Legion épisode 8 : le final de la série X-Men a t-il été à la hauteur des promesses ?

mdata | 31 mars 2017
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Affiche

Toutes les bonnes choses ont une fin : la première saison de Legion s’achève cette semaine. Qu'est ce qu'on peut retenir de ce final explosif ?

 

Photo Dan Stevens, Rachel Keller

 

POUVOIRS ET CONSEQUENCES 

En faisant revenir un personnage mémorable du premier épisode, la boucle est bouclée. C'est aussi l'occasion pour les scénaristes de remettre au premier plan un élément important du genre : utiliser ses pouvoirs a des conséquences.

Le personnage de Clark (incarné avec beaucoup de justesse par Hamish Linklater), dont on peut voir les terribles blessures suite à l’évasion de David, incarne parfaitement cet enjeux omniprésent dans les histoires des super-héros. Ce n’est pas sans rappeler la thématique de Captain America : Civil War, où l’échec dramatique d’une mission des Avengers entraîne l’adoption d’une loi pour contrôler leurs agissements.

Dans Legion, le traitement est différent, plus sombre encore. Clark savait déjà que David était très dangereux, mais il en porte maintenant la preuve dans sa chair et son esprit. L'occasion de voir que les super pouvoirs, ça peut être très cool mais aussi très dangereux. La longue partie consacrée à son rétablissement, aux côtés de son mari et leur enfant, témoigne d'une vraie empathie pour ce personnage d'antagoniste, qui prend alors une dimension humaine aussi belle qu'inattendue.

 

Photo Hamish Linklater

S'il n'arrête pas de se gratter ça ne cicatrisera jamais...

 

DES INFLUENCES MULTIPLES

Le bandeau qui permet à David de contenir le Roi d’ombre n’est pas inconnu des lecteurs des X-Men. Dans la saga du Phénix noir, où Jean Grey était devenue une menace de grande ampleur, un dispositif du même genre avait été conçu par le Fauve pour neutraliser ses pouvoirs en l'empêchant de se concentrer.

Comics Dark Phoenix

Comme dans la série, le bandeau n'a pas suffi

 

Dans la série, la finalité est un peu différente car David conserve ses pouvoirs, mais on retrouve le même design pour cet appareil que sur papier.

 

Photo Dan Stevens

David et le bandeau qui garde le Roi d'ombre sous contrôle

 

Les agissements du Roi d’ombre dans cet épisode font également écho à un autre adversaire des X-Men : le redoutable Proteus. Il s’agit du fils de Moira McTaggert, le grand amour du Professeur Xavier (incarnée par Rose Byrne dans X-Men Le commencement et X-Men Apocalypse).

Ce mutant très puissant, doté du pouvoir de déformer la réalité à sa guise, souffre d’un handicap très gênant : son énergie consume son corps et il est voué à mourir une fois que son enveloppe charnelle est en bout de course. Heureusement pour lui (et malheureusement pour les autres), il peut changer de corps et ainsi, il remplace l’esprit de la personne dont il vole l’enveloppe. Ne supportant pas le contact du métal (une autre de ses faiblesses), Proteus sera détruit par Colossus qui a justement le pouvoir de se transformer en métal.

 

Comics Proteus

Proteus change de corps

 

Même s’il est clair que le Roi d’ombre de la série Legion est majoritairement inspiré de sa version comics, nous avons déjà pu retrouver des traits d’un autre personnage : Cassandra Nova, la soeur jumelle du Professeur Xavier. Le fait de le voir sauter de corps en corps lors de son évasion fait fortement penser à Proteus, qui a fait sensiblement la même chose lors de son évasion de l’Ile de Muir (le laboratoire de Moira McTaggert).

Et c’est ce qui fait l’attrait de la série Legion : on ne se contente pas de servir en pâture des adaptations en copier/coller des personnages bien connus des lecteurs. Les influences sont multiples, pour nous proposer un personnage composite et finalement encore plus redoutable.

 

Photo Rachel Keller

 

UNE FIN DE SAISON TRES REUSSIE

L'épisode 7 avait placé la barre très haut en termes de qualité et de mise en scène, et il était évident qu’il serait difficile de passer derrière. L’épisode 8 est donc sans surprises un peu moins percutant, sans pour autant être une vraie déception : une fois encore, la réalisation solide et l’interprétation impeccable des comédiens nous permettent de savourer un épisode passionnant. Malgré une tendance à se reposer sur la formule de la réalité multiples et des dimensions parallèles, la série offre un beau climax.

David et le Roi d’ombre sont tout aussi effrayants l’un que l’autre, avec leurs pouvoirs fantastiques que rien ne semble pouvoir arrêter. Et la scène post-générique, qui fait écho à une phrase qui semblait assez cryptique au cours de l’épisode, donne le ton pour la saison 2 qui ne semble pas vouée à répéter mécaniquement l’intrigue de cette saison 1.

 

Photo Jeremie Harris

 

Une fois encore, il convient de rendre hommage au talent des comédiens. Leur jeu impeccable a su donner vie à des personnages attachants et complexes, et l'émotion est au rendez-vous : difficile de rester de marbre en voyant Syd (Rachel Keller) tenter l'impossible pour sauver David, ou encore face à la douleur de Melanie Bird (Jean Smart) quand elle s'aperçoit que son grand amour Oliver (Jemaine Clement) ne se souvient pas d'elle. Sans oublier la toujours terrifiante Lenny, incarnée avec brio par Aubrey Plaza. C'est cette alchimie entre la réalisation audacieuse, l'histoire bien ficelée et le casting sans faute qui fait de Legion une série particulièrement réussie. 

La première saison de Legion se ainsi termine en beauté, avec un épisode solide et riche en promesses pour la saison 2.

 

 En partenariat avec Watchtower Comics 

Photo Jean Smart

 

 

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