Cloak and Dagger : après deux épisodes, la nouvelle teen-série Marvel s'annonce très prometteuse

Créé : 13 juin 2018 - Prescilia Correnti
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Moins sombre et adulte que Daredevil ou Jessica Jones sur Netflix, les deux premiers épisodes de Cloak and Dagger, diffusés sur Freeform (appartenant à ABC Family), offrent une bonne teen-série qui souhaite elle aussi sa part du gâteau héroïque.

Dans un milieu où les hordes de super-héros affluent de toutes parts et tissent leurs toiles sur petits et grands écrans, il est difficile de s’imposer dans cet environnement concurrentiel. Entre les classiques adaptations d’Iron Man, Spider-Man et Thor au cinéma, Marvel a aussi connu son lot de bonnes (Daredevil), moyennes (Luke Cage) et mauvaises séries (The Inhumans).

Du coup, on imaginait assez aisément que Cloak and Dagger, comicbook complètement inconnu du grand public allait se casser les dents sur le bitume, à l’instar de The Gifted et Marvel's Runaways. Comme quoi la vie réserve parfois quelques surprises et Cloack and Dagger fait justement partie d’entre elles. 

Attention mini-spoilers.

 

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IL ÉTAIT UNE FOIS...

Pour vous remettre dans le contexte, Cloak and Dagger est inspiré du comicbook du même nom qui nous plonge dans l’histoire de Tandy Bowen et Tyrone Johnson, deux tourtereaux sans-abris habitant dans les tréfonds new-yorkais.

Capturées par un scientifique sociopathe, les deux jeunes personnes deviennent des cobayes dans ses recherches sur les nouvelles drogues, jusqu’au jour où l’une de ces substances confère aux deux amoureux des pouvoirs étranges. Tyrone est capable de générer une matière ténébreuse qui lui permet de se téléporter. Tandy, quant à elle, peut produire des lames de lumières avec son corps.

 

Photo Cloak & DaggerLa jeune Tandy arborera un costume sans doute moins prononcé

 

LIBÉRÉE, DÉLIVRÉE 

Cloak and Dagger réussit son coup d’une adaptation qui lui est propre et totalement libérée de sa source principale là où les autres séries et films Marvel ont échoué. Première liberté, son emplacement géographique passant de la mégapole new-yorkaise - déjà bien remplie en super-héros - aux paysages embrumés et mystérieux de la Nouvelle-Orléans.

Un vent de fraîcheur qui se poursuit ensuite dans le renversement des clichés. Le stéréotype du petit afro-américain sans le sou volant pour vivre et de la jeune fille de bonne famille est ici complètement renversé. L’héroïne vit de magouilles et de petites combines pour survivre face à une mère alcoolique et dépressive tandis que le jeune héros vit plutôt dans une bonne situation. La série change ensuite l'histoire de leur rencontre et de leur romance pour tout réinventer.

 

photoDépaysement total pour la série

 

UN DRAME COMMUN

Pour relater l'histoire, la série use d'un procédé simple mais efficace utilisé maintes fois au cinéma : le montage parallèle, la narration se scinde alors en deux parties distinctes. Ici, pas de scientifique frappadingue mais une mésaventure commune qui va lier à jamais nos deux héros.

Tandis que le jeune Tyron (Aubrey Joseph), âgé de 10 ans, est poursuivi sur les quais aux côtés de son frère, la douce Tandy (Olivia Holt) roule avec son papa en voiture en sortant de la danse. Lorsque le frère de Tyler se fait tirer dessus, le jeune garçon décide de sauter dans l’eau pour pouvoir le sauver, parallèlement Tandy, elle, subit un accident de voiture et se retrouve propulsée dans le lac.

Au même moment une explosion pétrolière retentit, percutant de plein fouet les deux enfants qui se retrouvent alors connectés par un étrange pouvoir.

 

après la catastropheTyrone et Tandy enfants après leurs accidents

 

LA FACE CACHÉE DE L'ONCLE SAM

De prime abord Cloak and Dagger prend à revers les clichés imposés mais tente aussi de dépeindre une Amérique en crise et dresse le constat d’un pays ravagé et troublé.

Entre des bavures policières et des flics corrompus, un climat encore (et toujours) tendu autour de la communauté noire, les symptômes de la reconstruction du post-cyclone Katrina, les ravages de la drogues, le viol, et de la délinquance chez les jeunes, les Etats-Unis y sont dépeints comme une société d’une rudesse extrême qui empoissonne lentement ses habitants.

Tandy vole les enfants de riches pour survivre avant que ceux-ci ne tentent de la violer, tandis que Tyrone doit supporter tant bien que mal la pression familiale à la suite du deuil de son frère, tout en gérant sa réussite scolaire et sportive.

 

photoTyron, pas très à l'aise en public et au lycée

 

ROMÉO ET JULIETTE

Malgré quelques longueurs et essoufflements, les deux premiers épisodes de Cloak and Dagger se démarquent des autres séries super-héroïques en offrant une belle vision du mal-être des adolescents, à l’instar de Legion qui pousse le personnage principal dans des visions d’une enfance traumatisée. Tyron est typiquement le cas classique du jeune homme cherchant à s’affranchir de la pression familiale, parti à la découverte des premières amours et de sa sexualité.

 

photoBientôt la découverte de l'autre

 

En cela, Cloak and Dagger se rapproche un tantinet de Legion et de Jessica Jones qui partent explorer le pan psychologique des héros et de leurs super-pouvoirs. Encore maladroits et apeurés, nos jeunes héros tentent de contrôler tant bien que mal leurs nouvelles capacités. A cela, on peut reprocher (ou non) le choix de la série de n’avoir mis en avant aucun réel antagoniste, les adolescents chassant leurs propres démons. Cette absence finira par renforcer l’histoire d’amour qui éclot entre deux protagonistes.

 

photoLa petite famille au complet

 

Bien loin des confrontations super-héroïques et des pouvoirs géniaux des protagonistes Marvel, la maison mère des justiciers marvéliens pourrait proposer l'une des meilleures séries pour adolescents. Bien qu'elle soit encore fragile et bancale sur quelques aspects (l'utilisation des flashbacks trop poussée et une bande sonore pop grossière), Cloak and Dagger est une série prometteuse qui mérite qu'on lui laisse sa chance après deux épisodes visionnés.

Un nouvel épisode Cloak & Dagger chaque vendredi sur Freeform à partir du 7 juin 2018.

 

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commentaires

Amnorian 14/06/2018 à 11:09

Début sympathique mais vraiment très lent pour le moment avec trop d'insistance sur les musiques teenager (merci Dawson..). A voir pour la suite.
Par contre je vous trouve dur avec The gifted qui est loin d'être raté justement et qui traite de manière intelligente la question mutante et les relation familiale. J'ai trouvé la première saison réussie justement.

mikegyver 14/06/2018 à 10:31

d'une platitude abyssale, ca m'etonne pas que vous aimiez.

Il ne se passe rien, pire on etire des scenes a l'infini, surement pour combler les minutes, des scenes/infos se repetent, bref rien de rien. (ex: la scene du mariage)

Ca serait pas grave si c'etait juste un episode, mais pour l'instant on en est a 1h30 de vide.

On parle de l'ambiance ? des scenes dans le noir, encore et encore. Bravo. Je parle pas des personnages secondaires, y'a rien non plus.

On mettra de coté Mayhem, introduit d'une facon nullissime comme rarement vu.

Pour faire simple, elle est muette, et elle devine tout, en gros c'est l'ordinateur de batman (dans la serie des années 60). C'est pas ca normalement ? ah zut alors.

On verra la suite mais the gifted et runaways dans leur premiers episodes etaient largement plus interessant.

thierry A 13/06/2018 à 15:39

En effet, ça démarre plutôt pas mal, un petit charme indéfinissable, à suivre...

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