il a fait pour se retrouver dans ce genre de productions vu son jeu d'acteur qui est vraiment nul.

Funkybabtou76
02/08/2017 à 13:07

Ecranlarge sérieusement? Relisez vous....c est pas pro!

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