24 heures chrono - Saison 7

Vincent Julé | 10 septembre 2009
Vincent Julé | 10 septembre 2009

Qu'est-ce que 24 heures chrono aujourd'hui ? Une mauvaise habitude ? Un plaisir coupable ? Une série révolutionnaire ? A chaque début du mois de janvier (ou septembre chez nous), c'est le même rituel. Quatre épisodes sur deux jours en intraveineuse, et nous voilà redevenus accros.  C'est la principale force de la série, réussir à remettre les pendules à l'heure à chaque saison. Que l'on ait été satisfait, déçu ou biaisé par la précédente, la nouvelle s'en fout, et ne prend souvent même pas la peine de résoudre les enjeux ou cliffhangers laissés en suspens. Que Jack soit mort, drogué, otage ou barbu, he's always back... et le couperet de tomber à chaque fois par l'intermédiaire d'un coup de téléphone du rédac' chef : « Putain, c'est le meilleur épisode de la série ! ». Jusqu'au suivant bien entendu.

 

 

 

Il faut dire que depuis la saison 5 et son démarrage with a bang, la série n'a plus peur de rien et ose tout pour surprendre les attentes du spectateur et gagner le plus vite possible sa complicité. La disparition de deux personnage phares en saison 5 et l'explosion atomique en plein Los Angeles en saison 6 en étaient de belles preuves, et le rush d'adrénaline pouvait aisément accompagner le spectateur jusqu'à l'épisode 10... avant un lent mais irrémédiable retour sur terre. Et toujours cette question : les auteurs ont-ils vraiment planifier toute la saison ou improvisent-ils, voire se foutent de notre gueule ?

 

C'est ainsi que la saison 7 est présentée comme celle du renouvellement, celle où tous les griefs ont été entendus. Malheureusement pour elle, elle ne débute pas sous les meilleurs auspices avec des rumeurs de development hell (tourne en Afrique, tourne pas en Afrique ?), puis la grève des scénaristes qui la repousse d'un an et enfin le téléfilm 24 heures chrono : Exil qui devait être une piqûre de rappel mais qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Pourtant, force est de constater que cette saison 7 joue effectivement la différence. Pas de nuclear device, pas de tentative d'assassinat, à peine l'enlèvement d'un expert de la sécurité, un coup d'Etat loin là-bas, au Sangala, et surtout, Jack Bauer sur le banc des accusés.

 

 

 

L'une des critiques régulières envers la série, au-delà de ses pauses pipi et autres téléportations, est l'enthousiasme avec lequel Jack peut se retrouver à torturer un terroriste, voire la mère ou la petite sœur de celui-ci. Ce n'est pas « on frappe et on discute après », mais plutôt je décapuchonne mon stylo bille pour t'énucléer  ou je fais croire que je massacre ta famille. La mise en perspective de ses actes est d'ailleurs toujours présente au sein de chaque saison, qui voit l'entourage de Jack et plus encore les êtres aimés, en devenir les victimes directes ou indirectes. Teri, Kim, Audrey... Jack assume ou plutôt prend ses responsabilités, et surtout ne manifeste aucun regret. Si c'était à refaire, il ferait exactement pareil. Non ce qui le désole, c'est que le monde d'aujourd'hui (et plus encore les Etats-Unis ?) ait besoin de quelqu'un comme lui.

 

      

 

Dix minutes plus tard, le FBI vient le chercher pour sauver ce monde encore une fois. Jack connaîtrait bien le responsable des actes terroristes perpétrés durant cette septième journée. (attention gros spoiler) Et en effet, TONY IS BACK... with a vengeance ! Celui que l'on croyait mort en saison 5 (mais qui n'avait eu le droit à la silent clock), le seul à pouvoir en redonner à voir à Jack, le personnage préféré des fans... après Jack, ou pas (fin du gros spoiler). Cette saison 7 joue donc plus la corde nostalgique et émotionnelle que celle du spectaculaire et de la surenchère. Elle est finalement plus portée par les personnages que par l'action, les enjeux ou les révélations. Si la série introduit de nouveaux personnages comme la première Présidente femme, Allison Taylor, ou le grand méchant de service, John Voigt, elle accomplit cette saison l'exploit de créer un personnage qui s'intègre directement à l'univers de la série. Sorte de double angélique de Jack, la rousse Renee Walker acquiert en quelques épisodes, voire scènes, une stature que lui envieraient presque certains personnages historiques. Cette septième journée est aussi celle de Renee Walker, et comment elle devient le nouveau Jack Bauer.

 

24 heures chrono saison 7 : Tous les jeudis soir à 20h50 sur Canal + à partir du 10 novembre 2009. 

 

 


 

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