Outlander : la série fantasy qui vous plonge au milieu de l'Ecosse du XVIIIème siècle

Grégoriane Benoit | 19 juillet 2016
Grégoriane Benoit | 19 juillet 2016

Outlander, le programme diffusé sur Netflix vient de conclure sa saison 2 sur un terrible cliffhanger émotionnellement perturbant qui risque de mettre à vifs les nerfs du spectateur.

Outlander c'est, à la base 8 romans fantasy écrits par Diana Gabaldon, qui racontent une histoire d'amour contrariée entre deux personnes d'une époque différente : Claire infirmière de Guerre (1945) et James, jeune guerrier rebelle au milieu des Highlands d'Ecosse avant la bataille de Culloden (1743). Starz s'est emparé du projet et le showrunner et producteur délégué Ronald D. Moore a adapté pour le petit écran les deux premiers tomes pour en faire une série totalement addictive, à la fois romantique, historique et dont la violence crue et réaliste atteint parfois les limites du supportable. 

Caitriona Balfe

Qu’est-ce que ça raconte ?

 

1945, Claire Randall, ancienne infirmière de Guerre passe son voyage de Noces avec son mari Franck Randall au milieu des terrains verts d’Ecosse. A peine réunis depuis la fin de la guerre, les deux époux n’ont pas grand-chose à partager si ce n’est une vie sexuelle active. Mais le jour où Claire se rend à Craigh Na Dun, elle est attirée par une vibration provenant de menhirs. A peine a-t-elle posé les mains sur la pierre qu’elle se trouve téléportée plus de 200 ans en arrière, en 1743, l’époque des Highlands. Elle devra apprendre à s’adapter aux mœurs bien différentes du pays et trouver un moyen de rentrer chez elle.

Etonnant qu’une série historico-romantique ait été diffusée pour la première fois en 2014 sur la chaîne Starz, qui est plus habituée à vanter les mérites des corps dénudés et libres de leurs mouvements comme dans un Girlfriend Experience ou même un Flesh and Bone. Et pourtant nous y voilà et nous aurions tort de le nier, Outlander est une série qui parle d’abord d’amour, puis d’histoire et enfin de voyage dans le temps. De quoi en dégoûter plus d’un qui s’apprête à passer son chemin sans chercher à voir plus loin : de la collection Harlequin chez le scénariste de Star Trek et scénariste de Battlestar Galactica diffusé chez Starz ? Auraient-ils tous perdu la tête ??!

Caitriona Balfe, Tobias Menzies

Apparemment pas puisque dès les premières diffusions, la critique américaine est dithyrambique : Outlander est addicitf, bien fait, ultra-réaliste et, malgré quelques petits défauts, parvient totalement à plonger son spectateur dans le récit sans jamais l’en sortir, du moins lorsqu’il aura passé le stade du pilote. Car le show prend un risque énorme dès le départ et tarde à emmener son personnage vers son sujet avant un bon 30 minutes (quand l’épisode dure 1h). Il enchaîne les scènes de sexes peu intéressantes, les discussions abstraites sur l’histoire de l’Ecosse au XVIIIème, ainsi que les pensées de Claire Randall amenées par une voix off, avouons-le, plutôt insupportable.

Ce que le spectateur ignore à ce moment, c’est que la série implante les éléments essentiels du récit qui permettront de comprendre par la suite ce que l’on trouvait quelque peu inutile au départ : une vie ennuyeuse et monotone pour Claire qui n’a plus rien à partager avec son mari, hormis le sexe, des explications sur la manière dont elle pourra survivre une fois transportée en 1743 et un décalage entre l’interprétation historique et ce qu’il s’y passait vraiment.

danse des druides

Attention SPOILERS !!

Et passé ces longues 30 minutes les événements s’enchaînent, Claire se retrouve nez à nez avec l’ancêtre de son mari, qui lui ressemble trait pour trait et tente sympathiquement de la violer. Sauvée par un rebelle écossais, elle finit prisonnière et s’en sort grâce à ses dons d’infirmière en remettant l’épaule d’un jeune et (avouons-le) séduisant jeune mâle écossais. Tentant de s’enfuir plusieurs fois, elle finit amenée de force dans un grand château en se disant que peut-être, elle ne serait plus en 1945…

 

Une série Harlequin ?

Alors, bien sûr, Outlander a des défauts et pourrait rebuter bon nombre de personnes si elles ne parviennent pas à passer outre certaines des lourdeurs scénaristiques. D’abord, l’utilisation systématique de la voix off est tout simplement dommageable à l’intrigue même si nécessaire. La voix quelque peu sirupeuse pourrait nous faire penser à une adaptation de 50 nuances de Grey en Ecosse au XVIIIème où la jeune vierge effarouchée s’adresserait à son spectateur pour qu’il puisse mieux saisir ses sentiments. Et par cette occasion, la voix off relève de la facilité scénaristique totalement déconcertante qui prouverait que les auteurs sont incapables de nous faire passer les émotions signifiantes par les actions.

Caitriona Balfe

Cependant, celle-ci ne témoigne pas d’une faiblesse scénaristique mais bien d’une nécessité visant à assumer totalement son aspect romanesque. Et en cela, Outlander respecte véritablement les enjeux des livres de Diana Gabaldon sans jamais la trahir. La série de Ronald D. Moore EST une adaptation d’un roman fantasy-historico-romantique et rien ne sert de le nier !

Et ce n’est pas tout, le risque du spectateur de décrocher de la série (certains ont déjà abandonné dès les 30 premières minutes, nous le savons !) oblige à prendre des mesures radicales : plonger celui-ci à la place de la protagoniste afin de vivre à travers elle la découverte de ce « nouveau monde », ses faux-pas, ses incompréhensions et d’évoluer en même temps qu’elle. L’une des réussites d’Outlander est de ne jamais mettre le personnage principal en décalage avec le ressenti du spectateur et, en cela, très peu de séries possèdent une telle capacité d’identification.Caitriona Balfe, Sam Heughan

De même, certains dialogues font parfois franchement sourire et gâchent certains des moments les plus forts émotionnellement par leur naïveté et leur romantisme trop exacerbé. Directement tirés du roman, ils n’ont pas un intérêt très fort pour le récit en lui-même mais comblerons les romantiques. Pour les autres, bouchez-vous les oreilles à ce moment-là et laissez passer, ils sont faciles à voir venir de toute façon !

Enfin, et nous nous arrêterons là sur les défauts, Outlander avance lentement. Ce n’est pas réellement un défaut (surtout pour tous les fans de Game of Thrones dont la patience rendrait tout profane admiratif) puisque cette lenteur ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Les conflits sont perpétuels dans Outlander mais certaines intrigues semblent tourner en rond. En réalité, le show propose une évolution très calculée chez chaque personnage qui comme une belle boucle temporelle revit des instants et les gère différemment. Il n’y a pas de meilleure manière que la répétition pour témoigner des changements les plus radicaux.Sam heughan, Tobias Menzies

 

De vrais personnages, de la torture et du viol !

Il est indéniable que la grande force dans Outlander réside dans ses personnages principaux et secondaires. Leur caractérisation est intelligemment pensée partant d’un archétype pour aller vers l’ambiguïté : et c’est là que le propos romantique Harlequin assumé prend tout son sens. Plonger le spectateur dans un univers auquel il s’attend pour le décontenancer par la suite, ça c’est l’esprit Starz !Tobias Menzies

Les personnages principaux Claire et James interprétés par Caitriona Balfe et Sam Heughan nous livrent une interprétation touchante et vraie, et sont d’autant plus attachants qu’ils s’en prennent littéralement plein la figure. Mais la « palme » revient incontestablement à Tobias Menzies, à la fois ancien mari de Claire et ancêtre psychopathe et sadique de celui-ci, en la personne de Jonathan « Jack Black » Randall qui est sans conteste l’un des méchants les plus ignobles de la télévision. A côté, Ramsay Bolton est un adorable bichon ! Son obsession homosexuelle, morbide et destructrice pour James Fraser vous vaudra l’un des moments les plus insupportables de la télévision : bref, du torture porn et du viol explicite, réaliste et cru qui marque, dans les derniers épisodes de la saison 1 d’Outlander, un véritable tournant dans la série dont on prend conscience qu’elle n’a pas peur de dépasser les bornes.Caitriona Balfe, Sam Heughan, Tobias Menzies

Et c’est un véritable coup de maître de faire subir la destruction psychologique d’un des personnages principaux, au risque de violemment bouleverser les nerfs de son spectateur. Car le bel écossais, viril, grand et que rien n’atteint, sorti tout droit de romans à l'eau de rose, en prend un sacré coup (c’est le cas de le dire…) et devient une ombre traumatisée par les désirs pervers de son bourreau et brise la relation idyllique de deux personnages passionnés.

 Ce n’est pas pour autant qu’Outlander se place comme une série qui distribue le sexe et la violence de manière injustifiable. Chaque coup dur et chaque moment d’extase est au service de l’évolution de personnages qui apprennent à nuancer leur vision : Claire, féministe têtue et assumée, accepte qu’une femme n’a pas besoin de se battre contre les clichés machistes pour défendre l’égalité des sexes. Jamie, homme rustre et traditionnaliste, prendra conscience qu’un homme doit accepter ses faiblesses et comprendra mieux ce que peut subir la femme au quotidien.

Sam Heughan

 

La fantasy écossaise 

Au-delà des intrigues, Outlander peut se vanter d’une mise en scène particulièrement virtuose et efficace. La beauté et le travail des images parviennent à provoquer l’émotion chez le spectateur car son image n’est pas uniquement esclave de l’histoire comme la plupart des séries américaines. De plus les décors naturels sont bouleversants, un dépaysement total pour un spectateur qui basculera dans une fresque historique réaliste et crue qui ne lui enlèvera pas l’émerveillement que la fantasy produit d’habitude. Ajouté à cela une musique enivrante composée Bear McCreary (élève du célèbre Elmer Bernstein) et nous voilà transportés dans un monde qui nous emmène bien loin du quotidien dans un contexte d’époque pourtant proche de la réalité.Craigh Na Dun

Outlander est une série en perpétuel mouvement et sa saison 2 est moins centrée sur l’histoire d’amour que sur la fresque historique et le voyage dans le temps. Est-il possible de modifier le passé pour changer l’avenir ? Et si la bataille de Culloden qui a mis fin aux Highlands n’avait jamais eu lieu ? C’est le voyage qu’entreprennent Claire et Jamie jusqu’à Paris pour empêcher la terrible bataille. Mais cette obsession de vouloir changer le temps leur sera fatal et la saison 2 se terminera sur le cliffhanger le plus déchirant de la série. Une torture pour les spectateurs qui devront attendre la 3ème saison en 2017 pour en savoir plus.

Caitriona Balfe, Sam Heughan

Cela dit, pour les plus impatients, il se pourrait bien que le 3ème tome vous donne la réponse. Nous pouvons déjà vous dire que vous devrez prendre votre mal en patience avant de pouvoir retrouver le couple Claire/James à nouveau réuni, 20 ans plus tard… Et pour les curieux, les deux premières saisons d'Outlander sont encore disponibles sur Netflix !

Caitriona Balfe, Sam Heughan

commentaires

Grégoriane Benoit
24/07/2016 à 17:40

@annette13

La série se trouve toujours sur Netflix France mais comme le dernier épisode de la saison 2 a été diffusé il y a deux semaines et que beaucoup d'autres séries ont vu le jour depuis, il est possible qu'elle ne soit plus affichée correctement sur la chaîne.

Tentez via la recherche "Outlander" et je pense que vous la retrouverez sans problème. ;-)

annette13
24/07/2016 à 13:38

je ne trouve plus cette série "Outlander" sur Netflix. Pourquoi ?

LaTeub
20/07/2016 à 08:20

On peut parfaitement regarder GOT et Outlander, The Flash, Daredevil, Legend of Tomorrow ou encore Big bang theory ou Stranger things... Eclectisme tu connais Hildegarnic?

R90
20/07/2016 à 00:15

@Hildegarnic

Refuser de prendre le chemin emprunté par "le troupeau" par principe serait donc plus intelligent ? Ha...
On peut sinon suivre la qualité, selon ses goûts, et indépendamment du buzz et succès, qu'ils soient bons ou pas.

Hildegarnic
19/07/2016 à 21:03

LA série (en dehors de Banshee) que je conseillerai à tout ceux qui ne veulent pas suivre le troupeau GoT. Comme moi.

Grift
19/07/2016 à 20:16

Merci pour l'article qui donne envie de regarder la série.

J'ai cependant du le lire en diagonale car sinon on en apprends un peu trop sur l'intrigue et les événement a venir à mon gout.

LaTeub
19/07/2016 à 18:01

Ça fait un petit moment que je connais cette série (sans avoir jamais lu les livres!) et j'en suis fan! Je l'ai conseillé à plusieurs personnes qui à chaque fois ont adoré! A noter le superbe générique...

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