Vinyl Saison 1 épisode 1 : Le tour de force de Martin Scorsese et Mick Jagger ce soir sur OCS City

Simon Riaux | 15 février 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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La chaîne OCS, qui propose au public français la diffusion dans des conditions optimum des séries HBO, présentait il y a peu le pilote du show le plus attendu de 2016 : Vinyl. Un enjeu énorme pour une production terriblement ambitieuse, que nous avons pu découvrir en avant-première.

 

Le Retour des Rois

Avec la concurrence accrue de networks tels que AMC ou Starz et la politique ultra-agressive en matière de créations originales menée par Netflix, HBO doit défendre chèrement sa couronne de roi de l’entertainment de luxe. Sa domination sur le petit monde des séries prestigieuses est menacée, et le géant du câble compte calmer tout le monde avec Vinyl, série consacrée au microcosme du rock New Yorkais dans les années 70.

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A la tête du projet, HBO dégaine trois jokers : le scénariste Terence Winter, le producteur/rockeur/dieu vivant Mick Jagger et le réalisateur Martin Scorsese. Soit un alliage totalement hallucinant, si prometteur qu’il devient impossible de ne pas baver devant les fastueuses bandes-annonces de la série. On se dit qu’inévitablement, Vinyl va consacrer une nouvelle fois HBO au sommet du divertissement pour adulte. Ou pas.

 

Pilote de ligne

HBO a posé ses cojones sur l atable et veut le faire savoir dès l'ouverture de Vinyl. Décors massifs, reconsitution obsessionnelle du New York de 1973... Il n'est pas une étoffe, un accessoire, ou un son qui ne respire pas pleinement l'âge d'or fantasmatique des années 70 sur le point d'exploser. Et le réalisateur de donner le meilleur de lui-même dès une séquence d'introduction presque abstraite, à combustion lente, où un Bobby Cannavale dont la rage sourde de chaque pore se perd dans les bas-fonds de New York, en quête de cocaïne. Un epremière séquence qui vire progressivement vers le domaine de l'hallucination, et nous rappelle que le metteur en scène de A Tombeau Ouvert n'a pas son pareil pour filmer les bouffées de violence, ou basculer du réel à sa représentation hallucinée.

Un instant de grâce malheureusement de courte durée. Le premier problème du pilote que nous avons découvert, c’est justement qu’il ne s’agit pas d’un pilote. Martin Scorsese ne s’en est jamais caché, Vinyl aurait dû être un long-métrage, plutôt qu’une série. Et à bien des égards, le metteur en scène se contente, avec cet épisode inaugural de presque deux heures ( !) de réaliser le film qu’il souhaitait, sans aucun égard pour le format télévisuel.

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La vie baroque, stupéfiante et musicale du producteur Richie Finestra n’est ainsi jamais composée comme un chapitre introductif qui devrait nous encourager à découvrir de futurs épisodes. L’ensemble manque cruellement d’enjeux (Richie doit vendre sa société pour… rester riche), ne pose presque aucun arc narratif solide (une sous-intrigue policière réchauffée, l’ascension possible d’un groupe de rockeurs) et manque totalement de vision.

On est sidéré que l’addition des talents de Scorsese, Winter et Jagger aboutisse à un pudding aussi luxueux, mais aussi indigeste. Fallait-il une telle débauche de dollars et de grandes signatures pour nous expliquer que dans les seventies, on prenait très beaucoup de drogue, en écoutant très beaucoup de rock’nrolk et en faisant très beaucoup de sexe ? Probablement pas.

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Paradoxalement, c’est sans doute Martin Scorsese le vrai talon d’Achille de ce pilote. Le maître s’amuse comme un fou à reproduire une collection de ses scènes emblématiques, et cite au plan près Les Affranchis, Casino, Mean Streets et bien sûr Shine a Light. Le résultat est élégant, voire classieux, mais tellement sous influence que l’on reste très extérieur au récit qui nous est conté. Difficile de se passionner pour une énième montée en pression cocaïnée, ou de trouver férocement originale l'introduction de la mafia dans la narration...

 

Vivement la suite ?

Bien sûr, Marty en a toujours sous le capot, et même au détour d’une scène déjà vue 100 fois, parvient à encore à nous offrir un plan plastiquement éblouissant. On pense notamment à sa conclusion, qui retrouve subitement la furie et la poésie grotesque que le projet appelait.

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Vinyl commence donc de bien étrange manière, et paraît témoigner de la panique actuelle qui règne à HBO, engoncée dans des projets pharaoniques (Game of Thrones, Westworld…), coincés entre cinéma et format sériel, mais ayant bien du mal à tirer la quintessence de l’un ou de l’autre. En témoigne ce pilote impressionnant et incroyablement ambitieux, quoique lourd et finalement indigeste.

Pour autant, on est loin de perdre espoir en Vinyl. Fort d’une direction artistique absolument démente, de moyens qui s’annoncent colossaux et d’un casting parfait, le show ne demande qu’à éclore de ce fatras rutilant. Porté par un Bobby Cannavale colossal, le récit a en lui tout ce qu’il faut pour se transformer en pure boule de feu électrique, et retrouver une âme rock’n roll. Paradoxalement, c’est peut-être la présence d’autres réalisateurs, moins attendus, connus maîtres de leur style que Scorsese, qui permettra à la série de prendre son envol.

OCS est une chaîne disponible dans les offres CANAL, elle diffusera les épisodes de Vinyl 24h après leur diffusion américaine.

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Louig
15/02/2016 à 23:37

Perso j'ai enregistré black sails hier pour le regarder demain avant TWD ^^

Bon j'ai pas trouvé ça exceptionnel il faut le reconnaître, Je sais même pas quoi critiquer ... ça se regarde agréablement mais bon pour le moment ça casse quand même pas trois pattes à un canard. La scène du Joe "Pesci" Corso était bien sympa quand même.
Du coup en ayant vu "séries in the city" avant j'ai plus envie de voir ANIMALS que la suite


ps: ah si dans la partouze j'aurais bien aimé voir un peu plus celle avec les gros seins au fond à droite.

dreamon86
15/02/2016 à 18:36

Même si je suis pas abonné quitte à choisir je préfère le programme sur OCS choc, l'épisode 9 de TWD. En attendant votre retour sur cet épisode...

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