Alien : Isolation - la série tirée du jeu vidéo est une mauvaise blague, qui ne rassure pas pour la suite

Mise à jour : 01/03/2019 18:43 - Créé : 1 mars 2019 - Geoffrey Crété
Geoffrey Crété | 1 mars 2019 - MAJ : 01/03/2019 18:43
Alien : isolation
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Une série tirée du jeu vidéo Alien : Isolation est arrivée, et elle relève de la plaisanterie.

Que se passe t-il dans la galaxie xénomorphe ? Alors que les suites de Prometheus et Alien : Covenant ont été de toute évidence repoussées voir enterrées vu le succès très relatif du film de 2017, la saga a redonné signe de vie ces dernières semaines avec le jeu vidéo Alien : Blackout et une série Alien : Isolation.

Les deux sont connectés au fantastique jeu vidéo de 2014, qui semble condamné à ne pas avoir de suite. Et si Blackout peut éventuellement offrir un petit plaisir basique, la série Alien : Isolation se révèle n'être qu'une grosse blague, aussi inutile que paresseuse.

 

 

 

ALIEN : REPETITION

Ne vous fiez pas aux premières minutes. La série Alien : Isolation a beau s'ouvrir sur des images inédites d'Amanda Ripley qui flotte dans l'espace dans sa combinaison, le reste n'aura rien de neuf. Le prétexte est aussi bête qu'énervant : alors qu'elle dérive dans l'espace après avoir échappé au cauchemar sur la station Sebastopol puis le vaisseau Torrens, dans le jeu, la fille d'Ellen Ripley repense à ce qu'elle a vécu.

Inutile de s'attarder sur le faux suspense d'Amanda qui repère une balise parmi les débris. Cette série n'est qu'un condensé grossier d'une douzaine d'heures de jeu fabuleuses et épiques, remontées pour tenir sur sept épisodes de 10 minutes environ.

Ripley embauchée par Samuels, Ripley seule sur la station, Ripley qui rencontre le xénomorphe, Ripley qui découvre comment l'équipage de l'Anesidora a rencontré les créatures, Ripley qui affronte les androïdes : celui qui a joué au jeu aura la très nette impression d'être floué, et d'avoir sous les yeux un mauvais montage d'un run sur Twitch, style Alien : Isolation pour les nuls et fainéants.

 

 

ALIEN : ABERRATION

Pire encore : hormis quelques plans, cette mini-série est parfaitement laide et techniquement honteuse. D'un côté, les épisodes réutilisent une bonne partie des cinématiques du jeu, et même des morceaux de gameplay pur et simple. Non seulement c'est d'un grotesque qui confine au cynisme absolu, mais c'est en plus un sale risque vu comme l'immersion du jeu est ici réduite à des miettes, dans une mise en scène qui a perdu toute sa saveur.

De l'autre, des images inédites ont été rajoutées, afin de mettre en scène les événements hors de la vue subjective si efficace manette en main. Une triste manoeuvre pour virtuellement augmenter la narration, offrir un contrechamp (dispensable), ou simplement créer un dialogue nouveau (et inutile) entre deux personnages.

 

PhotoQuand on essaie de te faire avaler un super truc à tout prix

 

Sauf que c'est terriblement laid. Amanda Ripley semble régulièrement incrustée au milieu d'un décor du jeu, avec une différence d'éclairage qui saute aux yeux. Les animations des visages des nouvelles scènes sont particulièrement ridicules, avec des textures qui semblent avoir plusieurs années de retard, et une synchronisation des lèvres souvent à la ramasse. Le résultat est ahurissant tant il semble avoir été traité en quatrième vitesse, avec quasi zéro soin apporté aux détails et une quelconque harmonie.

C'est même affolant de voir Amanda Ripley COURIR dans le dos de l'alien, alors que toute la mécanique du jeu repose sur la discrétion. Pour tous ceux qui ont passé une dizaine d'heures à ramper sous les meubles et derrière les chaises, c'est une hérésie.

C'est finalement gênant de constater que les images les plus réussies et saisissantes viennent en grande partie du jeu et son gameplay, donnant la simple envie d'éteindre l'épisode et ressortir la manette. 

 

PhotoAmanda Ripley, mieux vaut te retrouver sur console

 

ALIEN : EXCEPTIONS

C'est d'autant plus étrange et incompréhensible que cette série s'ouvre sur de belles images à la Gravity, où Amanda est perdue dans l'espace. Là, par la mise en scène, la direction artistique, le silence, il y a une vraie ambiance. Il y a presque la promesse d'une bulle d'angoisse poétique inédite dans la saga.

Dans l'épisode 7 (voir ci-dessous), il y a même un étonnant et audacieux décrochage stylistique, qui laisse imaginer ce qu'une websérie aurait pu devenir entre quelques mains audacieuses et talentueuses, avec une relative liberté.

Il devient alors évident qu'il n'y a aucune cohérence dans cette série, qui semble avoir été conçue et assemblée par deux équipes différentes - l'une chargée de créer des scènes inédites en ouvrant une brèche dans l'épilogue du jeu, l'autre condamnée à bricoler avec des bouts de ficelle et de gameplay. La réunion des deux est un véritable échec, à tous les niveaux.

 

 

ALIEN : EXPLICATION

Que se passe t-il donc sur la planète xénomorphe ? Centré sur Amanda Ripley, Alien : Blackout (sorti fin janvier aussi) a été teasé comme une suite d'Alien : Isolation avant de se révéler n'être qu'un petit jeu sur mobile, où l'héroïne est réduite à un rôle de mécano-électricienne qui appuie sur des boutons pour sauver des gens inconnus sur un vaisseau.

Passé la déception de voir ce machin bien dispensable sortir, il y avait l'espoir que ça ne soit qu'un teasing de la suite. Sauf que la Fox a très vite démenti via sa filiale FoxNext Games. L'annonce est claire : c'est une aventure indépendante, avec Amanda mais sans lien réel avec Isolation. Des libertés ont même été prises avec les événements, pour arranger le gameplay. En somme : ce n'est qu'une petite parenthèse.

 

photo jeu Alien BlackoutBlackout d'inventivité, victoire du cynisme

 

L'espoir est encore un peu là avec cette série Alien : Isolation. Puisqu'elle ne rajoute absolument rien au jeu et son histoire, se termine précisément sur la même image après une mini-aventure artificielle et inutile, elle a tout d'un résumé express livré au public, en vue d'une prochaine étape. De là à imaginer que la suite ne sera pas un jeu, et que ce "précédemment dans" est adressé à tous sauf aux gamers, il n'y a qu'un pas.

Prudence néanmoins. Si l'éventualité d'une vulgaire série bricolée pour attirer l'attention et nourrir la licence est désagréable, elle n'a rien d'impossible. L'avenir de la saga est en suspens avec le rachat du catalogue de la Fox par Disney, qui va donc devoir choisir ce qu'il adviendra des xénomorphes.

 

Photo NostromoRipley reborn dans un DLC du jeu

 

D'ici là, il n'y a que des interrogations, des doutes, des craintes. Et donc, une série embarrassante, qui ne donnera qu'une envie : se relancer encore une fois dans ce magnifique cauchemar qu'est le jeu, de préférence en mode nightmare pour profiter au maximum des ambitions du titre. Et se frotter au mode survie, parmi les meilleurs du genre.

Que la voix de Sigourney Weaver soit absente de cette série, alors que l'actrice avait exceptionnellement accepté de reprendre son rôle culte dans le jeu et un DLC, n'est qu'une énième raison de se dire qu'il n'y a vraiment qu'un Alien : Isolation. Et c'est un jeu, pas une vulgaire série qui crache aux visages des fans.

 

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commentaires

amdsfilms
03/03/2019 à 01:52

le naufrage de la fox en ce moment.

FearSlow
03/03/2019 à 01:45

Si vous voulez vraiment prendre votre pied avec la saga alien je ne peux que vous conseiller les 3 livres audio en VF dispo sur amazon, en plus d'avoir un scénar cohérent et foutrement bien on a la vf de ripley !!! Et mon dieu que c'est immersif, les bruitages sont les memes que dans les films et il y a aussi les memes musiques par moment, pour moi se sont simplement des films à qui ont aurai oublié de mettre l'image

Geoffrey Crété - Rédaction
02/03/2019 à 13:55

@Marty

En même temps c'est notre job de pas se contenter d'un coup d'oeil et traiter les choses avec un minimum de sérieux, temps et réflexion.

Marty
02/03/2019 à 13:52

Ben tiens, c'est de la merde ! C'est étonnant ! ...

Vous avez de l'energie a depenser les gars ...

Un coup d'oeil de 3 secondes sur le projet deja, ca suffisait .

Geoffrey Crété - Rédaction
01/03/2019 à 23:27

@Grrr

Bien d'accord...

Grrr
01/03/2019 à 23:25

Lol, merci ^^
Effectivement, dans ces moments-là, y a de l'idée !
Par contre, les incrustations de Ripley dans les décors, c'est fou (et une honte !).

Geoffrey Crété - Rédaction
01/03/2019 à 21:16

@Grrr

C'est le début, jusqu'à environ 1min29 ! :)

Grrr
01/03/2019 à 20:56

Vous pouvez donner le timecode du décrochage stylistique de l'épisode 7 ? (afin de ne pas se fader le reste de l'épisode ^^).
Merci! :)

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