Runaways : on a vu les quatre premiers épisodes de la nouvelle série Marvel

Alexandre Janowiak | 2 décembre 2017
Alexandre Janowiak | 2 décembre 2017

Entre Iron Fist, The Defenders ou The Punisher sur Netflix, The Inhumans sur ABC, The Gifted sur Fox ou Legion sur FX, les super-héros Marvel ont eu la côte sur le petit écran cette année... et ce n'est pas fini. Depuis le 21 novembre, c’est au tour d’Hulu de lancer sa série super-héroïque avec Marvel's Runaways. On fait un petit bilan après les quatre premiers épisodes.

 

  

THE SIX MISFITS

Runaways raconte l’histoire de six adolescents : Alex, Nico, Karolina, Chase, Gertrude et Molly. Depuis le mystérieux décès du septième membre du groupe, les lycéens se sont éloignés et chacun a pris ses distances avec les autres. Cependant, après avoir découvert que leurs parents sont des super-vilains déguisés, le groupe d'amis se regroupent pour fuir leurs maisons afin d'expier les actions de leurs parents et de découvrir les secrets de leurs origines.

Tiré de la série de comics éponyme créée par Brian K. Vaughan en 2003 – et renommée Les Fugitifs en français -, c’est la première fois que l’histoire des Runaways est adaptée sur le petit écran. Diffusée sur Hulu, la série est showrunnée par Josh Schwartz, créateur de Chuck et Newport Beach, et Stephanie Savage. Le duo est notamment célèbre pour avoir créer Gossip Girl. Brian K. Vaughan, lui, n'est présent qu'en simple conseiller exécutif sur la série.

 

Photo Rhenzy Feliz, Gregg Sulkin, Virginia Gardner, Ariela BarerLe groupe en pleine découverte 

 

X-TEEN, LE COMMENCEMENT

Dans son pilote, la nouvelle série Hulu place doucement ses pions. Si la caractérisation de chaque adolescent n’est pas toujours optimale et parfois un peu grossière ou stéréotypée, Runaways évite de perdre trop de temps en présentant rapidement les six adolescents qui formeront le cœur de la série.

Cette présentation est d’ailleurs plutôt bien pensée puisque le pilote est construit autour de leur point de vue uniquement. Il nous permet ainsi de nous accrocher au petit groupe et de découvrir l’univers de chacun. En livrant peu d’indices sur la disparition qui a causé leur séparation brutale quelques années plus tôt, la série instaure une petite dose de mystère prenante au milieu de cette habile exposition. Enfin, sans être aussi rapide que Misfits, qui dévoilait les pouvoirs de chacun de ses personnages dès son pilote, le premier épisode en esquisse deux pour mieux nous intriguer.

 

Photo Virginia GardnerGregg Sulkin (Chase) et Virginia Gardner (Karolina) 

 

Malheureusement, l’efficacité narrative du pilote va rapidement disparaitre. Dès son deuxième épisode, la série met de côté les adolescents pour se concentrer, cette fois, sur le point de vue de leurs parents. A première vue, l'idée de mettre en parralèlle les aventures maléfiques et criminelles parentales avec le groupe de six adolescents pouvait être intéressante. Après tout, les parents jouent un rôle primordial dans l’évolution des jeunes lycéens et ne doivent, en aucun cas, être écartés du récit.

Cependant, ils ne présentent pas le même intérêt que leurs enfants. Au lieu de se concentrer pleinement sur leurs étranges sectes, l'axe des parents fait place à des sous-intrigues franchement sans utilité autour d'eux (infidélité, mafia, escroquerie...). 

 

Photo Annie WerschingAnnie Wersching joue la mère de Karolina

 

MARVEL'S DON'T RUNAWAYS

En donnant une trop grande importance aux parents, la série perd alors la base même de son produit d'origine. Toute la dynamique teen, plus ou moins magique, établie lors du pilote s'estompe donc et ce choix narratif plombe le récit. Lors des épisodes 3 et 4, bien que l'intrigue principale progresse un peu grâce aux recherches de certains adolescents, elle est profondément gênée par toutes les histoires liées aux parents. Pire, elle est presque placée au second plan durant de trop nombreux moments.

Ainsi, en quatre épisodes, Runaways se perd et ne raconte pas grand chose. Là où il devrait nous impressionner avec son aspect fantastique et super-héroïque, le show de Hulu ressemble plus à un drama familial anodin et bateau dans ce début de saison. Les superpouvoirs des adolescents sont relégués au second plan : seuls trois les ont partiellement découverts en quatre épisodes. Enfin, leur fuite programmée est totalement absente du récit. En quatre heures, aucun plan d'évasion n'a été mis au point ou même émis par un des jeunes. De façon assez regrettable, Runaways oublie donc le coeur de son propos malgré la présence de Brian K. Vaughan, créateur du comic, en consultant.

 

Photo Gregg SulkinOn fait un bowling aujourd'hui ?

 

Reste à ce début de saison 1, une direction artistique soignée : les scènes énigmatiques se déroulant dans une pièce qui rappelle 2001, l'Odyssée de l'espace, la séquence de la neige... Les effets spéciaux sont plutôt très réussis : la fameuse Old Lace, la représentation visuelle des superpouvoirs de Karolina...

Enfin, Runaways doit surtout beaucoup à ses jeunes comédiens : Rhenzy FelizAriela BarerGregg SulkinLyrica OkanoVirginia Gardner et Allegra Acosta forment un solide groupe qui fonctionne très bien. Dommage, cependant, que les six adolescents ne soient pas plus souvent réunis. C'est lorsqu'ils sont tous ensemble que la série marche le mieux.

 

Si Runaways démarrait bien, la nouvelle série Marvel se perd malheureusement en chemin dans ces quatre premiers épisodes. En se focalisant uniquement sur le groupe d'adolescents, en resserrant son récit sur l'intrigue principale, en exploitant plus en profondeur son côté fantastique et en accélérant sa narration, la série pourrait vraiment divertir et impressionner. Il lui reste six épisodes pour relever tous ces défis.

 

Affiche

commentaires

NeParlePasPourToutLeMonde
05/12/2017 à 14:56

Vous suprimez les coms qui vous plaisent pas ?

Altair
05/12/2017 à 10:34

@mikegyver

Une série, qu'on le veuille ou non, est jugée sur un pilote, ou deux épisodes, ou trois épisodes, ou une saison, ou deux saisons, et pas sur l'intégralité. Le format série, c'est une série de séquences isolées (épisodes, saisons), diffusées/perçues en solo à un moment donné.

Y'a rien d'étrange à couper un jugement critique de cette manière, de la même manière qu'un paquet de spectateurs vont pas se taper une saison entière, ou 4 saisons, avant de juger ou simplement avoir un avis sur une série.

Qu'est-ce que c'est usant cette espèce de colère constante contre les grands méchants journalistes, sur tout et n'importe quoi... c'est "fantastique" clairement

mikegyver
05/12/2017 à 09:58

fantastique ! on en arrive maintenant a decider d'une serie sur 4 episodes, et malheur si y'en a 1 pas bien ,c'est la serie qui trinque.

tu me diras c'est quasi pareil pour le journalisme , tu fais 4 articles sur internet et si jamais t'as 1 bon article, tas direct ton diplome c'est fantastique !!!

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