Esprit cathodique - Numéro 19

Patrick Antona | 13 juin 2008
Patrick Antona | 13 juin 2008
Parce qu’il n’y a pas que le ciné et les DVD dans la vie. Et parce qu’il y a aussi la TV et qu’avec le nombre de chaînes hertziennes, celles de la TNT sans oublier surtout celles du câble et du satellite, il y a de quoi devenir fou à éplucher les programmes pour trouver THE film à voir confortablement installé dans son canapé. Ecran Large, par l'intermédiaire de son fin limier Patrick Antona, vous aide à vous y retrouver en vous offrant une sélection de ce qui serait sympathique de voir chaque semaine. Pas forcement le best of the best mais un melting-pot savamment préparé par le maestro. Voici le choix de cette semaine allant du 14 juin au 20 juin 2008.

 

 

Samedi 14 Juin

 

 

Silmido

Canal+ cinéma

23:15

 

Exemple parfait du cinéma coup de poing comme seuls sont capables les jeunes cinéastes du Pays du Matin Calme, Silmido est l'histoire vraie (à quelques détails près) et donc incroyable d'un commando sud-coréen à la « 12 Salopards » initialement constitué pour faire la peau au président nord-coréen, l'unité 684. Une fois sacrifiée sur l'autel de la réconciliation Nord-Sud, les mercenaires coréens se rebifferont les armes à la main contre leurs employeurs, révolte violente parfaitement retranscrite à l'écran, pour ce qui sera un des plus gros succès commerciaux au BO local, avant The Host.  

 

 


 

 

 

Dimanche 15 Juin

 

 

Superman returns

TPS

20:55

 

Illustré par le bon mot « donner c'est Donner, reprendre c'est Singer » sur le site EcranLarge au moment de sa sortie, le Superman returns du nouveau pote de Tom Cruise est un film qui prête encore à polémique. Prenant l'option, courageuse, de se placer dans la continuité du diptyque Donner-Reeve des années 70, alors que la mode des adaptation actuelles est dans le « relaunch », le film de Bryan Singer tente de concilier une forme de cinéma classique et spectaculaire avec une vision intimiste de celui qui est présenté ici comme un Dieu aux pieds d'argile. Même si notre super-héros préféré en collant bleu passe un peu trop de temps à soulever des avions ou des iles de kryptonite, énervant ceux qui s'attendaient à plus d'action, la question essentielle qui est posée et à laquelle finit par répondre le film est oui, le monde a toujours besoin de Superman. Et il faudrait même qu'il se grouille un peu, vu le bordel ambiant ....

 

 


 

 

 

Lundi 16 Juin

 

 

Toi, le venin

Cinecinema Classic

20 :45

 

Avant de devenir le pape de la mise en scène live à prétention biblique, Robert Hossein a été dans les années 50 et 60 un des réalisateurs de polar les plus intéressants. Des films comme Les Salauds vont en enfer, Les Scélérats ou Toi, le venin, où il se mettait astucieusement en scène, démontraient d'une vraie maîtrise du polar (souvent inspiré de Frédéric Dard) à l'atmosphère noire savamment distillée, avec sexe et violence. Le film de ce soir marque aussi le point culminant du couple à l'écran comme à la ville Robert Hossein/Marina Vlady, cette dernière montrant des qualités indéniables de femme fatale qui supporte aisément de la comparaison avec Barbara Stanwyck ou Veronica Lake.

 

 


 

 

 

Mardi 17 Juin

 

 

Wattstax

Arte

22:20

 

Organisé le 20 août 1972, l'édition du festival Wattstax appelé aussi le « Woodstock  black » sera un des moments essentiels pour la construction d'une opinion noire, volontaire et militante. Créé l'année suivante des émeutes sanglantes de 1965 dans le quartier de Watts à Los Angeles, le festival atteindra son apogée dans les années 70, avec à l'affiche les plus grandes stars du label funk et soul music, la Stax, devant un public de plus de 100 000 personnes issues des quartiers défavorisés ; l'autre compagnie noire, la glorieuse Motown n'était pas trop motivée pour faire campagne politique. A voir pour découvrir les prestations live de légendes telles que Isaac Hayes, Rufus Thomas, Richard Pryor et le discours inspiré du pasteur démocrate Jesse Jackson, le tout entrecoupé de saynètes qui font découvrir la réalité concrète de la communauté dont sera peut être issu le prochain président des USA. 

 

 


 

 

 

Mercredi 18 Juin

 

 

Un frisson dans la nuit

TCM

20 :45

 

Qui aurait cru que l'homme sans nom des westerns de Sergio Leone devienne un des auteurs essentiels du cinéma actuel ? Et bien tous ceux qui avaient découvert son premier essai, et coup de maître, en temps que réalisateur au moment de la sortie d'Un Frisson dans la nuit (Play mysty for me en VO), où l'acteur-réalisateur joue avec ambivalence et talent de son image de macho séducteur, ici au prise avec une conquête d'une nuit qui deviendra son cauchemar. A savoir qu'au moment de la préparation de Liaison fatale, les producteurs avaient tenté d'intéresser John Carpenter à la mise en scène, offre qu'il déclina en avançant que le scénario n'était qu'un pompage du film de Clint. C'est ce que l'on appelle du respect, et logique quand on connaît l'estime que se portent ces deux vieux cow-boys d'Hollywood.

 

 


 

 

 

Jeudi 19 Juin

 

 

A la folie... pas du tout

W9

20 : 45

 

Avoir réussi à concilier le drame psychologique à la française avec la forme du thriller basique n'est pas un des minces exploits réussis par Laetitia Colombani, mais en plus elle réussit à trouver le ton juste pour que ses acteurs, Samuel Le Bihan  en cardiologue harcelé par l'érotomane Audrey Tautou, soient crédibles. De plus, le trouble entretenu pendant tout le film réussit à durer au-delà d'une bien belle image finale, alors que les cinéastes français nous avaient habitués à des conclusions plus ou moins bâclées. C'est dire si l'on attend avec attention son second long, Mes stars et moi avec Kad Merad, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart prévu pour octobre, pour voir si l'actrice/réalisatrice transformera l'essai.

 

 


 

 

 

Vendredi 20 Juin

 

 

Elle s'appelait Scorpion

Arte

23 :30

 

Vendredi soir prochain sur Arte, soit vous annulez vos sorties, soit vous faites chauffer vos enregistreurs vidéo, car ce n'est ni plus ni moins qu'un des chefs d'œuvre du cinéma d'exploitation des 70's que la chaine culturelle propose aux yeux ébahis des spectateurs abrutis de football pendant la semaine. Elle s'appelait Scorpion est le deuxième volet de la saga de Scorpion aka Sasori en japonais, détenue rebelle et anarchiste qui provoquera l'émeute dans le pénitencier où elle est enfermée (à tort) après avoir séduit ses partenaires et exterminée une partie des gardiens, puis ira accomplir sa vengeance. Monument du cinéma trash, au carrefour du WIP (pour Women In Prison), du rape-and-revenge et du roman-porno japonais, le film bénéficie d'un visuel somptueux mais surtout de la présence magnétique de sa vedette, la superbe Meiko Kaiji, dont la sombre beauté illuminera trois des volets de la série des Female Convict Scorpion dans les années 70 et deviendra une des sources d'inspiration de Quentin Tarantino (et dont la chanson « Urami-Bushi » sera utilisé pour Kill Bill). Pour ceux qui seraient intéressés par le destin de la meilleure protectrice des droits de la femme qui soit, l'intégrale des 6 films des années 70 est disponible dans un coffret sorti chez Fox Pathé Europa.

 

 

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