Destin : la saga Winx sur Netflix - renaissance magique ou laborieux comeback pour la série féérique ?

Déborah Lechner | 22 janvier 2021 - MAJ : 22/01/2021 18:13
Déborah Lechner | 22 janvier 2021 - MAJ : 22/01/2021 18:13

La première saison de Destin : la saga Winx est sortie ce vendredi 22 janvier et on a regardé les deux premiers épisodes. On vous dit ce qu'on en a pensé avant un bilan complet.

Puisque Netflix n’est plus à un coup de folie près, le géant du streaming s’est lancé un curieux défi pour ce début d'année : adapter en live action la série Winx Club. On parle bien du dessin animé italien qui a cartonné dans les années 2000, avec des fées pleines de paillettes qui se battaient contre de méchantes sorcières, le tout dans des tenues super fashion.

Un produit générationnel qui a sombré saison après saison, mais a obtenu un statut culte avec le temps. Sauf qu'après deux épisodes de l'adaptation, on peut définitivement faire une croix sur la magie des Winx et toute autre forme de nostalgie. 

ATTENTION : quelques spoilers

 

photoElles ne sont plus là pour mettre des paillettes dans nos vies

 

GÉNÉRATION DÉSENCHANTÉE 

Toute la problématique de vouloir adapter une série visant un jeune, voire très jeune, public à des téléspectateurs plus âgés était le nombre conséquent de modifications à apporter. Comme la série d’Iginio Straffi s'adressait essentiellement à des enfants, les Winx et les Spécialistes jouaient le rôle de modèles, de représentations futures purement fantasmées comme peuvent l'être les Barbies ou les Action Man. La série a donc voulu effacer tout l'aspect pré-scolaire et le genre Magical Sentai qu'empruntait le dessin animé, s'attaquant ainsi à l'essence même du matériau original.

L'ambiance plus mature est d'ailleurs posée dès les premières minutes du premier épisode avec un mouton et son gardien dépecés par un monstre nocturne dans une forêt brumeuse. L'univers, qui ne s'appelle plus Magix, a ainsi été dé-pailleté et désenchanté pour installer un cadre plus moderne et réaliste appelé "l'Autre Monde" (mais Gardenia reste Gardenia, allez savoir). De même, les fées n'ont plus d'ailes et ressemblent à des magiciennes quelconques, les transformations sur fonds colorés sont devenues has-been et les sorcières n'existent pas (ou du moins pas La Tour Nuage). 

 

photoPas de contes de fées au programme

 

Pour rendre le tout un peu moins caricatural et un peu plus crédible, la série a obligatoirement changé quelques caractéristiques des personnages. Musa n'est donc plus, comme son nom l'indiquait, la fée de la musique, Tecna ne correspondait plus aux critères d'admission d'Alféa et a été dégagée du scénario, Flora a été rebaptisée Terra (mais a une cousine qui s'appelle Flora, il y a donc peut-être usurpation) et Bloom n'est plus une princesse cachée qui a volé son origin story à Superman.

La série tente maladroitement de justifier ces libertés en expliquant que les fées tirent leurs pouvoirs des éléments terrestres, d'où le carton rouge pour Tecna. On a quand même du mal à comprendre pourquoi Musa n'est pas devenue la fée des sons, des vibrations ou quelque chose dans le genre, à la place d'une empathie. Pour éviter de gérer trop de personnages (sous-développés dans la série animée), la nouvelle version a cependant eu le bon sens de fusionner plusieurs d'entre eux. Sky a ainsi pris quelques attributs de Brandon et les Trix ont très subtilement été remplacées par Beatrix (Sadie Soverall) qui manque encore trop de charisme pour qu'on s'intéresse un peu à elle. 

 

photo, Abigail CowenBloom a viré pyromane

 

TEENX CLUB 

En voulant faire une teen-série, il a surtout fallu faire en sorte que le public majoritairement adolescent puisse s'identifier aux personnages de la série. Exit donc les poupées minces, bien sapées et faussement caractérielles. Le showrunner Brian Young a pu se servir de son expérience de scénariste sur Vampire Diaries pour verser à la louche tous les codes récurrents de la teen-série type Riverdale et Les nouvelles aventures de Sabrina

Les différentes modifications permettent ainsi d'installer l'obligatoire triangle amoureux, les bitch faces, les je-t'aime-moi-non-plus, les histoires de fesses et autres questionnements existentiels. Le tout dans un environnement très scolaire rythmé par une bande-son pop. La réalisation et la direction artistique sont de leur côté sans grande originalité, mais correspondent aux ambitions de la série et ont le mérite de ne pas décrocher la rétine. 

 

photo, Danny Griffin, Hannah van der WesthuysenÇa, c'est pas très friendly Stella

 

Certains partis-pris, s'ils saccagent la mythologie du dessin animé, sont malgré tout louables, en particulier le fait de faire de Bloom une "ado à problèmes". Contrairement à la rêveuse maladroite et émotive qu'elle est à la base, la Bloom d'Abigail Cowen ressemble davantage à une mutante de Marvel qui aurait rejoint l'école du professeur Xavier pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs. Rien de bien original, mais suffisamment familier et sombre pour bien vouloir y croire.

Si elle n'évite pas les gouffres et les facilités scénaristiques, la série reprend assez habilement la quête d'identité du personnage principal et d'autres aspects de cette intrigue de fond comme les voix qui murmurent son prénom, bien qu'on se demande où la série compte aller maintenant qu'elle a effacé tous les repères. Les autres personnages quant à eux sont tout ce qu'on attend d'un teen-drama, stéréotypé et peu surprenant, mais qui essaie tant bien que mal d'éviter la caricature.

 

photo, Abigail CowenParfois ça brille quand même

 

En acceptant le fait que Destin : La Saga Winx trahisse en tout point la série animée, la plateforme propose une série fantastique basique et pour l'instant correcte, qui se fond dans le moule des autres productions pour adolescents de Netflix. L'adaptation ne révolutionnera sûrement en rien le catalogue de la plateforme, mais ne l'entachera pas non plus et devrait malgré tout contenter les adeptes de la recette.

On se demande tout de même l'intérêt d'une telle entreprise, qui aurait pu se passer du nom des Winx et aurait gagné à se détacher complètement de série de 2004 pour éviter le coup de sang des anciens fans et gagner en originalité.

Destin : La saga Winx est disponible sur Netflix depuis le 22 janvier 2021 en France

 

Tout savoir sur Destin : la saga Winx

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commentaires
Chris11
24/01/2021 à 20:22

Je ne connaissais pas du tout. 6 épisodes, c'est parfait en durée, niveau qualité c'est pas la série de l'année, mais c'est bien fait et si on n'évite pas certains travers, les caricatures sont tout de même esquivées. Agréable.

Jo75
23/01/2021 à 23:31

Certes la série est plus adulte que le dessin animé et encore heureux !
Le style paillettes et pantalon pates def et mini haut est passé de mode.
Par ailleurs, les ailes sont présentes même si c'est pas dans une transformation à la sailor moon et en effet très brièvement!
La série se regarde amplement !
Fait arrêter de critiquer sans avoir regardé !

Edo
23/01/2021 à 19:26

Et bien n ayant pas vu «  l originale » cette série m a bien plu. Elle est bien menée et on s attache aux personnages.
Une école pour fées où de menaçants être maléfiques rôdent , bref un harry potter version fée bien sympathique à regarder.

Wina07
23/01/2021 à 12:22

Alors moi qui n'a pas encore vue la série (destin) le saga des winx sur netflix mais qui avant cela est directement partis voir les commentaires ou que ce soit critiques .
Est tout-à-fait d'accord sur le fait que cette série n'est pas semblable aux winx club ce dessin animé ou méme cette série qui a continué a me poursuivre jusqu'à maintenant, certes les trix remplaçait par beatrix ou encore la planète domino d'ou vient bloom qui n'est pas cité, ils ont voulu mettre en avant les personnages principaux mais juste de lire ces critiques ne me donne pas envie et mème la force de regardé ce saga des winx qui a été imaginé et créer en réalité.


22/01/2021 à 20:49

Moi j'ai tout vu, je sort ma critique demain.

Nesse
22/01/2021 à 18:46

Chouette ENCORE une serie pour les teens.

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