Dr House - Saison 1

Zorg | 2 mars 2006
Zorg | 2 mars 2006

Le Dr Gregory House donnera sa première consultation mercredi 1er mars à 20h50 sur TF6. Amenez carnet de santé et de vaccination, radios et examens précédents, analyses d'urine et historique complet depuis votre première bronchite, l'examen sera… musclé. Rendez-vous hebdomadaire obligatoire avec Dr House.

 


 


«Hello, sick people and their loved ones ! I'm Dr Gregory House ! »*

Mais avant toute chose, un petit avertissement est nécessaire. House n'est pas le gentil médecin de famille qui distribue les antibiotiques comme des bonbons. Il n'est pas non plus le bon praticien qui console les petits bobos du quotidien, panse les plaies à l'âme par un mot gentil, pas plus qu'il ne tient la main des patients pendant un examen plutôt pénible, ou qu'il ne vaccine les petits vieux contre la grippe avant l'hiver. Non, House, son trip à lui, c'est l'étrange. Le bizarre, le franchement louche et pratiquement inexplicable. Bref, le cas unique de maladie infectieuse (c'est un exemple) qui n'arrive normalement qu'une seule fois dans une carrière. Sauf que lui, des pathologies venues de Pluton, il en mange treize à la douzaine pour son petit-déjeuner. Il pratique à temps plein le diagnostic différentiel à la tête d'une unité spécialisée de l'hôpital de Princeton-Plainsboro.

 


Le pilote est affublé d'une photographie orangée pour le moins étrange

 

 

House, c'est un peu l'Agence Tous Risques de la médecine à lui tout seul, le John MacLane des hôpitaux, le Michael Knight de la maladie exotique. Il est le chevalier solitaire qui vient soulager le cas désespéré avant qu'il ne fasse une veuve et un orphelin. Il est le sauveur vers qui le patient terminal se tourne quand il n'a plus d'autre option avant de passer l'arme à gauche. Il est tout simplement House, l'Ultime Recours.

 

 


Non, ce n'est pas une épidémie galopante de jaunisse affectant le personnel hospitalier,
c'est toujours le pilote

 

 

Elémentaire, mon cher House

 

Dr House est donc une nouvelle étape dans la longue tradition des séries médicales hyperréalistes américaines. Produite par Bryan Singer, qui a d'ailleurs réalisé le pilote, elle s'éloigne cependant du carcan traditionnel mêlant jargon médical et considérations sentimentales sur l'ensemble du personnel hospitalier comme Urgences, pour s'orienter très ostensiblement vers l'enquête policière mâtinée d'un humour au vitriol. C'est en effet à un véritable cluedo médical auquel nous sommes conviés. Il ne s'agit pas tant de découvrir qui a tué Madame Rose dans la bibliothèque à coups de chandelier, que de trouver quelle condition se cache derrière l'ensemble des symptômes que présente le patient du jour. Oh, vous aurez bien votre lot de termes médicaux incompréhensibles pour le commun des mortels, mais on se rapproche définitivement plus d'une enquête minutieuse à la CSI que d'un épisode de La Clinique de la Forêt Noire.

 

 


« Je me tue à vous répéter que vous allez mourir ! »

 

 

La structure des épisodes est toujours la même (à une exception près, mais nous y reviendrons). On débute par l'accroche prégénérique, qui voit un quidam se métamorphoser subitement en malade prêt à mourir. Le décor est planté et le générique fait son office pendant que les toubibs se placent dans les starting-blocks. House commence alors par ronchonner, il refuse de traiter le patient, mais il se rend généralement à l'évidence : comme il faut bien sauver quelqu'un aujourd'hui, il accepte de prendre le cas en charge et le confie à son équipe. Le jeu de piste peut enfin commencer.

 

 


« Félicitations, votre cœoeur est bien à sa place ! »

 

 

Nos valeureux docteurs aux têtes bien faites et bien pleines se retrouvent alors confrontés à des situations récurrentes. Ils développent moult hypothèses et théories, et tentent un traitement sur le patient, avant de constater généralement que son état s'aggrave grâce à leur intervention. Retour à la case départ, sauf qu'un indice supplémentaire aura émergé durant la première tentative de sauvetage. On repasse alors au brain-storming, et ainsi de suite, jusqu'à ce que House décroche la timbale en un éclair de génie dont lui seul a le secret. Cette percée capitale, cette idée miraculeuse, vient généralement d'un cas bénin que notre bon docteur traite dans la clinique de l'hôpital, et qui fait souvent écho au cas critique sur lequel l'épisode est centré. Il use alors de méthodes de persuasion remarquablement efficaces pour arracher ses derniers aveux au patient. En lui annonçant que s'il n'arrête pas de faire le mariole, il va rapidement mourir dans d'atroces souffrances (« Nobody expect the Spanish Inquisition » comme disaient les Monty Python), les langues se délient, et notre Sherlock Holmes de la médecine apporte enfin la résolution finale de l'énigme. Le patient peut alors rentrer chez lui, dans la plupart des cas (eh oui, la fin n'est pas toujours heureuse).

 

 


Séance de brain-storming devant le tableau blanc

 

 

Vous dites, cher confrère ?

 

Mais au-delà se sa structure ultra procédurière, Dr House, c'est avant et surtout un personnage plus grand que nature. Brillamment interprété par le britannique Hugh Laurie, House est un docteur d'un genre un peu spécial. Misanthrope au dernier degré, il n'aime pas voir ses patients, il proclame à qui veut l'entendre (et à raison, il faut bien le reconnaître) que tout le monde ment en permanence (surtout les malades, qui ont toujours un secret inavouable à dissimuler qui explique bien souvent leur pathologie), et il déploie des efforts surhumains pour éviter les corvées de clinique publique que sa patronne ne manque pas de lui assigner contre sa volonté.

 

 


Le Dr Cameron en train de donner un cours de médecine pour le moins... chaud...

 

 

Il est par ailleurs épaulé dans sa tâche par trois jeunes confrères, ses laquais comme il les appelle lui-même, les Drs Cameron, Foreman et Chase, il n'a qu'un seul véritable ami, le Dr Wilson, et il prend un malin plaisir à faire tourner en bourrique sa patronne, le Dr Cuddy. Bref, si l'on excepte le côté relationnel, House est un médecin exceptionnel, une légende du diagnostic, capable de démêler les pires écheveaux de symptômes, et qui est aussi connu pour ses idées de génie sauvant les patients d'une mort certaine que pour ses réparties cinglantes.

 

 


...au Dr Chase qui a du mal à en croire ses oreilles

 

 

Malgré la splendide collection de termes médicaux qui ne manquent pas de fleurir une ligne de dialogue sur deux, Dr House s'avère être une série profondément humaine, et surtout extrêmement drôle. Avec son personnage principal aussi génial que meurtri dans sa chair et dans son âme, le feu d'artifice est permanent. Car il faut bien reconnaître que les répliques foudroyantes que Gregory House décoche à la moindre occasion font mouche à tous les coups. Collègues, patients, famille, amis, tout le monde en prend pour son grade avec lui. On a rarement vu à la télévision américaine un médecin torturer les gens avec pareille jouissance (tant pour le coupable que pour le spectateur).

 

 


Un beau dessin valant mieux qu'un long discours, chaque épisode est parsemé de plongées
au cœur du vivant pour mieux exposer les faits

 

 

Une série sous les feux de l'actualité

 

Dr House est actuellement en plein milieu de sa deuxième saison sur FOX. Elle a démarré un peu timidement à la rentrée 2004, mais elle s'est rapidement imposée, et fait désormais partie des poids lourds de la chaîne et récolte régulièrement les premières places à l'audimat. Sa structure intrinsèque et sa popularité grandissante sont propices à la multiplication des guests de luxe. La première saison a en effet vu débarquer Sarah Clarke et Leslie Hope (24), Peter Graves (Mission impossible), Dominic Purcell et Robin Tunney (Prison break), et Chi McBride pour un guest récurrent sur un des principaux arcs de la saison. La seconde a déjà vu passer Ron Livingston (Band of brothers), Cynthia Nixon (Sex and the City) et Sela Ward (Le Fugitif), dans le rôle du personnage clé de Stacy Warner.

 

 


Le Dr House en pleine consultation

 

 

Mais au-delà du succès public, Dr House est aussi et surtout auréolée d'un succès critique, et les récompenses commencent à pleuvoir. Hugh Laurie a dernièrement hérité du Golden Globe 2006 du meilleur acteur dans une série dramatique, mais gageons que cela ne s'arrêtera pas là et que d'autres récompenses lui reviendront dans l'avenir. Cependant, la mention la plus intéressante est sans conteste l'Emmy 2005 du meilleur scénario qu'a décroché David Shore, le créateur de la série, pour l'épisode intitulé Three stories (Trois histoires).

 

 


Le Dr House en plein examen des jambes de Carmen Electra dans l'épisode Three stories

 

 

Cet épisode, le pénultième de la première saison, est tout à fait exceptionnel, et il justifie presque à lui seul de regarder les vingt précédents. David Shore s'écarte un peu de la structure habituelle de la série pour entremêler trois histoires, et accouche d'un script absolument unique dans les annales de la télévision, incontestablement la meilleure heure de télévision de l'année 2005 (et l'un des meilleurs épisodes jamais écrits). Un réel chef-d'œuvre, qui réalise le tour de force d'être un épisode clé pour le background du personnage central, tout en jouissant d'une narration éclatée limpide et brillante. Bref vous l'aurez compris, un must see qui éclipse tout le reste de la saison par son génie et sa classe.

 

 


Le Dr House en plein milieu d'un cours de diagnostic différentiel à l'importance capitale

 

 

Prendre deux comprimés une fois par semaine pendant neuf mois

 

Dr House est donc une série exceptionnelle à pratiquement tous les égards. Brillamment écrite et interprétée, elle allie la légèreté des joutes verbales de ses personnages au sérieux des cas traités, dont la variété est quasi infinie. Ce cocktail de vitriol et d'exactitude médicale confère ainsi un charme totalement unique à House, et l'excellence de son écriture en fait un rendez-vous totalement incontournable.

 

 


Prendre l'historique familial du patient fait partie des bases de tout bon diagnostic

 

 

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Les personnages

Dr Gregory House (Hugh Laurie)
Irascible misanthrope, n'aimant rien tant que fuir les corvées et ses patients pour aller regarder son soap opera préféré, House est dixième dan de sarcasme et ceinture noire pour briser ses patients comme d'autres cassent des briques (avec leur tête, donc). C'est plutôt le genre de médecin que l'on n'a pas envie de consulter à moins d'être en danger de mort imminente. Comme bien souvent, le gros ours mal léché cache un cœur et un corps meurtris, un homme misérable qui se complaît dans cet état comme un fumeur se complaît dans un nuage de nicotine. Le spectateur patient et attentif découvrira graduellement les raisons du pourquoi du comment, pour son plus grand plaisir. Pour le reconnaître dans les couloirs, c'est très simple, House est le seul à se balader sans la sacro-sainte blouse blanche. Il est armé d'une canne, qu'il n'utilise pas toujours uniquement pour marcher, et il a en permanence l'air de sortir de son lit (fringues pas repassées, les yeux rougis par la fatigue, et pas rasé). Il se shoote aussi aux antidouleurs pour supporter une jambe qui le fait souffrir de façon chronique, aggravant sa mauvaise humeur permanente, ce qui retombe immanquablement soit sur ses patients, soit sur son entourage.

 

C'est le britannique Hugh Laurie qui prête sa grande dégaine d'Anglais un peu dégarni au Docteur Gregory House. Vétéran de la télévision britannique, essentiellement connu pour ses rôles comiques, il a notamment collaboré à certains épisodes de la célèbre Vipère noire de Rowan Atkinson (aka Mr Bean). On a pu le voir au cinéma en bon père de famille dans Stuart Little, (ce qui fait un sacré choc, quand on le découvre après l'avoir découvert dans Dr House).

 

Bryan Singer a confessé dans des interviews qu'il recherchait un acteur américain lors du casting. Excédé par les britanniques imitant mal l'accent du cru, il a soi-disant flashé sur Hugh Laurie et son parfait accent local, en s'exclamant : «Voilà ce qu'il nous faut ! Un vrai acteur américain ! ». Las, le réalisateur de Usual suspects ignorait qu'il avait en face de lui un comédien purement british (du moins sur la cassette que l'acteur avait envoyée à la production), mais cela ne l'a pas empêché d'engager Hugh Laurie.

 

 

Dr Lisa Cuddy (Lisa Edelstein)
Lisa Cuddy est la patronne de Greg House. Collègue de longue date du grand ogre à la canne, elle sait comment manier le phénomène, mais il est plus que probable qu'elle souffre de tendances masochistes profondes pour supporter un pareil énergumène dans son service. Ses joutes verbales avec House sont parmi les plus spectaculaires auxquelles nous puissions assister. Lisa Edelstein est elle aussi une relative inconnue, et elle a une longue carrière de télévision derrière elle.

 

 

Dr James Wilson (Robert Sean Leonard)
Probablement le seul véritable ami de House, le Dr Wilson est l'une des trois personnes sur la planète (House inclus) à savoir ce qui se passe réellement dans la tête de son confrère. Il occupe bien évidemment le rôle du confident, et même s'il fait régulièrement les frais de son amitié avec House, il est le seul qui parvient vraiment à le raisonner quand ce dernier décide de partir en roue libre. On ne présente plus Robert Sean Leonard depuis Le Cercle des poètes disparus. Son personnage n'est peut-être pas le plus important du show en apparence, mais sa présence au casting ajoute un réel contrepoids à la folie latente de House.

 

 

Dr Eric Foreman (Omar Epps)
Le Dr Foreman est larbin en chef, et accessoirement le neurologue de service. Il entre souvent en conflit avec son supérieur dans l'intérêt des patients. Ce dernier le brocarde en outre régulièrement sur ses origines afro-américaines, dans le plus pur « style House ». À l'instar du personnage de Robert Sean Leonard, il apporte lui aussi un contrepoint intéressant à la domination de son boss. Outre une carrière prolifique, bien que pas vraiment sur le devant de la scène, Omar Epps connaît bien le métier de faux docteur de télévision (qui a dit de carnaval ?). Il est en effet un vétéran d'Urgences. Il a incarné le Dr Dennis Gant durant une dizaine d'épisodes dans la première moitié de la troisième saison (c'est celui qui finit sous un train).

 

 

Dr Allison Cameron (Jennifer Morrison)
Deuxième élément féminin du casting, la jeune et (très) jolie Dr Cameron fait partie de l'équipe de trois médecins qui dépendent directement de House, pour le meilleur comme pour le pire. Cette belle jeune femme n'est par ailleurs pas totalement insensible au charme bourru de son patron. Malgré plusieurs années de carrière derrière elle, Jennifer Morrison était (et est toujours plus ou moins) une inconnue avant d'entrer dans House, qui marque son premier rôle de taille. On a pu l'apercevoir récemment (au second plan) dans Mr & Mrs Smith, où elle jouait une des assistantes d'Angelina Jolie.

 

 

Dr Robert Chase (Jesse Spencer)
Clairement le personnage le moins intéressant du show, le Dr Chase est australien et occupe le plus souvent la position de souffre-douleur au sein de l'équipe. Il n'apporte en fin de compte que peu de choses à la série, et sa présence paraît quand même un peu superflue. Comédien inconnu, Jesse Spencer est effectivement natif d'Australie et a essentiellement tourné dans son pays d'origine avant de rejoindre House.

 

 

* « Bonjour, mesdames et messieurs les malades, et ceux qui leur sont chers ! Je suis le Dr Gregory House ! »

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