Veronica Mars - Saison 2

Vincent Julé | 21 mars 2007
Vincent Julé | 21 mars 2007

À peine le spectateur français s'est-il remis du final explosif de la première saison, où la mort de Lilly était résolue et l'identité de son meurtrier révélée, que pour peu qu'il soit aussi lecteur d'Ecran Large, il doit déjà affronter un nouveau mystère : Veronica Mars sera-t-elle annulée à la fin de sa saison 3 ou bien renouvelé pour une année supplémentaire, et sous quelle forme - spin-off ? Flash-forward ? (cf. news) La réponse n'étant pas attendue avant le 17 mai, il serait dommage de commencer à se faire du mouron, voire des nœuds au cerveau, alors que commence dès ce soir sur M6, et donc dans la foulée, la deuxième saison. L'année redoutée par toutes les séries, celle de la confirmation (24) ou de la déception (Lost), des illusions perdues (The O.C.) ou des promesses tenues (BSG). Et c'est ainsi que Veronica Mars se pose là. Car la série ne se contente pas de relever ce défi haut la main, non, elle propose une expérience télévisuelle rare et originale, qui tire complètement parti de son format, jusqu'à pousser notre rapport addictif et ludique dans ses derniers retranchements.

 


Après un été sentimentalement agité (Duncan ou Logan ?), Veronica retrouve donc Neptune High, ses cours suivis du fond de la classe, ses intrigues de couloir et, dès la fin du season premiere, son mystérieux crash du bus scolaire. Un premier épisode étonnement dense, qui inaugure un nouvel arc narratif plus sombre, plus complexe. Sur le long terme bien sûr, avec un mystère dont les indices et les enjeux sont disséminés, voire dissimulés, tout au long des 22 épisodes. Mais aussi chaque semaine, avec une enquête individuelle, qui en termes de rebondissements et faux-semblants vaut parfois à elle seule toute une saison de Desperate housewives.

 

 


Il était acquis que le créateur Rob Thomas ne prenait pas ses téléspectateurs pour des imbéciles, mais cette fois, il leur en demande encore plus. Entre les guests de choix (Steve Guttenberg, Kevin Smith), les références pop culture, les liens indéniables avec le « Buffyverse » (Alyson Hannigan, Charisma Carpenter), les nombreux personnages secondaires (Mac, Dick, Beaver, Meg, Jackie) et innombrables figures de Neptune (le maire, le principal, le coach, le livreur de pizza…), la série ne se donne pas tout entière au premier abord, à la première vision. On peut même dire que parfois elle ne se laisse pas faire. Ainsi, que ceux qui comprennent le bordel avec les Fitzpatrick lèvent le doigt.

 

 


En fin de compte, à l'instar de son héroïne dont le joli minois cache une répartie assassine, Veronica Mars, et cette saison 2 en particulier, cache derrière son apparence de simple teen show (diffusé sur la chaîne de Dawson's Creek, One Tree Hill ou Smallville) aux relents policiers, un objet télévisuel mature et fascinant. Un véritable Rubik's cube que l'on peut retourner dans tous les sens, et ainsi tomber sur une réplique à double sens, une influence recherchée, une gravité inattendue, une relation père-fille rafraîchissante, une maîtrise du montage, des morceaux rock'n'pop à mettre en boucle, un équilibre judicieux entre tous les personnages et leur temps à l'écran et… et… risten Bell, plus charmante et charismatique que jamais !

 

 


Au final, l'investissement du spectateur est toujours récompensé, et Veronica Mars se révèle épisode après épisode, saison après saison, l'une des séries les plus intelligentes du moment, et assurément la plus gratifiante.

 

 

 

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