Scream Saison 1 Episode 2 : Sanglante paranoïa

Christophe Foltzer | 10 juillet 2015
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Le premier épisode de Scream n'avait que moyennement convaincu, alourdi par une exposition bien trop conséquente, un manque de rythme certain et un postulat que l'on pensait bancal car trop emprunté à droite et à gauche. Mais ce deuxième épisode rétablit quelque peu la balance et laisse entrevoir ce que la série pourrait être en cas de succès. Attention SPOILERS.

Et cet épisode démarre sur les chapeaux de roue puisque nous assistons à la mort d'un personnage, la petite amie d'Audrey, celle-là même qu'elle embrassait à pleine bouche dans la vidéo qui a tourné dans toute la ville. Evidemment, les personnages étant déjà posés, il ne fallait pas s'attendre à ce que l'un du cast principal y passe dès le second épisode. Encore que cette prise de risque aurait pu être extremement bénéfique à cette série qui cherche tellement à se démarquer de tout ce que fait la concurrence.

A Lakewood cependant, la psychose s'installe chez les étudiants, surtout après que tous les élèves aient reçu au même moment un gif animé du tueur devant le cadavre de Nina, la première victime. Le vernis des apparences commence à craquer et il est clair que chacun a ses petits secrets à préserver et pense avant tout à lui. Car dans Scream, rien n'est désintéressé, chaque adolescent est une addition d'hormones et de narcissisme, conditionné par la société dans laquelle il évolue et soumis à l'influence des réseaux sociaux. Et ce que le premier épisode ne faisait qu'esquisser, l'aventure de cette semaine y met les pieds : Scream se profile avant tout comme une grosse critique de l'hypercommunication, de la disparition de la sphère intime et du règne de l'image que l'on renvoie au détriment de la réelle identité. Une thématique importante et passionnante, traitée malheureusement encore un peu légèrement, il ne faut pas oublier que nous sommes en présence d'une série teen de MTV et qui entretiendra forcément un rapport extrêmement ambigü avec ce qu'elle critique.

Les personnages gagnent ainsi en nuances et en profondeur et il semble évident que dans très peu de temps ils briseront les murs des clichés entre lesquels ils nous ont été présentés pour s'avérer énormément plus pervers que ce que nous pensions.

Il ne se passe pas, à proprement parler, énormément de choses dans cet épisode mais il est très loin d'être ennuyeux puisque nous sommes en présence d'une belle étude et d'approfondissement de personnages qui laisse augurer d'un carnage assez cruel s'il se confirme, suivant à la lettre ce qui concluait le précédent épisode : ce n'est pas l'identité ni la motivation du tueur qui importe, mais le fait que des personnages auxquels on se soit attachés meurent qui rendra la série efficace. Et, de ce strict point de vue, c'est très bien parti.

Il manquait cependant une pièce essentielle pour que l'on soit totalement dans une série estampillée Scream : ainsi nous est donc présenté le pendant de Gale Weathers, la journaliste qui met son nez partout. Dans la série, il s'agit de Pine Walsh, créatrice d'un podcast populaire sur les affaires de meurtres et qui vient à Lakewood pour enquêter sur la tuerie perpétrée 20 ans plus tôt par Brandon James, qui est au coeur de tous les débats de ce second épisode et qui semble bel et bien être le noeud de l'affaire, à moins qu'il ne s'agisse d'une énorme fausse piste pour mieux nous surprendre. Un personnage encore très discret mais qui gagnera, à coup sûr, en importance dès le prochain  épisode.

Mais comment ne pas parler, pour finir, du grand retour de l'esprit Scream, ce qui en fait le charme et l"intérêt via une dernière scène au suspense plus qu'efficace où Emma, effrayée par l'intrusion de quelqu'un chez elle, parle avec le représentant de la société de sécurité de son alarme au téléphone pour se rassurer et qui s'avère être le tueur jouant au chat et à la souris avec l'adolescente en lui promettant le pire. En quelques minutes hyper maitrisées, la série crée un suspense comme nous n'en avions plus vu depuis la période bénie des slashers 90's et laisse enfin exploser tout son potentiel. Et ça fait du bien, on retrouve enfin cette ambiance, cette pâtine qui manquait cruellement au premier épisode et que l'on voyait mal déclinable dans un format épisodique.

Après des débuts difficiles, Scream s'embarque sur une voie très prometteuse. En creusant ses personnages et en renouvelant l'efficacité de la dernière scène de cet épisode, elle pourrait devenir une série passionnante. Et c'est tout ce que l'on espère.

 

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