Esprit Cathodique - Numéro 2

Patrick Antona | 8 février 2008
Patrick Antona | 8 février 2008

 Parce qu’il n’y a pas que le ciné et les DVD dans la vie. Et parce qu’il y a aussi la TV et qu’avec le nombre de chaînes hertziennes, celles de la TNT sans oublier surtout celles du câble et du satellite, il y a de quoi devenir fou à éplucher les programmes pour trouver THE film à voir confortablement installé dans son canapé. Ecran Large a décidé de mettre à votre service son plus fin limier, Patrick Antona et ses 17 255 films vus (compteur arrêté au 18 janvier 2008) pour vous offrir une sélection de ce qui serait sympathique de voir chaque semaine. Pas forcement le best of the best mais un melting-pot savamment préparé par le maestro. Donc, le concept est fort simple : un soir = un film. Voici le choix de cette semaine allant du 9 février au 15 février.

 

 

Samedi 09 Février

 

 

Truands

Canal+ Décalé

20:50

Allez séance de rattrapage pour tout le monde pour un des meilleurs films français de l'année dernière et dont l'accueil public et critique a plutôt été tiède ...malgré le soutien d'Ecran Large ! Sauf Jean-Noël Nicolau mais qui a revu son jugement depuis qu'il a été soumis à une révision de ses genoux à la mode Philippe Caubère. Après la vision du film, vous verrez à quoi je fais allusion.

Et si les histoires de milieu bien de chez nous ne vous tentent pas plus que çà, ou que vous avez préféré réserver votre soirée par le film à ne pas rater cette semaine (John Rambo), il vous reste un des chefs d'œuvre de Brian de Palma, Carrie au bal du diable sur Ciné Cinéma Auteur à 23 :00, pour vous prévenir des effets indésirables des dérèglements menstruels chez la femme.

 

 

Dimanche 10 Février

 

 

Le Capitaine Fracasse

France 3

00:45

On continue sur le cycle du Ciné-Club dédié à Abel Gance : Le Capitaine Fracasse, superbe film de cape et d'épée classieux et poétique qui enfonce aisément la version couleurs avec Jean Marais et dont le style est clairement inspiré par les gravures de l'illustrateur Gustave Doré. La composition de certains plans relève quasiment du merveilleux, et sont le résultat d'une des inventions de ce grand pionnier : le pictographe, procédé ingénieux d'incrustation d'images en avance sur son époque. Et le duel final où les adversaires parlent en vers demeure un des plus beaux moments du cinéma français.

 

 

Lundi 11 Février

 

 

Si tu vas à Rio... tu meurs !

Flesh Gordon

Direct 8

Ciné FX

20 :35

21 :00

Pour tous les amateurs de cinéma disons autre, cette soirée est placée sous le sceau de la diversité (merci la complémentarité des programmes) et permet d'apprécier les différentes nuances du « nanar ».

La découverte, voir la re-découverte d'un objet tel que Si tu vas à Rio... tu meurs ! pourra vous laisser un tant soit peu perplexe. Mais vous le serez encore plus à la pensée que les films mettant en scène Aldo « La Classe » Maccione  faisaient des millions d'entrée et le bonheur des distributeurs hexagonaux  au début des années 80. Pas celui-ci qui marquera le point d'arrêt définitif du personnage de dragueur rital qui tombe toutes les femmes par le chaloupé de sa démarche et de tout un pan du comique franchouillard tendance poids lourd dont les autres piliers se nommaient Jean Lefèbvre, Paul Preboist et Darry Cowl.

Jeu-concours : celui qui reconnaîtra la voix de Christina Reali dans la post-synchro gagnera l'intégrale de la collection « Hollywood Nights » de Laurent Pécha.

 

Plus intéressant,  Flesh Gordon nous replonge dans les années 70 heureuse époque de la libéralisation des mœurs sexuelles qui n'épargna même pas l'espace. A l'origine un simple porno, Flesh Gordon  se mua en fantaisie érotique rehaussée de SFX en stop-motion (aux manettes l'expert Jim Danforth) qui tiennent encore la route. Et ainsi vous découvrirez comment Flesh et Jerkoff vont empêcher Wang, maître de la  planète Porno, d'utiliser son rayon sexuel capable de déclencher de frénétiques orgies sur Terre. Cela m'arrangerait qu'il fasse un essai ce soir vu que je suis de sortie...

 

 

Mardi 12 Février

 

 

Phase IV

Ciné FX

21:00

Réalisé en 1974 par le grand spécialiste du générique de Hollywood, Saul Bass, Phase IV entre dans la mouvance des films dit de « révolte animale », genre qui a fructifié pendant les années 70 en réponse aux angoisses quant aux premiers ravages de la pollution. Ici pas de vers carnivores (La nuit des Vers Géants) ni de lapins géants (Night of the Lepus !) mais des fourmis intelligentes, magnifiées par la macro-vision de Ken Middleton, et dont la volonté d'expansion destructrice se heurte à la tenace résistance de scientifiques. Film passionnant qui brasse pas mal de thèmes récurrents de la SF de l'époque, Phase IV se paie même quelques emprunts à 2001 - l'Odyssée de l'espace et réussit à tenir le suspens jusqu'à un final absurde mais néanmoins superbe.

 

 

Mercredi 13 Février

 

 

La Saveur de la Pastèque

Arte

22:55

Le cinéma venu d'Asie n'arrête pas de nous surprendre, la preuve en est ce nouvel ovni du taïwanais de Tsai Ming Liang qui traite encore de l'incommunicabilité entre homme et femme dans un environnement urbain (à l'instar de The Hole), frappé de surcroît par une sécheresse : tout un symbole. Et quand le tout est accompagné de séquences musicales colorées et  paillardes et qu'un des héros est un acteur porno qui n'arrête pas de besogner sa partenaire japonaise jusqu'à plus soif, vous avez l'assurance de passer une seconde partie de soirée culturelle comme seule Arte sait nous concocter.

 

 

Jeudi 14 Février

 

 

Le Feu Follet

Cinecinema Classic

20:45

En aucun cas un documentaire sur l'hyper-activité du locataire actuel de l'Elysée, mais un des films essentiels de Louis Malle, Le Feu Follet ,réalisé en 1963, permet de redécouvrir la performance de Maurice Ronet, interprète parfait du bourgeois libertaire et alcoolisé, en complet décalage avec son monde, et qui nous entraîne avec grâce dans les affres d'un suicidé en puissance.

 

 

Vendredi 15 Février

 

 

Pavillon Noir

Dead End

France 3

Canal+

14:40

22 :40

Flamboyant catalogue d'images en technicolor, réalisé avec efficacité par Frank Borzage, l'autre maître du mélodrame hollywoodien avec Douglas Sirk, Pavillon Noir est aussi l'occasion d'admirer la rousse Maureen O'Hara dans une des rares infidélités qu'elle fit à son mentor John Ford. Faites la comparaison entre son interprétation de femme rebelle et piquante et Alice Taglioni dans L'Ile aux Trésors et vous comprendrez l'abîme qui sépare encore un monde où excellaient des artisans zélés à celui de vils copieurs en mal d'inspiration.  

Heureusement que des frenchies luttent contre ce déprimant état de fait et réussissent à s'exporter à Hollywood en faisant preuve d'un certain savoir-faire, parfois un peu abscons (Hitman, One Missed Call) mais aussi plus engageant comme ce Dead End, inédit cinéma de 2003 qui mérite amplement un détour télévisuel.

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire