Desperate housewives - Saison 4

Stéphane Argentin | 28 août 2008
Stéphane Argentin | 28 août 2008

Conscient que le petit quotidien des femmes au foyer désespérées de Wisteria Lane, aussi trépidant soit-il, pourrait finir par lasser, les scénaristes ont dessiné d’injecter un peu de sang « neuf » au cœur de cette quatrième saison de Desperate housewives. Conscient également de la bourde effectuée en la matière au cours de la saison 2 avec l’introduction de personnages sans lien aucun avec les héroïnes (la famille Applewhite), ils ont cette fois-ci judicieusement rectifié le tir avec l’arrivée d’une « ancienne » du quartier, une dénommée Katherine Mayfair. Pourquoi avait-elle quittée cette banlieue si charmante de Wisteria Lane ? Pourquoi est-elle revenue ? Telles sont les deux grandes questions qui serviront de fil rouge à cette nouvelle saison amputée d’une poignée d’épisodes pour cause de grève des scénaristes hollywoodiens (17 contre 23 habituellement).

 

 

Un bien pour un mal puisqu’avec un nombre plus ramassé d’épisodes, ce nouveau fil rouge évite ainsi les étirements inutiles qu’avait connus le suicide mystérieux de Mary Alice Young au cours de l’année inaugurale et auquel ce nouveau secret familial ne manquera pas de faire penser. Katherine n’est pas venue seule, entraînant avec elle sa fille, adolescente qui a visiblement bien du mal à se souvenir de sa meilleure amie Julie, la fille de Susan (c’est bon, tout le monde suit toujours ?), et bien entendu son mari Adam, campé par un Nathan Fillion hélas trop peu présent à l’écran tant le comédien excelle dans ces rôles de grand dur au cœur tendre non dénué d’humour (cf. son personnage à la « Han Solo » dans l’excellente Firefly). Les Mayfair se fondent néanmoins à merveille dans le « moule Wisteria » tant cette famille semble elle aussi déborder de secrets sitôt les rideaux du séjour refermés.

 

Pour la petite histoire, l’interprète de la nouvelle desperate housewife, Dana Delany, s’était vue proposer le rôle de Bree au tout début de la série mais avait déclinée l’offre. Ce n’est donc pas un hasard si sa Katherine se pose comme la parfaite Némésis de Bree moyennant quelques améliorations, notamment d’ordres culinaires. Une énième rivalité parmi tant d’autres à Wisteria où de mini-tornades pointent à l’horizon, au sens propre (épisode 4.9- Something's coming) comme au sens figuré dans les foyers de chacun. Que dire dès lors à propos de cette quatrième fournée d’épisodes sans trop déflorer l’effet de surprise ? Que les jeunes mariés (Gabrielle – Victor d’un côté et Susan – Mike de l’autre) ne connaitront pas les idylles attendues. Que les secrets de polichinelles des uns (le cancer de Lynette) et des autres (la fausse grossesse de Bree) ne feront pas forcément long feu. Ou encore que l’arrivée d’un couple gay relève, pour l’heure, davantage de l’anecdote ou de l’opportunisme quant à l’élargissement du public potentiel de la série. De là à dire que son créateur, Marc Cherry, dont l’homosexualité n’est plus un secret pour personne, ait soufflé l’idée de cette introduction, il n’y a qu’un pas.

 

Quant au revirement final, l’avenir nous dira s’il s’agissait là encore d’un simple artifice visant à copier le principe d’une lointaine cousine diffusée sur le même network aux États-Unis (le diptyque Through the looking glass de Lost pour ne pas la citer) ou bien le véritable déclencheur scénaristique d’une cinquième saison encore plus palpitante. Pour l’heure, la quatrième continue de nous (é)mouvoir entre rires, larmes, coups de cœur et coups du sort. Du pur desperate en somme.

 

 

Desperate housewives saison 4 : Tous les jeudis soir à 20h50 sur Canal + à partir du 28 août 2008.

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